L’homosexualité dans la communauté juive

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Questions réponses d’internautes

Questions dans les communautés juives religieuses et traditionalistes francophones. Réponses d’une thérapeute de couple

Homosexuelle et croyante

Je suis en conflit avec mes amis croyants parce que je suis homosexuelle et que je crois en Dieu; ils veulent me changer, que dois-je faire? Julie

Bonjour Julie. Le monde religieux recherche parfois à « sauver les âmes en détresse », prenant alors le risque et de blesser et, pire encore, de se tromper. Le judaïsme n’interdit pas l’homosexualité des femmes, bien qu’il recommande de trouver l’amour chez une personne du sexe opposé… plus facile à dire qu’à faire, surtout quand cette tendance existe depuis le plus jeune âge.

Certains homosexuels partent à la recherche d’un thérapeute pour comprendre leur choix sexuel, d’autres de ne le font pas.

En ce qui concerne vos amis, vous pourriez leur faire la liste de tous les interdits qu’ils font eux- mêmes et leur demander s’ils oseraient définir une échelle de valeur entre une avéra et une autre… Faites-leur également jouer au jeu de la vérité où chacun devrait avouer aux autres ses entorses au judaïsme: vous allez en trouver pas mal, à commencer par « ne juge pas ton prochain tant que tu ne t’es pas retrouvé à sa place » (c’est à dire jamais).

En ce qui vous concerne vous, et la question que vous posez « dois-je me changer », il est bien sur hors de question de s’approprier votre travail de recherche et de vous dire ce que vous devez faire. Par contre, si vous êtes mal dans votre peau, à cause du regard que les autres portent sur vous, et parce que votre sexualité ne vous convient pas, alors je vous recommande de lire des textes qui parlent d’homosexualité. D’abord pour connaître la source et la lire, et prendre connaissance des raisons pour lesquelles elle est fustigée. Ensuite parce que vous saurez exactement où vous situer. Une fois votre recherche effectuée, vous pourrez décider ou non d’entamer un travail thérapeutique avec un professionnel bienveillant qui saura vous accompagner dans votre orientation sexuelle.

En vous souhaitant bonne route dans votre démarche et réussite
Malka

Juif et Homosexuel

Bonjour, je vous remercie d’avoir créé cette rubrique afin que nous puissions trouver des solutions à nos problèmes. J’ai 21 ans et je n’assume pas mon homosexualité; j’en ai assez de mentir aux gens qui me sont chers, j’en ai assez de me cacher et de vivre dans la peur et la solitude. Je sais que ce n’ai pas par choix que je suis homo, mais tout est contre moi et contre ce que je suis: la religion, les croyances, les gens… Je ne demande qu’à aimer et être aimé c’est tout! Je ne sais plus quoi faire la seule solution qui me parait c’est de mettre un terme à ma vie comme ça tout le monde sera tranquille. Yaacov

Bonjour Yaacov, et merci d’avoir pris le temps de témoigner…

L’homosexualité est bien dure à porter, effectivement, même à notre époque. Vous parlez de religion, et de tous les interdits qui entourent la relation entre deux hommes. Je ne citerai pas ce qu’en dit la Thora, je pense que vous avez du lire de nombreuses explications, et je ne suis pas rabbin.

Vous parlez de mettre fin à votre vie, et ce que j’entends aussi, c’est votre souffrance de devoir vivre caché, ne pas dire ce que vous faites, ne pas dire ce que vous pensez, devoir contrôler en permanence ce que les autres pourraient deviner, afin de continuer à avoir une vie sociable et communautaire. Vous avez le sentiment qu’être aimé c’est sous condition…

Je crois que D.ieu est capable de voir la différence entre un homme qui est homosexuel par provocation anti religieuse (y en a-t-il vraiment) et celui qui ne sait tout simplement pas comment être autrement. Ne restez pas figé sur la peur et l’angoisse de la punition, car visiblement ces émotions ne vous ont pas aidé à avancer dans la compréhension de vous-même, ni à changer votre vie.

Et peut-être bien que vous auriez envie de vérifier ce que signifie pour vous être homosexuel et si c’est vraiment l’orientation sexuelle qui vous convient. Car si les choix que l’on fait à 20 ans sont souvent décisifs, autant être sûr de soi. Pour y voir plus clair, il me semble qu’un travail thérapeutique serait une bonne idée, et ce pour 3 raisons:

  1. Il est nécessaire de prendre le temps d’une introspection personnelle qui vous permettra de vérifier ce qu’il y a en vous, d’ouvrir votre cœur et vos émotions à un professionnel, dans un cadre bienveillant et chaleureux, et qui bien sur, ne vous jugera pas.
  2. Reprendre confiance dans les relations humaines et reconstruire l’estime de soi… tout un programme!
  3. Comprendre comment la culpabilité peut vous empêcher de vous connaître et de savoir qui vous êtes.

N’hésitez pas à venir me parler sur la chat-room (anonyme et privée).
A bientôt Yaacov, mes pensées vous accompagnent 🙂

Maman, ‘harédite et homosexuelle : je trompe mon mari

Je n’écris pas vraiment pour poser une question sur l’homosexualité, mais pour exposer un problème… Mon problème. Je n’ose même pas aller voir un rav tellement mon problème est énorme: je suis mariée, j’habite une ville religieuse où les gens me considèrent comme orthodoxe. Le problème, et je ne sais pas comment j’en suis arrivé là, c’est que je trompe mon mari. Le second problème, c’est que je le trompe avec une femme. J’ai l’impression que mon monde s’écroule. J’ai l’impression que si je devais choisir entre l’un et l’autre, une partie de mon coeur serait arraché. Alors que faire? Aidez-moi je suis désespérée. Sim’ha

Je vous remercie Sim’ha pour votre confiance, cela n’a pas du être simple d’écrire tout cela, et en même temps, on sent que cela a été libérateur de le faire. Vous exprimez plusieurs choses dans votre message que je reprends:

  • Cette rencontre vous a fait découvrir des sentiments et des sensations que vous ne connaissiez pas et auxquelles vous ne voulez pas renoncer
  • Vous assimilez cette relation avec votre amie comme une tromperie
  • Vous appréciez votre mari
  • Vous ne pensez pas sortir du monde religieux
  • Il vous semble qu’il faudra faire un choix et ne savez pas quelle décision prendre

Que pense la Thora de l’homosexualité féminine?

L’homosexualité des femmes n’est pas interdite, contrairement à celle des hommes; les maîtres du judaïsme pensent que c’est tout au plus « pas très sérieux tout cela ». Cela veut-il dire que l’homosexualité chez la femme n’a pas un impact sur sa vie? Que cela ne mérite pas que l’on discoure la-dessus, et que donc il n’y a pas lieu de l’interdire (au même titre qu’une mitsva lo tassé)?

De l’homosexualité masculine?

Elle est interdite et le ‘houmache Lévitique 18, 22 l’exprime en ces termes terribles: « Tu ne coucheras pas avec un homme comme avec une femme. C’est une abomination« , & Lévitique 20, 13: « Ils devront mourir et leur sang retombera sur eux« .

Maïmonide voit dans l’homosexualité féminine le danger que la femme lesbienne puisse se refuser à son mari. Et vous le dites dans votre lettre, ce n’est pas le cas pour vous, vous êtes active avec les deux.

Où en êtes-vous dans votre vie

Vous dites que tout est parfait à tous les niveaux dans votre vie et dans votre couple; vous précisez dans votre message que vous étiez très heureuse avant cette rencontre, que maintenant vous êtes très très très heureuse et que votre couple vous donne entièrement satisfaction.

En 20 ans c’est la 1ère fois que j’entends d’une personne que tout va très très bien dans sa vie à tous les niveaux. Soit c’est un scoop, soit vous avez du mal à évaluer votre niveau de bonheur et n’êtes pas consciente de ce qui pourrait être amélioré dans votre vie.

Il est clair que si cela fait 2 ans que vous êtes dans cette relation avec votre amie, c’est qu’il s’agit plus que d’un brin d’exotisme et d’érotisme, mais que quelque chose de fort se passe en vous. La question est de savoir quoi, et de vérifier s’il n’est pas possible de l’obtenir (aussi?) avec votre mari.

Vous dites aussi que, à y regarder de plus près, cette situation d’interdit où vous vous cachez, a quelque chose d’exaltant, que cela apporte du piment dans votre vie. Vous précisez que vous aimez la vie religieuse que vous avez choisie. Peut être que oui, et peut être que non, et peut être en partie. Au regard du cadre très stricte qu’impose la hala’ha, il est permis d’imaginer que vous vous sentez un peu étriquée dans les choix que vous avez fait. Comment parvenez-vous à trouver le temps, l’énergie et l’organisation de donner à l’un et à l’autre… Il faudrait vois cela de plus près. Non pour faire un choix  entre l’un et l’autre mais pour comprendre ce qu’il vous arrive et comment vous fonctionnez.

Est-ce que cela s’appelle être adultère

Est-ce que je trahis mon mari?

Vous n’êtes pas adultère, celui ci s’applique à 2 personnes en couple de sexe opposé. Par contre, pour ce qui est de la trahison, c’est une question morale et qui intéresse deux personnes ayant passé un pacte au début de leur relation: quel est le votre? Que vous êtes-vous promis vous et votre mari? Avez-vous parlé d’exclusivité dans votre relation, avez-vous exigé de l’autre qu’il soit fidèle?

La trahison commence-t-elle quand il y a pénétration, quand on regarde d’autres hommes et d’autres femmes dans la rue avec désir, quand on fantasme, quand on a recourt à la masturbation, quand on chat sur Facebook ou sur WhatsApp avec d’autres hommes à coups de « like » et de « lol »?

Votre mari se sentirait-il trahi?

Vous me disiez qu’il ne serait sans doute pas offusqué de cette relation et qu’il continuerait à vous aimer. C’est une extrapolation, pas une certitude, et dans tous les cas vous faites l’impasse d’en parler avec lui. Vous avez peur qu’il vous quitte, mais c’est son choix, et c’est le votre de préférer votre amie à votre mari.

Il s’agit ici de donner les cartes en mains à une personne, votre mari, qui a le droit de choisir de qu’il va ou non vivre dans son couple. En dissimulant votre orientation sexuelle, vous dissimulez qui vous êtes vraiment, et l’on peut se demander sur quelles bases se construit votre relation.

Que va devenir ma vie?

Vous dites que vous ne vous cachez pas vraiment. J’observe que vous ne vous dites à aucun moment « que peut devenir ma famille et mes enfants si cela venait à être découvert » avant que vous, vous leur en parliez. Il ne s’agit pas ici de vous faire ressentir de la culpabilité ou de la honte pour votre choix, mais de vous alerter sur le fait qu’ils pourraient l’apprendre par d’autres personnes que vous. Ce qui rendrait l’information d’une extrême brutalité, d’autant plus que vous vivez dans un monde ou l’homosexualité n’est pas envisageable.

Alors que devez-vous choisir?

Il est bien sur hors de question de vous dire quel choix vous devez faire. Prenez des informations de qui vous voulez, demandez à lire et étudier les sources du judaïsme qui traitent de la question, toutes les sources; puis choisissez avec courage et authenticité. C’est une décision que vous devrez prendre seule, même si je peux vous aider à mener votre réflexion. Bonne route Julie

Loi juive et respect de l’autre

J’ai lu votre rubrique sur l’homosexualité et je suis un peu étonnée de la différence de ton entre votre article et celui de la rabanite Bronya Shaffer (fr.chabad.org) qui écrit: « Une personne ressent ce qu’elle ressent. Ensuite elle a le pouvoir de décider si elle va agir selon ces sentiments ou pas« . Ma question est la suivante: « rester correct avec les homosexuels et les tolérer, est-ce une approche acceptable et suffisante, ou faut-il suivre la rabanit et considérer les homosexuels comme des personnes qui choisissent de le rester »? Qu’en pensez vous?

Les thérapies de conversion en France

On parle de plus en plus des thérapies qui poussent à modifier l’orientation sexuelle d’un homme , ce qu’on appelle la thérapie de conversion que recommandent certains rabbins. Pour ma part,  je recherche surtout le nom d’une thérapie qui permettrait de luter contre l’homophobie… Visiblement, elle reste à découvrir.

Des croyances monstrueuses

Revenons sur le cas Shaffer. Cette dame commence d’emblée sur la base d’une croyance et d’un manque patent d’information. Il est clair qu’elle n’a pas étudié la question. Non seulement ces affirmations sont fausses, mais ce sont ces phrases-là qui entretiennent la discrimination et l’homophobie dans nos communauté.

On avait la différente entre sépharades et ashkénazim, l’odieux racisme contre les éthiopiens et la remise en question de leur judéité, on a maintenant le rejet de la différence sexuelle. L’enfer c’est l’autre disait Descartes (mais il a le mérite de ne pas être une référence dans ces milieux).

Parmi les nombreuses raisons qui poussent à prendre une orientation homosexuelle, on distingue:

  • les personnes qui ont été éveillées à la sexualité par une personne du même sexe dans leur enfance ou dans leur adolescence, amourette, attouchements, viols, etc., ce qui a pu figer leur orientation, selon le principe que l’on a tendance à rechercher ce que l’on a découvert en premier (que ce soit agréable d’ailleurs ou non).
  • celles qui ont toujours été hétérosexuelles et qui, en milieu de vie, après avoir fondé une famille, se découvrent homosexuelles ou qui ne peuvent plus se le cacher.
  • les personnes dont les parents ont montré un modèle défaillant (humiliation, machisme, violences…)
  • les personnes qui ont toujours su qu’elles étaient homosexuelles et qui n’ont aucun doute à ce sujet. Celles dont l’idée d’un contact physique et sexuel avec le sexe opposé repousse voire dégoutte. Parmi elles, certaines découvriront en milieu de vie qu’elles sont en vérité hétérosexuelles. Cela peut se vérifier en thérapie. La démarche est nécessaire pour se connaître et éventuellement changer d’orientation sexuelle.

Alors non, être homosexuel ne se résume pas à « je veux ou je veux pas »! La plupart du temps, changer d’orientation sexuelle est tout à fait impossible, et même suicidaire. Il n’y a 4 fois plus de suicides chez les homosexuels que chez les hétérosexuels. Les raisons proviennent essentiellement d’un environnement hostile. Je ne développerai pas plus.

Homosexualité et moralité

Voyons la suite de ce qu’elle écrit: « Une des étapes de notre passage de l’enfance à l’âge adulte est d’acquérir une boussole morale, certes composée d’éléments multiples, mais qui doit toutefois être solidement ancrée, toujours, dans un système d’absolus. Une loi absolue. Des valeurs absolues…

Absolument…

Enfin, et je me demande ce qui est le pire: dire qu’il n’y a qu’une seule approche de la Loi, ou affirmer que la boussole morale ne doit indiquer qu’une seule direction! (en dehors de cette utilisation bien curieuse du mot boussole qui elle, en 4).

Je ne parle pas non plus des raccourcis/syllogismes lénifiants suivant:

  1. il n’y a de moralité que chez les hétéros
  2. les homosexuels ne sont pas hétéros
  3. les homosexuels n’ont pas de moralité

Il suffit de le vouloir?

Mme Shaffer avance qu’en contrôlant constamment nos émotions, avec persévérance, celles-ci finissent par changer. C’est ce que disent nos Sages en effet, des midot et des émotions : l’homosexualité est un état, pas une lubie, encore moins une qualité personnelle. Choisir d’être attiré par un homme ou une femme est bien plus qu’une réaction chimique. Le choix n’est pas binaire. L’adéquation est bien plus complexe et ne se traite pas comme une grippe. Et il n’y a pas de patch contre l’orientation sexuelle. Pas de sevrage… et pas de bra’ha 🙁

De nombreux homosexuels le sont de façon tout aussi fondamentale et irréversible qu’une cellule différenciées ne peut revenir au stade embryonnaire. Une cellule du foi est une cellule du foi, aucune thérapie ou prière ne la transformeront en cellule de la peau ou en cellule nerveuse. Pour changer d’état, il ne suffit pas de faire des efforts toute sa vie, comme elle l’affirme dans son article.

S’exclamer qu’il suffit de vouloir devenir hétérosexuel pour le devenir, c’est se préparer à ce que nos enfants lâchent toute pratique religieuse, parce que cela repose sur un mensonge et une profonde ignorance. Et que cela discrédite ensuite d’autres affirmations de la Thora.

Non seulement les homosexuels se retrouvent damnés par le passouk qui les qualifient d’abominables, mais en plus, ces propos (s’ils voulaient, ils pourraient revenir à la normale) sont dramatiquement culpabilisants. Ces affirmations ne prouvent rien et ont un fort potentiel de destruction.

L’homosexualité féminine

Ce paragraphe à été écrit à partir de conférences sur l’homosexualité féminine sur le site akadem.org

Le Talmud n’interdit pas les pratiques homosexuelles féminines

Le lesbianisme est le grand impensé de la hala’ha

Il n’y a aucune interdiction écrite dans le tana’h. On trouvera de nombreux commentaires mais qui ont été véhiculés comme lois ou pseudo lois, mais rien au sujet du statu des lesbiennes, rien absolument nulle part.
Pour Maïmonide, qui pourtant est très hostile à l’homosexualité féminine, les pratiques des deux femmes entre elles n’ont rien a voir avec l’acte sexuel entre hommes et femme (mal et femelle pour être précis)impliquant une « pénétration entre un homme et une femme », mot pour mot. Ni plus ni moins. Il en découle qu’il n’y a pas d’adultère quand une épouse a des relations physiques avec une autre femme. De même, il n’y a aucun statu de mamzérim pour les enfants venus dans le couple après une relation entre une épouse et une femme. Maïmonide fait la différence entre la loi stricte et ce qu’il souhaite voir dans sa communauté…

Des différences selon les communautés

Pour les ‘habad  l’homosexualité féminine équivaut à manger du pain à Pessa’h, précisant que sa gravité est bien moindre que celle de l’homosexualité masculine.

L’interdit d’homosexualité : angoisse du rabbinat?

C’est ce que pense avec humour et finesse d’analyse Delphine Orviller, démontrant que accepter l’homosexualité, ce serait déposséder l’homme de sa domination sur la femme, et reconnaître que cette dernière pourrait bien se passer des hommes.

Je suis gay, mon compagnon,  juif gay j’ai peur que la communauté juive brise notre couple et ses parents qui ne savent rien…encore !! Merci du fond du cœur. Cédric

Bonjour Marc, vous me posez une question à laquelle je vais répondre en tant que thérapeute et thérapeute de couple, étant entendu que je ne suis pas rabbin et que ma fonction n’est pas de moraliser ni de vous diriger (‘hazvé chalom) dans un chemin plutôt qu’un autre, mais de vous aider à réfléchir.

Votre relation pose deux problèmes au regard du judaïsme : vous êtes à la fois gay et à la fois non-juif, et les deux sont des interdits majeurs.

Pour ce qui est de la judéité, la Thora tient que l’on est juif soit par la mère, soit parce qu’on a décidé d’embrasser le judaïsme ce qui mène à la conversion. Vous n’êtes pour le moment ni l’un ni l’autre.

Concernant l’homosexualité, celle-ci étant réprouvée par le judaïsme et il est est ainsi dans les communautés religieuses et orthodoxes. Si la famille de votre ami est pratiquante, il est fort probable que l’homosexualité soit rejetée, et les homosexuels également ; ce sera souvent le cas même si sa famille n’est pas pratiquante, l’homophobie se retrouvant partout.

Dans les deux cas il y a peu de chances que la famille de votre ami accepte votre relation. Il est possible qu’il parlera un jour de vous et de son orientation sexuelle, comme il est possible qu’il la change et donc qu’il n’en parlera pas.

Vous dites que vous avez peur que sa famille vous rejette et que cela impacte votre relation. C’est sans doute ce que vous avez entendu ou ce que votre ami vous a dit. Cela vous fait peur et se comprend, bien sûr. Tout cela, il faut en parler avec lui et lui demander quand il sera prêt à vous présenter comme son compagnon.

En attendant, je vous encourage à décider en fonction de vos convictions et croyances et de trouver une façon de vivre votre relation qui vous convient à tous les deux.

Thérapie de conversion et lutte contre l’homosexualité

 »

« Il y aurait environ 20 à 30 psychologues et travailleurs sociaux agréés et 50 thérapeutes non agréés qui pratiquent une forme quelconque de thérapie de conversion en Israël« , avait déclaré en 2016 le rabbin Ron Yosef de l’organisation gay orthodoxe Hod (fr.timesofisrael.com).

Définition

La thérapie de conversion, encore appelée thérapie réparatrice par ses défenseurs, a pour but- controversé – de modifier l’orientation sexuelle d’une personne. Elle est encore acceptée et recherchée dans certains cercles religieux conservateurs et orthodoxes. Elle utilise des méthodes pseudo-scientifiques et un ensemble de traitements diverses potentiellement dangereux.

Il n’existe en fait aucune preuve fiable de modification de l’orientation sexuelle.

Pourquoi ces thérapies ?

Soit parce que la Thora considère l’homosexualité comme une très grande faute, soit parce que l’homosexualité est considérée comme une sexualité qui n’a pas abouti, et donc anormale, et qu’il faudrait relancer en quelque sorte afin de permettre à la personne d’acquérir enfin une sexualité adulte.

Parmi les exercices « thérapeutiques » proposés :

Jusqu’au milieu des années 1990, les techniques utilisées étaient semblables à celles des traitements des paraphilies (attirance ou pratique sexuelle considérées comme anormales). « Les modalités reposent essentiellement sur les techniques aversives. Il s’agit de coupler un stimulus à contenu homosexuel (par exemple des images d’hommes nus) à un stimulus qui provoque des sensations déplaisantes (douleur, nausée, etc.) .

  • regarder et se masturber devant des films porno hétérosexuels
  • se répéter que l’homosexualité est un choix
  • choc électrique faible intensité sur le mollet
  • stimuli olfactifs comme l’ammoniaque

Est-ce que ça marche?

Les auteurs des thérapies de conversion reconnaissent qu’elles peuvent réduire l’excitation déclenchée par des stimuli à contenu homosexuel mais pas une augmentation de la réponse à des stimuli hétérosexuels. Au début de ces thérapies, on estimait que jusqu’à 50 % des hommes n’étaient plus homosexuels. Plus tard ces découvertes se révélèrent fausses : la plupart des hommes traités étaient devenus… bisexuels.

Ce qu’en disent les gouvernements

Le ministère de la Santé israélien

Il atteste qu’aucune législation ne limite la pratique et :

  • déconseille ce traitement
  • confirma qu’il est scientifiquement peu crédible
  • remarque qu’il est potentiellement dangereux

Les partis ultra-orthodoxes ont rejeté ces législations de manière répétée à la Knesset.

Dans le monde

Le premier à l’interdire est celui de l’île de Malte puis ce fut le Brésil, la Chine et certaines provinces canadiennes et états américains. Elle n’est pas condamnées en France. L’Organisation des Nations Unies s’est prononcée contre en 2015.

Les plus fervents partisans sont principalement des groupes de fondamentalistes chrétiens et d’extrême droite

Comment en vient-on à se soumettre à cela ?

Interrogés sur les raisons qui n’ont pu conduire à la révolte, les jeunes témoignent :

  • j’ai cru que c’était ce qui fallait que je fasse
  • je pensai que mes pratiques d’automutilation seraient un exutoire pour mes pêchés
  • j’étais certain que cela finirait par passer

Impacts psychologiques des thérapies de conversion

  • dépressions et pensées suicidaires.

Organisations

ecoute-juive.com

Ce site se propose de récolter les informations des francophones au sujet de ces pratiques. Cette rubrique est un espace de liberté et de parole où vous pouvez témoigner de façon anonyme si vous le préférez. Soyez clair et concis et ne craignez pas de « dénoncer ». Lorsque des personnes peuvent être en danger, c’est une mitsva de le faire et les lois du lashon harah ne s’appliquent pas à cette situation.

Atzat Nefesh

Fondée par le rabbin Shlomo Aviner, Atzat Nefesh (en hébreu : עצת נפש, conseil de l’âme) est une organisation juive orthodoxe en Israël destinée à gérer la pratique de la masturbation, l’homosexualité, la pornographie, la prostitution et les agressions sexuelles.

Elle organise des ateliers encourageant leurs clients à explorer leur masculinité puis les recommande vers des « thérapeute » qui n’avaient pas de formation ou n’étaient pas des professionnels de la santé. En 2014, la ministre de la santé israélienne Yael German, suivant les conclusions du Council of Psychologists and the Israel Psychological Association, interdisait ces thérapies. Shlomo Aviner a déclaré que l’organisme poursuivrait malgré tout ses activités.

The Israel Medical Association

Elle représente 90 % des médecins en Israël et a pris position depuis janvier 2019 contre tout médecin qui appliquerait ce traitement, menaçant de leur retirer leur carte de membre. Elle rappelle que la thérapie de conversion a prouvé qu’elle était inefficace et pouvait créer de gros dommages comme l’anxiété, la dépression ou des tendances suicidaires.

… which represents 90 percent of the nation’s doctors, said that members who administer the treatment could be kicked out. “The treatments to change one’s sexual orientation have been found to be ineffective and could cause mental damage, such as anxiety, depression and suicidal tendencies,” the IMA said in a position paper on the practice.

Antenne d’écoute anonyme pour parler de l’homosexualité

Nombreux sont ceux qui vivent leur homosexualité avec grande difficulté: ni compris, ni accepté, non reconnus dans la société française et pas plus dans la communauté juive, ils sont rejetés dans la communauté traditionaliste et religieuse et complètement exclus dans la communauté orthodoxe.

Et pourtant, la plupart des homosexuels hommes et femmes n’ont pas besoin de cela: non seulement ils sont des parias quand ils font leur coming out, si ils le font, mais surtout, il y a peu de structures juives qui puissent les écouter.

Cette chat room n’a pas pour but de développer les sources dans la Thorah qui décrivent l’obligation d’hétérosexualité pour les hommes. Chacun cherchera là où bon lui semble avec le Rav qui lui conviendra le mieux. Ici, c’est juste un espace où épancher vos émotions afin de clarifier et accueillir ce que vous vivez.

Cet espace de parole vous permet de parler de l’homosexualité féminine et masculine sans crainte, avec un professionnel de la relation de couple et de la famille, avec bienveillance et sans jugement. Et puisque les mots ont le pouvoir de guérir les maux, voici un endroit pour démêler ce qu’il vous arrive et apaiser. Pour accéder à la chat room privée du site, veuillez envoyer le formulaire ci dessous :

Des vidéos pour comprendre

Pour en savoir plus

  • Être juif orthodoxe et gay en Israël: quand j’ai annoncé à mes parents que j’étais gay, ma mère a insisté pour que je suive une thérapie et prenne des antidépresseurs. Mon père a pleuré. La pression était devenue telle que j’ai dû quitter la maison.
  • La Loi juive est-elle discriminante? Femmes, gays et lesbiennes – La position des rabbins Massorti français
  • Judaïsme et homosexualité masculine dans la société israélienne: position des différents courants orthodoxe et ‘harédi, dati léoumi, massorti et libéraux
  • Rester correct avec les homosexuels et les tolérer, est ce une approche acceptable et suffisante? Lire la critique de la rubrique de Mme Bronya Shaffer dans fr.chabad.org
  • Juif religieux et homosexuel: en affichant ouvertement son homosexualité tout en restant rabbin de sa communauté, le rabbin Ron Yossef, a brisé un tabou dans le monde religieux.
  • Homophobie: le crime de Tel-Aviv : « Si les orthodoxes ne sont pas directement impliqués dans ce meurtre, ils devront maintenant comprendre l’obligation de changer de discours. Chez eux aussi, les menaces physiques et de l’usage de la violence comme arme politique finissent toujours par susciter des vocations d’assassin. »
Un article de Malka Barneron. (Madéhat Néssoua - Thérapeute de couple - Accompagnement pour les conflits dans la famille - Coaching pour la Alyah - Choisir sa place dans le judaïsme, thérapie existentielle, etc.)

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