Crise spirituelles et existentielles

Questions dans les communautés juives religieuses et traditionalistes francophones. Réponses d’une coach et thérapeute de couple

 

Dieu a-t-il cessé de m’aimer?

Bonjour, Je suis depuis mois très déprimée. J’ai consulté plusieurs psychologues, j’allais mieux pendant un moment puis je suis retombée. J’ai l’impression que plus j’avance et plus ma emouna descend, avec des pensées négatives (qu’Hachem ne m’aime plus, que la religion ne m’aidera plus) ça me fait beaucoup de peine et j’aimerai m’en sortir. Pouvez-vous m’aider? Elinor

Bonjour, Je suis depuis mois très déprimée. J’ai consulté plusieurs psychologues, j’allais mieux pendant un moment puis je suis retombée. J’ai l’impression que plus j’avance et plus ma emouna descend, avec des pensées négatives (qu’Hachem ne m’aime plus, que la religion ne m’aidera plus) ça me fait beaucoup de peine et j’aimerai m’en sortir. Pouvez-vous m’aider? Elinor

Épreuves de la vie

Les questionnements qu’ont les être humains en général, et les juifs en particuliers ont toujours existé. C’est un fait, et c’est une preuve de santé mentale, psychologique et affective! Certains événements déclenchent des crises de émouna: une rupture, la maladie, un deuil, une guerre, une réponse rabbinique absurde ou dénué d’humanité, le comportement de certains chefs religieux et communautaires, le climat, les guerres, etc.

Il est clair que les épreuves de la vie malmènent et se jouent de notre émouna. Mais pas seulement la vie, car les grandes questions de l’existence naissent aussi le jour de notre naissance! Ces questions nous ont toujours habitées et nous avons grandi avec elles.

Laisser émerger le questionnement

Mais nous avons peu l’occasion de les laisser s’exprimer. Comme toutes les questions qui nous dérangent, nous avons plutôt tendance à les réprimer. C’est particulièrement le cas lorsque l’on est religieux et engagé dans le judaisme et affairé tout au long de la journée avec pratiquer les mitsvot car il y a peu de temps et d’occasions de remettre en question l’existence de Dieu, se demander de quelle façon Il intervient dans nos vies, si la Thora a vraiment été donné par D.ieu, si les rabbins n’ont pas, au cours de siècles, complétement dénaturé le texte fondamental, pourquoi la souffrance et le malheur, etc.

Dieu et la Shoah

Et la plus terrible de toute: pourquoi la Shoah. Cette dernière question, le Rabbi de Lubavicht disait qu’un jour viendrait et nous la poserons à Dieu, et qu’Il devra bien y répondre.

Comme le Rabbi le dit une fois : « Il est impossible que l’Holocauste fut une punition pour des péchés. Même l’Ange Accusateur lui-même ne pourrait jamais trouver suffisamment de péchés dans cette génération pour justifier l’extermination de six millions de saints martyrs avec une telle indicible cruauté». Comme vous le savez, personne n’a jamais donné de réponse à ce « Pourquoi » majeur.

Pourquoi la souffrance

Nous aussi, dans nos vies personnelles, nous nous posons la question « pourquoi »: pourquoi m’arrive- t-il ceci ou cela, pourquoi le sort s’acharne-t- il sur moi, pourquoi je ne trouve pas l’amour, pourquoi je souffre… Si vous avez lu quelques unes de mes rubriques, vous aurez constaté que je m’intéresse plus au « comment en sortir », ou « comment vivre mieux » qu’au « pourquoi ». Le pourquoi est fondamental, mais pas trop souvent. Pas seulement parce que cette question est incroyablement puissante, mais parce que nous ne pouvons qu’élaborer des réponses. Et nous n’aurons jamais la certitude que les réponses à nos pourquoi sont les bonnes.

Donnons-nous des temps pour ces « pourquoi ». Mais le reste du temps, dépensons notre énergie sur le « comment » et sur la tentative de réaliser des projets et de nous améliorer.

Les psys et les cures analytiques

Réussir sa vieVous dites que vous êtes allée voir des psychologues, mais que en fin de compte cela n’a pas aidé. Vous n’avez pas précisé sur quels sujets vous avez travaillé, ni à quel moment et sur quelles questions vous avez décidé d’interrompre vos séances (ce qui donne parfois une information intéressante de ce qui a bloqué à ce moment là). Peut-être que vous n’avez pas osé poser vos questions existentielles avec votre thérapeute, ou/et que vous n’avez pas travaillé sur la réalisation de projets, et que c’est pourquoi vous n’en avez pas tiré profit. Et peut-être que finalement si, vous avez avancé, mais que comme il vous reste encore des chantiers à travailler, vous avez le sentiment de n’avoir rien fait.

Peut-on un jour terminer le travail?

La vie est une série de chantiers, et ce que la civilisation occidentale nous fait croire depuis la génération Walt Disney, c’est qu’un jour, les difficultés finiront. En réalité, ce n’est pas le but de notre venue sur terre qu’elles finissent. LE but c’est d’apprendre à mieux gérer les crises, développer notre créativité pour rebondir, faire du bien autour de soi, et surtout, devenir qui nous sommes, et au moins laisser la planète dans l’état où nous l’avons trouvé… Y travaillez- vous?

Et si Dieu ne m’aimait plus?

Nous allons partir du principe que Dieu n’est pas assis sur le rebord du monde à observer ce que les hommes en ont fait, comme le chante Francis Cabrel, mais qu’il s’implique à chaque instant et que ce qu’il nous arrive Lui importe.

Est-ce que s’intéresser à quelqu’un c’est aussi aimer? Peut -être. Mais il semble probable qu’un créateur aime sa création. Il est vrai qu’un peintre ou un sculpteur peuvent aussi détruire ce qu’ils ont créé. Dieu aussi a détruit sa création, 26 fois nous dit le Zohar: il Lui « fallu » 26 essais avant de garder le dernier: le monde dans lequel nous vivons.

Apollinaire a écrit « j’ai longtemps cru qu’on ne m’aimait pas alors que c’était moi qui aimait mal ». Il est possible que nous aimions mal Dieu… Et que, en quelque sorte, nous attendions de Lui des choses qu’Ils n’a jamais promis de nous donner. Je suis thérapeute de couple, et c’est un des grandes étonnements des couples quand je leur démontre qu’ils aiment mal leur conjoints.

Il est possible que Ce n’est pas tant que Dieu ne vous aime plus, que vous, qui ne voyez pas correctement « comment » Il vous aime, ou que vous ayez une façon inadéquate de l’idée que vous vous faites de son amour.

Qu’attendons-nous de Dieu

Dieu n’est pas un papa, bien que les juifs Ashkenaze l’appellent du doux nom de Taté ou Tatikoulé (petit papa). Quand vous dites « Il ne m’aime plus », est ce que vous voulez dire qu’il a cessé de vous aimer? A quoi voyez-vous cela? Serait-ce au fait que votre vie ne vous convient pas, ou plus?

Dans ce cas, mon conseil est de prier. Mais pour des choses bien précises, en expliquant pourquoi, comment : défendez votre bifteck! Quand on parle à Dieu, on doit avoir des arguments!

Et puis ensuite, restez connectée à votre prière, et passez rapidement aux choses sérieuses: bossez à la réalisation de votre vie. Sans peur de Lui déplaire. Faites ce que vous avez à faire: personne d’autre ne le fera votre place. Ma recommandation sera Elinor: va, vis et deviens. Je vous conseille aussi 2 livres fabuleux de Boris Cyrulnik: Sauve-toi, la vie t’appelle et Un merveilleux malheur qui pourront grandement vous aider.

Je peux aussi vous aider bien sur en vous accompagnant dans votre recherche et voir, grâce à votre travail et vos efforts, ou cela va vous mener, car cela, nous ne le savons jamais à l’avance, mais n’est ce pas ce qui rend l’aventure palpitante?!

Je ne me retrouve plus

Rivka 01h du matin. Je suis retournée dans la communauté que nous fréquentions, mon mari et moi. Je n’y étais pas retournée depuis sa mort en 2007. Mais je me sens mal dans cette communauté, rien n’est comme avant, je n’ai pas retrouvé  ma place. J’ai envie de tout abandonner, la synagogue et la pratique. Je ne sais à qui parler de ces sentiments terribles. Qu’ai-je perdu ? En quoi me suis-je trompée ? Je ne reconnais plus la communauté de mon enfance… j’ai peur de ne plus rien ressentir, qu’est-ce qui m’arrive?

Je ne suis pas la seule à avoir des insomnies 🙂 Votre message m’a touché car il parle de beaucoup de choses, vraies, réelles et que vivent de nombreuses personnes sans oser en parler.

La crise spirituelle: une étape de vie

Il y a à la fois le deuil de votre mari, la vie que vous menez depuis 10 ans, et le constat que les gens changent;  que vous, vous changez, et que, les ingrédients ayant changés, la recette ne cuisine ne peut pas donner le même plat… Vous faites le constat de la vie, celui que nos convictions les plus indéracinables, celles que nous n’aurions jamais imaginées être autrement, peuvent elles aussi changer.

Alors, changer est-ce se tromper?

Une graine qui est passé de l’état de germe à celui de plante s’est-elle trompée? Non, je ne pense pas, elle est devenue une création différente… Tout comme nos enfants qui sont des personnes si différentes entre l’âge de 15 ans et l’âge de 30 ans et en même temps toujours les mêmes individus.

Vous parlez aussi de religion, et c’est l’état des lieux de vos émotions face à votre ancienne communauté qui vous bouleverse et vous fait vous demander si, peut-être, ce n’est pas tout simplement vos convictions religieuses qui ont changées: est-ce cela qui vous bouleverse? Et du coup, quand vous fréquentiez cette communauté avec votre mari, vous trompiez-vous? Quelles étaient vos attentes à l’époque, quelles sont-elles maintenant?

L’observateur et l’objet observé

Je ne suis pas certaine encore une fois que vous vous soyez trompée, vous avez vécu une période de vie et vous avez eu les convictions qui s’imposaient à vous avec le champs de vision que vous aviez à ce moment là. Celles dues à votre évolution intellectuelle, psychologique, affective et spirituelle. Quand le filtre que nous plaçons sur nos lunettes change, alors bien sur, nous ne voyons plus la même chose… le paysage est le même qu’il était, ou peut-être pas; en tous les cas, nous ne cherchons plus les mêmes choses lorsque nous le regardons; cela nous fait croire qu’il a changé. Et cela le change effectivement, puisque l’observateur possède un pouvoir de changement sur l’objet observé.

Au delà de toute cette philosophie nocturne à laquelle je me livre avec vous, je me demande si l’intérêt, si la vie n’est pas ailleurs: si au lieu de vous demander « en quoi je me suis trompée« , ce qui est une question fermée, vous ne pourriez pas plutôt vous demander « qu’est-ce que je veux vivre maintenant« ?

Vous vous demandez à qui parler: je vous propose d’être cette oreille-là, vous aider à découvrir les nouveaux chemins vous voulez explorer… vous verrez si, ce faisant, vous avez envie de jeter le bébé avec l’eau du bain, changer de salle de bain ou les deux 🙂

Je suis conseillère conjugale et familiale diplômée, mais je propose aussi un accompagnement à la recherche spirituelle et à la téchouva depuis quelque années. Je vous souhaite une journée lumineuse et apaisée, et suis à votre disposition pour vous accompagner un bout de votre chemin.

Juifs pour Jésus et les juifs convertis

Ceux qui sont convertis, qu’ils soient d’origine chrétienne, juive ou musulmane, c’est qu’un jour ils ont ressenti profondément dans leur coeur que c’était la vérité. Je pense qu’on ne doit pas faire de prosélytisme mais qu’on peut partager sa foi, parler de Dieu aux gens qui ont envie d’en parler parce que la foi c’est quelque chose de précieux comme un trésor qu’on doit bichonner et il faut la partager avec ceux qui en valent la peine. Je distribuais beaucoup de tracts au début de ma conversion, ça servait à rien je me faisais insulter. souvent je pense que chaque être humain a son propre destin à suivre et je crois que c’est Dieu qui peut nous aide car il a la clé. Corinne

Je ne sais pas Corinne: vous dites que Dieu vous a guidé dans vos choix, mais parfois c’est plutôt le manque de connaissance, ou pire, la force de destruction qui agit dans le monde en même temps que celle de vie, selon les explications de nos Sages.
Le Daila Lama recommande à chacun de suivre sa religion d’origine, que c’est ainsi qu’il trouvera sa voie; je crois qu’en étant juive, si vous cherchez ailleurs, c’est surtout que vous n’avez pas trouvé chez vous, au sein de votre peuple; pas trouvé, ou pas cherché comme il convient peut-être.

Il me semble qu’il en est de la foi comme de son partenaire de vie: notre conjoint n’est pas celui de l’autre. Et de même que le conjoint de l’autre ne nous appartient pas et que nous ne devons pas y poser notre regard, et devons de nous garder de détourner le cœur des amants vers d’autres cieux, toujours trop brumeux, de même il me semble dangereux de détourner des juifs de leur Époux Céleste, Dieu, comme Le nomme la kabbale; et c’est ce que vous faites je crois quand vous partez prêcher la « bonne parole » dans les communautés juives.

Par ailleurs, attention à ce que la clef dont vous dites qu’elle appartient à Dieu, ne sachant pas la manipuler, ne vous entraîne au contraire à vous enfermer vous même, dans une pièce sombre et tourmentée…

Si vous avez des questions sur le judaïsme, je pourrais peut être vous répondre.
Pour ma part, je ne vous en poserai pas sur le christianisme, mes ancêtres, eux, ayant perdu a jamais leur pouvoir de questionner, ayant disparus dans les camps chrétiens.

Un article de Malka Barneron. (Madéhat Néssoua - Thérapeute de couple - Accompagnement pour les conflits dans la famille - Coaching pour la Alyah - Choisir sa place dans le judaïsme)

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