Organiser son mariage – Vos questions

Comment gérer les tensions pendant les préparatifs de la cérémonie et de la soirée du mariage? Éviter tensions et disputes. Les clefs d’une soirée sans conflit (majeur ;).

Joie et pression

Les angoisses du jour du mariageSous son voile, la Kalah (fiancée) verse des larmes: larmes de joie, de bonheur de vivre enfin ce jour d’éternité… Avec ces larmes, s’écoulent aussi toutes les tensions accumulées au cours des derniers mois. Car, on le sait, les préparatifs ne sont pas seulement source de plaisir. Ces tensions-là sont inévitables. On peut cependant les passer plus ou moins bien, voire transformer l’épreuve en force et même en victoire.

Les tensions familiales

L’histoire de 2  familles

Organiser son mariage juif sans tension dans la famille semble bien compliqué; c’est le lot commun de la plupart des futurs mariés. Pourquoi? Nos sages expliquent que lorsqu’il se retrouve sous la ‘Houpa, le couple est accompagné des membres de la famille, les vivants et comme les âmes des défunts. Ce qu’il faut comprendre ici, c’est qu’ils apportent avec eux toute une Histoire familiale qui vient souvent de loin, et qui a traversé des générations.

Difficulté de la rencontre

A partir de leurs deux univers, forcément différents, les mariés vont tâcher de créer le leur. Et c’est loin d’être simple! Nos Sages racontent que depuis qu’Il a fini de créer le Monde, D.ieu passe son temps à faire des Chidou’him (rencontres), et que c’est plus difficile à réaliser que « l’ouverture de la Mer Rouge » (celle- là même qui s’était fendue pour laisser passer les hébreux lors de leur sortie d’Égypt. Il n’est donc pas étonnant que l’organisation du mariage soit source de tensions.

Le théâtre de disputes

Le mariage sera il le jour des disputes?La fin d’une période

Le mariage modifie à jamais le statu d’un enfant et déséquilibre complètement les relations parents- enfants. L’organisation du mariage est une des premières épreuves que va devoir surmonter le couple en tant que nouvelle entité. C’est souvent à cette période qu’il ressent un fort désir de construire son mariage comme on va construire son couple, c’est à dire de façon adulte, et tout liberté.

Un cadeau au parents?

Le mariage et sa fête semblent être pour les fiancés l’occasion de réparer certains manques dans les relations parents-enfants. C’est le moment de témoigner du Kavod aux parents (respect) ou une place qu’on ne leur a pas toujours donné. C’est une opportunité de leur faire plaisir en leur permettant de donner leur avis, voire de décider certaines choses. Pour ces jeunes personnes, laisser les parents avoir un contrôle sur l’organisation du mariage à un peu la fonction d’un sacrifice (dans le sens religieux), d’un cadeau cadeau de départ. Certains y trouveront à atténuer la douleur que peut causer ce départ « du nid » parental, d’autres penseront faire oublier un peu la différence des choix de vie qu’ils ont fait.

Une promesse de rester fidèle à la tribu?

Ainsi, le mariage est le premier acte d’indépendance de la vie du couple et une occasion de faire valoir ses décisions. Des conflits peuvent alors surgir qui naissent souvent à cause de petits riens. Or il se trouve que l’enjeu de ces broutilles est bien plus compliqué qu’il n’en a l’air.

Lorsque les futurs époux se crêpent le chignon devant le traiteur pour savoir s’ils choisiront du couscous sucré ou de la bkaïla, du gefiltefish ou du poisson à la marocaine, ce n’est pas qu’une affaire de goût… C’est une façon pour chaque clan de poser ses marques, et pour les futurs mariés de confirmer à leur famille « je n’oublie pas d’où je viens » et de rappeler au futur conjoint: « toi non plus ne l’oublie pas!« .

Le mariage juif sans tension existe-t-il?

Mariage : le jour des règlements de compte?

Une puissante force de sabotage en action

Le futur couple passe-t-il forcément par des moments de crise ? Au moment des préparatifs, le Yetser Hara – la force de destruction– que D.ieu à placé dans le monde pour s’opposer à la « force de création« , est particulièrement actif au moment du mariage. Deux personnes sont sur le point de s’unir, deux âmes vont se retrouver, créer un nouveau monde et donner naissance à toute une génération. Du point de vue du judaïsme, c’est le but même de la Création du monde qui est en jeu: une vraie bataille se joue ici!

Les doutes de dernière minute

Lors de la préparation au mariage, le Yetser Hara fait aussi office de pulsion « d’auto sabordage » et provoque de nombreux questionnements, malentendus, doutes profonds: est-ce vraiment mon âme sœur, est-ce le meilleur moment pour me marier, qu’est ce que j’attends de l’autre, me correspond- il vraiment, qu’en est-il des inquiétudes de maman.

Là où le Yetser est particulièrement virulent, pour les couples religieux surtout, c’est quand il s’agit de ne pas céder au désir puissant de rapprochement physique avant le jour du mariage. L’énergie considérable pour se tenir éloignés l’un de l’autre n’aide pas à apaiser les tensions, il faut en parler et trouver des solutions.

Quels sont les sujets les plus tensiogènes

Les difficultés liées au style du mariage, et les problèmes financiers. Elles peuvent tourner au tragique si l’on n’y prend garde. Il s’y cachent des questions fondamentales comme: « prouve-moi à quel point tu m’aimes« , « est ce que je suis vraiment tout pour toi« , « es- tu prêt à m’accepter vraiment d’où je viens« ?

Le sujet de l’argent déstabilise le futur couple bien sûr, mais aussi les parents. Nombreux sont ceux qui explosent parce qu’ils n’ont pas su dire non à telle ou telle dépense. Ils culpabilisent à l’idée de ne pas « donner le meilleur », sont tiraillés entre le désir de « démontrer » leur amour et celui de rester fidèles à ce qu’ils considèrent comme étant raisonnable de dépenser pour un mariage… combien d’emprunts inadéquats alors qu’il y a encore tant de frais à couvrir au quotidien!

Conseils pour un mariage sans tensions

Préparation au mariage: une obligation

Le plus important est certainement de ne pas bâcler la phase de préparation psychologique et spirituelle au mariage. Réfléchir au type de couple que l’on veut construire, vérifier que l’on est d’accord sur les points fondamentaux de l’existence (judaïsme, pays de résidence, vie professionnelle, éducation, naissances…). Suivre des cours et, encore mieux, d’assister aussi à des groupes de développement personnel et de réflexion sur la vie de couple abordant les sujets suivants:

Apprendre dès le départ à bien communiquer

  • avec l’autre: c’est un des secrets de l’harmonie dans le couple et pourtant, personne n’a jamais reçu des cours la- dessus: nombreux sont les fiancés qui n’ont pas eu d’exemple parental correct sur lequel copier. Apprendre à verbaliser un besoin, ne pas manipuler, ne pas vouloir à tout prix ce qu’on croit être le bien de l’autre, etc.
  • avec soi même: si les personnes qui savent exprimer ce qu’elles ressentent sont rares, encore plus rares sont celles qui savent clairement ce qu’elles ressentent. Il est indispensable d’apprendre à être en contact avec soi même aussi bien qu’avec notre conjoint (e).

Poser toutes vos questions sur la sexualité

Savoir ce que dit la Thora des relations sexuelles et leur importance fondamentale pour l’équilibre et le bien-être. Ces cours sont le moment de découvrir la richesse de la Thora, ses conseils pour développer les sentiments et l’attachement, sa façon sublime et ouverte de parler d’amour, et combien elle fait confiance à l’homme et à la femme de savoir ce qui est bon pour eux.

Solutions pour bien préparer son mariage

Parler. Dire les choses. Aborder les difficultés sans gène, sans tabou, sans crainte d’être jugé ou de déplaire. – Se faire aider par une tierce personne au besoin ou encore consulter un professionnel de la communication et de la relation de couple.

© Mme Bar Neron, conseillère conjugale et familiale, madréhat kala pour la préparation au mariage du mariage juif, la communication dans le couple et la sexualité dans le judaïsme. Des consultations basées sur l’éthique et les valeurs juives et respectant le secret professionnel et l’anonymat. Sur chat-room, échange d’emails, téléphone ou en cabinet.

Mariage sans pression : questions réponses

  1. Question aux enfants votre mariage sera-t-il celui de vos parents, de vos beaux- parents, ou bien le vôtre, celui qui vous voulez vraiment?
  2. Question aux parents jusqu’où allez-vous laisser vos enfants augmenter la liste des dépenses?
  3. Les différentes pressions: pressions des parents sur les enfantsPressions des enfants sur leurs parentsPressions communautaireAtelier en ligneTémoigner

Pressions des parents sur les enfants

Lettre aux parents, aux familles des fiancés, aux dirigeants communautaires et aux rabbins
Témoignage de Myriam, maman d’une jeune mariée

Et si on arrêtait de se crêper le chignon!

Les mariages sans pression, ça existe?Derrière ce qui devrait être le plus beau jour de la vie, peut se cacher une danse familiale infernale aussi réelle que triste: ce jour est souvent le dernier rempart pour la famille et les parents, de soumettre leurs enfants à leur contrôle: dernier round avant le salut de l’artiste… Cela n’est pas fait consciemment, mais cela se passe si souvent.

Je parle ici bien sur du mariage de jeunes gens, étant entendu qu’à 30 ans, on est pas aussi vulnérable. De nombreux jeunes de notre communauté se marient dès 17/ 18 ans, et il est clair qu’à cet age, ils n’ont pas toujours mené à bien une réflexion complète et approfondie concernant leur vie futur, encore moins sur le type de mariage qu’ils désirent faire vraiment. Ils ont souvent pour seul modèle ce qu’il se fait dans leur entourage et dans leur communauté, et ne pensent souvent même pas qu’ils pourraient avoir envie d’autre chose que l’on organise pour eux.

Quant leurs repères sont les mêmes que ceux de leur entourage, quand les goûts correspondent, alors les choses sont grandement facilitées, et cet article ne s’adressent pas à ces configurations familiales en priorité. (Je dis « en priorité » car ici aussi, il convient d’être à l’écoute de ce que les fiancés désirent).

Comment les tensions s’installent

Les tensions s’installent dès le début des préparatifs du mariage; au sujet du style de la robe de mariée, de la musique, du nombre des invités, du type de cacherout, etc.

Elles se poursuivent souvent quant à savoir si les enfants de ce couple-non-encore-marié étudieront dans un ‘héder, s’ils porteront telle ou telle kipa, si les filles porteront ou non une perruque, laisseront ou non dépasser leurs cheveux, porteront ou non des jupes longues, auront des percing, achèteront une T.V., s’attacheront à tel ou tel rabin, étudieront ou non régulièrement, vivront ou non dans un autre pays… Stoooooop 🙁

Il n’est pas question ici de débatte du bien fondé d’un style de vie par rapport à un autre, mais bien de savoir s’il faut l’imposer, quitte à provoquer des disputes entre le ‘hatan et la kala. La vraie question est là! Jusqu’où faut-il essayer de convaincre, harceler, et prendre le risque- il va falloir un jour l’admettre- que les futurs mariés préféreront limiter leurs visites à cette famille si peu respectueuse de leur particularité.

Est-ce un devoir parental d’imposer un point de vue, et même des valeurs, le jour de leur mariage? Ne serait-il pas plus sage de lâcher prise et de commencer à construire ce nouveau rôle, celui de « beaux parents », qui consiste à rester en retrait, discrets, bienveillants, et préparer celui de grands-parents, qui consiste à donner, à donner « seulement ».

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Pressions des enfants sur leurs parents

Témoignage de Schmouel

Après avoir lu le témoignage de Myriam, j’ai eu envie d’apporter le mien mais dans le sens contraire: je voudrais m’adresser aux enfants et qu’ils entendent le point de vue des parents, qu’ils lisent ce que leurs parents ressentent et qu’ils entendent leurs difficultés.

En dehors des conflits qui éclatent lors de la préparation du mariage, il y a des réalités financières que les enfants, souvent, ne veulent pas voir. Les parents, de leur coté, ont très envie de faire plaisir aux enfants; et d’ailleurs. Ils vont tenter de leurs donner le meilleur.

Mais ce désir peut les pousser très loin, jusqu’à se mettre dans des difficultés financières très graves, jusqu’à hypothéquer leurs biens. Ils ne le disent pas toujours à leurs enfants car ils ont peur d’être rejetés, ils culpabilisent. Car ce qu’ils désirent plus que tout, c’est être aimé de leurs enfants… vous ne lirez pas cela sur les forum, car les parents ont de la pudeur, et gardent tout cela en eux.

Pourquoi vos parents font-il cela?

Pourquoi vont-ils faire des dépenses supérieures à leurs moyens au lieu de planifier un mariage raisonnable? C’est que vos parents, jeunes gens, sont de grands enfants! Ils redoutent de dire non, de vous froisser ou vous décevoir.

Attention! Ce n’est pas parce que vos parents ont du mal à vous limiter, que vous devez continuer les dépenses. Écoutez ce que vos parents vous disent, et s’ils ne vous parlent pas, posez des questions, faites le calcul du nombre de mois, voire d’années, qu’il leur faudra pour rembourser votre mariage alors qu’ils ont aussi d’autres enfants à charge, peut être même leurs parents, et certainement pas mal de dettes.

Entrez dans le monde des adultes où tout n’est pas possible, apprenez à vous limiter et gérer la frustration: vous en aurez d’autres, et celles du mariage sont un très bon exercice pour vous renforcer dans votre future vie de couple 🙂

Et si on ne s’en mêlait pas?

 Témoignage de Simon

Après avoir aidé 2 de mes enfants à se marier, je peux vous dire que j’ai trouvé nettement plus facile la façon dont l’organisation du deuxième mariage s’est déroulé. Ma femme et moi nous sommes assis et avons fait les comptes. Nous ne trouvions pas raisonnable, compte tenu de nos sorties et rentrées d’argent, de nous endetter pour plus de 15 000 shekel (l’équivalent pour un foyer français à 3000 euros). Nous avons donc informé ma fille et le ‘Hatan de ce que nous pourrions faire, et leur avons donné un chèque.

Ce qu’ils en ont fait, et comment ils s’en sont sorti pour payer tout ce qu’ils désiraient, nous ne leur avons pas demandé. Par la suite, ils nous ont appris combien ils s’étaient bien débrouillé. Nous les avons aidé à organiser le mariage, nous nous sommes investis en temps et en énergie, mais n’avons pas discuté ni contesté leurs choix. Même si, de notre coté, nous aurions fait très différemment, nous avons appris à nous taire et développé les mots de soutien, confiance et encouragements.

Au jour d’aujourd’hui, ils se sentent bien vis à vis de nous, car ils n’ont pas le sentiment ni de nous avoir forcé la main, ni d’avoir abusé: ils se sont senti entouré et soutenu, mais aussi fiers d’avoir si bien géré leur budget.

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Pressions communautaires

 Témoignage de Dov, rabin de communauté

Je recommande les petits prix, personne ne m’écoute

Merci Simon d’avoir témoigné! Je suis moi aussi papa, mais moi, je suis le Rabin de ma communauté. Et bien que je tente par tous les moyens de déculpabiliser les parents, de les encourager à faire un petit mariage, bien que j’ai écrit un ouvrage sur la meilleure façon d’après le judaïsme d’organiser un mariage et autres fêtes de la vie juive, personne ne m’écoute…

Et pourtant, la Thora désapprouve absolument que l’on s’endette pour un mariage; mais les parents perdent tous leurs moyens à l’idée de ne pas être « à la hauteur ». Quelle erreur d’appréciation terrible sur ce qui apportera la bénédiction aux jeunes mariés ou non! Car que vont-il faire de la honte qu’ils porteront d’avoir mangé un pain de misère (nourriture qui ne nous est pas destinée, que nous ne méritons pas), et quel manque de pudeur en ces temps de récession économique où l’on ne sait pas de quoi sera fait le lendemain.

Un cruel défaut de Tsniout

Si pour le Chabbat, sommet de la création, il est écrit « fais de ce jour un jour normal, mais ne demande rien aux gens » (c’est à dire: « ne dépense pas, pour le chabbat, de l’argent que tu n’as pas »), combien plus faut-il faire attention aux dépenses d’un événement qui n’a lieu qu’une seule fois, et qui n’est qu’un panneau indicateur pour la construction du jeune couple, rien de plus, et surtout pas un but!

En pourtant, si tous les responsables communautaires donnaient l’exemple, combien de tensions seraient évitées, et de chalom bait renforcé. Comme disait Edmund Burke: « la seule chose qui permet au mal de triompher est l’inaction des hommes de bien« .

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Un article de Malka Barneron. (Madéhat Néssoua - Thérapeute de couple - Accompagnement pour les conflits dans la famille - Coaching pour la Alyah - Choisir sa place dans le judaïsme, thérapie existentielle, etc.)

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