Rompre avant le mariage

Annuler, peu de temps avant le mariage

D’où viennent nos doutes et nos peurs

Lorsque l’on s’apprête à prendre des engagements et des responsabilités, il est normal de se demander si l’on fait le bon choix. Surtout s’il s’agit de nous engager avec une personne « pour toute la vie ». Il y a de quoi stresser car toute la vie, c’est long! Les doutes arrivent souvent parce que nous avons peur de l’engagement, ou encore parce que nous avons repéré des comportements qui ne nous conviennent pas. Mais cela peut arriver aussi parce que nous ne nous sentons pas prêt, que notre désir de terminer un projet déjà commencé est plus fort que celui de nous marier, que nos proches nous en découragent, que son engagement dans le judaïsme ne nous convient pas vraiment, etc.

Il y a aussi d’autres raisons qui sont les répercussions de valeurs véhiculée par notre époque :

La vie à deux dure plus longtemps

L’engagement porte sur une durée possible de 60 ans de vie commune, et non un maximum de 20 ans, comme lorsque l’espérance de vie ne dépassaient pas l’âge de 40 ans. En vérité cet engagement est surtout théorique puisque la durée de vie moyenne du mariage est de moins de 10 ans.

Un cerveau encombré

La relation de couple est très fragilisée à cause des livres, films, sites internet qui véhiculent des messages comme : « comment puis-je me résigner à ne connaître qu’une seule femme, qu’un seul homme » qui découragent l’engagement long, quand ils ne les brisent pas. Une grande partie des consultations en conseil conjugal porte sur les effets terribles de Facebook et de l’utilisation des messages téléphoniques et autres SMS.

De nombreux couples passent trop de temps à regarder la vie des autres et à se mettre en scène sur les réseau sociaux. Au lieu d’être en connexion avec ce qu’ils sont vraiment, ils sont connectés avec des symboles qu’ils n’ont pas choisi. Ainsi le flirt sur internet est un sport mondial qui détruit d’un coté ce que l’on tente de bâtir de l’autre.

Le couple n’est plus une valeur sûre

Autour de nous, le couple et le mariage ne sont plus des valeurs sur lesquelles on investit efforts, temps et argent comme travailler sa personnalité, ses midot, son comportement, s’exercer à des techniques de communication efficaces, faire la guerre à nos grandes et petites lâchetés, vouloir jour après jour s’aimer mieux et plus…

Des choix de conjoint bien trop rapides

Nous ne choisissons pas toujours notre partenaire pour les bonnes raisons : parfois, la pression environnante pour se marier et avoir des enfants est si grande, que les jeunes ne prennent pas assez le temps de se connaître. Ils ne se connaissent pas et n’ont pas réfléchi au type d’homme ou de femme qui leur conviendrait le mieux. Au contraire, ils poursuivent le désir de leurs parents ou de leur communauté sans vérifier s’ils sont fidèles à eux-mêmes, au plus profond de leur coeur et de leur âme.

Ils ne savent pas s’écouter, pas plus qu’ils ne savent écouter les autres.

Un satane puissant

Tendance à gâcher, parfois à détruireNous avons tous une tendance à gâcher, parfois à détruire, les choses et les personnes que nous chérissons pourtant. Cette force de destruction, cette pulsion de sabotage, se manifeste avec une virulence particulière lors du choix du conjoint.

Si nous doutons d’avoir choisir la bonne personne, c’est parfois que notre processus intérieur d’auto-sabordage est à l’œuvre; ce n’est pas toujours parce que notre intuition est bonne et alors nous détruisons cette rencontre.

Dans la tradition juive, le « yetser hara » (force universelle dont le but est de précipiter vers le chaos) peut faire capoter un mariage: sa mission est de faire « hara kiri » (suicide des ninja japonais) au projet de mariage parce que celui ci est « LE » projet divin le plus sacré.

Alors que faire?

Tout d’abord ne surtout pas zapper le doute: le regarder en face, dialoguer avec, lui donner une place. Car attraper le doute et le mettre dans un petit coffre fermé à double tours pour ne pas le voir, c’est tout simplement le transformer en cocotte minute! Tôt ou tard elle explosera, souvent après le mariage, et alors que des enfants seront déjà nés.

Doit-on se faire aider dans cette épreuve?

Le mieux est de se faire accompagner, d’échanger avec une personne neutre et qui ne vous poussera pas dans ce mariage. Si vous ne pouvez pas vous faire aider par un professionnel, vous avez
la possibilité de faire l’exercice suivant, que je recommande en conseil conjugal et préparation au mariage:

Prévoyez une plage horaire de 2 heures où vous ne serez pas dérangé, sous aucun prétexte, de préférence quand personne n’est dans la maison.

Installez vous confortablement sur une chaise, baissez la lumière; mettez éventuellement une musique douce que vous aimez (pas de paroles) et disposez sur la table devant vous 5 ou 6 feuilles blanches et un stylo qui marche bien. Veillez à n’écrire que sur un coté des feuilles à la fois afin de garder la possibilité de tout lire à la suite sans avoir à retourner les feuilles.

1. Vous allez écrire tout d’abord les raisons qui vous font douter d’avoir fait le bon choix
2. puis sur une seconde feuille les raisons qui illustrent au contraire que vous avez choisi la personne qu’il vous faut.

3. Prenez 2 nouvelles feuilles puis, sur chacune d’elle, écrivez les qualités que vous rêviez pouvoir remarquer chez la personne.
4. Sur l’autre, écrivez les défauts dont vous savez que vous ne pourriez pas les supporter.

Arrêter l’exercice et passez à une autre activité. Le soir même, ou le lendemain, relisez tout ce que vous avez écrit et vérifier si tout vous parait toujours aussi juste. Cet exercice devrait vous aider à y voir plus clair.

Si vous doutez toujours, faites-vous aider par un professionnel du couple, mais évitez à tout prix les proches et les amis: leurs conseils ne les engagent à rien. Souvenez-vous: c’est vous qui savez ce qui est bon et juste pour vous.

Affronter sa déception et ma honte

Cette épreuve est vraiment difficile. Mais elle n’est rien comparé à la souffrance de faire semblant d’aimer quelqu’un, et de celle que vous lui infligez en entretenant la supercherie et le mensonge.

Vous l’avez choisie: elle vaut la peine de lui dire la vérité. Ne gâcher pas sa vie, ne gâcher la votre. Vous ne devez de fidélité à personne, ni à vos parents, ni au traiteur. Beaucoup d’argent est investi? Et bien voilà une preuve supplémentaire qu’un mariage ne devrait pas coûter tant d’argent.

Enfin, pensez aux enfants issus de cette union, que leur direz-vous quand ils vous demanderont pourquoi vous êtes malheureux, et pourquoi vous divorcez? Voudriez-vous leur répondre « je n’ai pas
eu le courage de faire ce qui était bon pour moi« ?

Affronter la douleur de l’autre

Ici aussi, la partie n’est pas facile…  Jacques Salomé a écrit une phrase sublime et retentissante: « En ne voulant pas te faire de peine,  je t’ai fait beaucoup de mal« .

La peur de faire mal est un piège dans lequel nous tombons tous, mais ce n’est pas une option que vous devez choisir: la personne que vous vous apprêtez à quitter mérite de connaitre vos doutes s’ils sont au point de préférer annuler le mariage.

Un article de Malka Barneron. (Madéhat Néssoua - Thérapeute de couple - Accompagnement pour les conflits dans la famille - Coaching pour la Alyah - Choisir sa place dans le judaïsme, thérapie existentielle, etc.)

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