Sexualité féminine et judaïsme – Se préparer

  1. Judaïsme : Kedoucha – Interdits-  Tsniout
  2. Anatomie : lubrification vaginale Le plaisirPoint G Douleurs
  3. La préparation : mentale, corporelle, spirituelle et de la chambre

Sans sexualité, une partie de nous- même se meurt

Intimité et désirLa Thora est une Thora (enseignement) de vie; c’est à dire qui a pour but de soutenir, protéger, engendrer la vie, s’opposant farouchement et inconditionnellement à tout acte engendrant la mort, l’anéantissement, la dislocation (sauf dans quelques rares cas de survie que nous n’expliquerons pas ici).

Qualité du l’intimité et désir

Pour le judaïsme, il est fondamental que tout soit fait pour que le couple puisse se rapprocher. Pas seulement se rapprocher, mais bien se rapprocher. Pour que la qualité de ce rapprochement soit le plus intense possible, il faudra entretenir le désir. Or, l’équilibre dans le couple s’obtient en faisant se succéder des périodes de manque et des périodes de satisfaction de ce manque.

Créer le manque de l’autre

Le judaïsme crée de toute pièce une période d’interruption des rapports sexuels qui provoque le manque. Cette période doit avoir un début et une fin et ne jamais être rallongée par initiative personnelle.

Combler le manque

Une fois la période d’abstinence écoulée, il s’agira de satisfaire et de laisser s’exprimer la sexualité autant et comme couple le souhaite. Désir et plaisir sont les moteurs du couple, comme le disent les Sages de la Thora: la sexualité est le fondement de la relation de couple, sans laquelle nul couple de peut continuer à exister.

Mais nulle sexualité ne peut être satisfaisante à tous les niveaux si les notions de sainteté et de pudeur ne sont pas respectées. Et c’est là qu’il nous faut expliquer ce qu’est véritablement la « Kedoucha » (sainteté) et la « Tsniout » (pudeur, discrétion, réserve). Et vous allez pouvoir constater combien la désinformation existe sur ces 2 sujets.

Kedoucha et pudeur

Elles se définissent par le respect d’un environnement, d’intentions et de pensées claires, et de gestes en accord avec les goûts de chacun des partenaires.

Discrétion et concentration

=> 1. La relation sexuelle devra avoir pour but de construire le couple, de le vivifier, de le nourrir et d’apaiser le corps, le cœur et l’âme (et pour cela, le désir et le plaisir sont nécessaires).

=> 2. Elle ne doit avoir lieu que dans un lieu privé et fermé ou personne ne peut regarder le couple. C’est cela la Tsniout dont tout le monde parle, et en aucun cas une liste d’obligation de se couvrir, dissimuler les formes, exclure certains moments de la journée, positions et gestes particuliers. Dans ce domaine, nos Sages ont des mots très crus et durs pour qualifier les couples qui s’imposent des interdictions qui ne leur conviennent pas en réalité.

=> 3. Chacun doit veiller à ne penser qu’à son conjoint: contrôler ses sens et son imagination à destination de son conjoint exclusivement, (ne penser à personne d’autre) est une nécessité absolue.

Chaque couple sait ce qui lui convient et doit respecter cela

Au niveau de la psychologie et de la dynamique du couple, j’ajouterai:
=> 1. La façon dont se passe la relation est le choix du couple, il est le seul à savoir ce qui est bon et juste pour lui; le couple doit donc y réfléchir et en parler. Il est impossible et destructeur de ne pas le faire.

=> 2. Interdits d’utiliser la contrainte, la violence, la pression psychologique et la culpabilisation, l’humiliation ou le harcèlement.

=> 3. Utiliser la contraception quand c’est nécessaire. De nombreuses personnes pensent que la contraception est interdite. Et puisque la meilleure façon de ne pas avoir d’enfants, c’est de ne pas coucher ensemble… on voit combien est pernicieuse cette croyance là. Les couples ne peuvent avoir une sexualité épanouie si, à la clef, il y a un risque de grossesse! On notera que la relation sexuelle n’a pas pour but d’avoir des enfants (voir les rubrique annexes)

Cet article entend lister et expliquer les différents éléments participant à la relation sexuelle et au plaisir. Chacun se documentera et prendra en considération la particularité de son couple. Chaque couple se choisira un Rav (« assé lé’ha rav« , ce qui signifie « choisis pour toi« , c’est à dire « en fonction de ta personnalité« ) puis décidera de l’orientation qui lui convient le mieux. Vos questions sont les bienvenues en bas de cette page; j’y répondrai par email ou sur ma chat room privée (cliquez sur le spot vert).

Cet article parle de la sexualité féminine (voir ici pour lire celui de la sexualité masculine).

Les vrais interdits

Les positions

De nombreuses personnes enseignent qu’une seule position est permise dans le judaïsme, celle dite « du missionnaire » et y ajoute une liste impressionnante d’autres choses interdites. De ce fait, il y a de grandes chances pour que la plupart des informations que vous déteniez sur la question soient tout simplement fausses, ne correspondent qu’à des coutumes, des façons de considérer la sexualité (hachkafot), ou viennent témoigner tout simplement des blocages… de la personne qui vous enseigne (et oui, elle aussi et son conjoint en ont aussi bien évidement! ).

Réfléchir à ce qui nous convient

De nombreux hommes et de femmes recherchent des informations sur les positions, et cela est parfaitement sain et recommandé. C’est pourquoi j’ai sélectionné plusieurs dessins qui m’ont parus plutôt « sages ». Pour visionner les dessins et lire les descriptions cliquez ici (orthodoxes: cette page est pour les femmes). Lire aussi la rubrique questions réponses sur ce sujet.

Il y a autant de façon d’aimer que d’individus

La Thora est une Thora de vie: elle connaît toutes les couleurs et possède 70 facettes, qui sont autant de façon d’être, de ressentir et d’aimer. C’est pourquoi la Guemara rapporte, au nom du Rambam: « tout ce que l’homme désire faire avec sa femme, il le pourra« . Je recommande ce blog rafraichissant et courageux sur les plaisirs dans la chambre à coucher: haabir-haisraeli.over-blog.com

Obligation d’accord mutuel

Il est nécessaire de préciser que toute activité sexuelle ne pourra se faire qu’avec le consentement libre et serein de la femme. C’est encore mieux, quand c’est son désir à elle qui la pousse vers son conjoint, et non uniquement parce qu’elle veut lui faire plaisir et lui donner du plaisir.

Il est évident que rien ne sera fait par la force, le harcèlement ou la manipulation, encore moins par la violence, celle-ci aboutissant à l’obtention immédiate du divorce religieux si la femme le demande.

Prenez le temps de décider

Il est important de savoir que toutes les positions et caresses sont permises et qu’il ne faut pas se laisser impressionner par des personnes qui ont choisi de suivre d’autres sources rabbiniques contraires (et effectivement elles existent). C’est librement que ces personnes choisissent des préceptes différents, et c’est au nom de cette même liberté et justice qu’il leur est interdit d’imposer leur vision de la sexualité.

Interdictions selon la plupart des opinions

=> Toute éjaculation en dehors du corps de la femme est interdit par la Thora, sauf pour ce qui est de la procréation assistée. Ainsi, lorsque l’excitation devient très forte, l’homme devra veiller à effectuer la pénétration sans tarder. Cependant, il existe une opinion le permettant malgré tout: Yébamot Lamed daleth au verso (34b), tossfot « velo kémaasé er véonan », la seconde réponse (celle du R »i), sur laquelle se base le Rama.

=> Regarder l’orifice vaginal. Il me semble que la raison est que, pour certains couples en tous cas, cela déprécie la femme aux yeux de son mari. Pour cette même raison, se positionner devant la femme lors de l’accouchement est interdit (mais, de coté, le milieu du corps couvert par un drap, cela est tout à fait possible, si tel est le désir du couple).

Érotisme et romantisme dans la Thora

Pour exemple, mais la Thora en recèle bien d’autres, la Guemara rapporte l’histoire de ce grand Tanah qui « allait chercher des rubis avec sa bouche déposés sur le sexe de sa femme« .

Intensité du plaisir dans le coupleDans le ‘Houmache, nos sages rappellent qu’en Égypte, les femmes se confectionnaient des miroirs, leurs époux venaient derrière elles en les enlaçant, et, s’abandonnant, elles leur disaient: « vois comme je suis belle ». Plutôt érotique non?

Une autre source rappelle que Léa Imanou mérita d’engendrer Issa’har parce que cette nuit là, ils s’aimèrent passionnément après que Léa eu exprimé à Yaacov qu’elle le désirait. Il existe beaucoup d’autres exemples que vous pourrez découvrir en étudiant les sources sublimes de la Thora.

Un peu d’anatomie

La lubrification vaginale

Lors de l’excitation sexuelle, un phénomène de « sudation » de la paroi vaginale se produit d’une part, ainsi que la lubrification de l’entrée du vagin, via les glandes de Bartholin, d’autre part. Cette lubrification est plus ou moins importante selon les femmes, et selon le degré d’excitation. Elle peut même être incroyablement abondante dans ce que l’on nomme joliement : les « femmes fontaines ». (Certains auteurs comparent cette réaction à une éjaculation, ce qui est une erreur: il s’agirait plutôt de reliquats embryonnaires de la prostate).

Une absence ou insuffisance d’excitation, certains médicaments, un tabagisme important et quelques maladies,pour peuvent être responsables d’une sécheresse vaginale. C’est pourquoi il est nécessaire d’utiliser un lubrifiant dans ces cas là: votre médecin ou votre pharmacien vous conseilleront.

Le mécanisme du plaisir

L’orgasme vaginal

Il est essentiel que la femme ait une bonne connaissance de la zone génitale et de la structure du vagin. Une visualisation correcte et une bonne compréhension de la structure vaginale sont déterminantes si vous voulez accéder à l’orgasme à point de départ vaginal (différent de l’orgasme clitoridien).

Toute femme possède en effet le potentiel de ressentir les deux, si certaines conditions sont réunies. Nous verrons comment, dans le dossier concernant le désir et le plaisir féminin.

Les femmes fontaines: on désigne par ce terme des femmes qui émettent une grande quantité de liquide lubrifiant pendant l’orgasme. La lubrification vaginale est directement liée à l’intensité du plaisir et se fait progressivement. On ne sait pas très bien quelles glandes exactement sont responsables de cette lubrification explosive. Chez certaines femmes, le liquide émis peut sortir parfois en jet. Il est difficile de savoir combien de femmes sont concernées. Si cela peut paraître érotique, ce n’est en fait pas toujours bien vécu car le partenaire peut être surpris devant l’abondance de l’émission de liquide. En effet les hommes le confondent souvent avec l’émission d’urine.

Quoiqu’il en soit, pour rassurer les couples à qui cela arrive, ce liquide n’a rien à voir avec de l’urine, il est incolore, inodore et ne tache pas…

L’absence de plaisir vaginal

Au cours de mes consultations en conseil conjugal, je suis souvent confrontée à ces questions de non plaisir vaginal. La zone du clitoris fonctionne souvent bien et la femme éprouve du plaisir lorsque cette zone est stimulée. Cependant, au moment de la pénétration, soit celle-ci est douloureuse, soit elle est impossible, soit la femme ne ressent rien. En consultation, voici les questions que je pose, attendu qu’elles ont toutes un impact très important dans le plaisir.

1) êtes-vous sous contraceptif

Si le couple pense ne pas avoir le droit de contrôler les naissances, rien de mieux que de ne pas avoir de plaisir dans les relations sexuelles puisque cela déclenche une diminution des rapports sexuels et permet d’éviter les grossesses: solution radicale et éminemment tordue, perverse et toxique. Si vous ne vous croyez pas autorisée à contrôler vous-même vos grossesses, posez-vous la question si cet interdit n’est pas en train de détériorer votre sexualité, votre corps et votre couple, et avisez en conscience: la personne qui vous donne l’autorisation ou non d’être sous contraceptif dort sur ses 2 oreilles, votre couple ne l’empêche pas de dormir.

2) avez-vous vu un médecin

Seul un médecin ou un gynécologue pourra vous rassurer que, comme la majeure partie des cas, votre corps fonctionne bien. Ne vous contentez pas d’une bonne âme pour vous rassurer, elle n’est pas médecin: voyez une personne dont c’est le métier!

3) avez-vous du désir pour votre mari

Les femmes se polarisent beaucoup sur le plaisir de leur conjoint, mais en y regardant de plus près, on s’aperçoit qu’elles n’ont souvent pas ou plus de désir pour lui. Les raisons sont aussi multiples que personnelles (odeur, haleine, surpoids, silhouette, paroles et gestes inappropriés pendant l’acte, etc.)

4) croyance que l’orgasme est LA chose à atteindre

Et qu’il doit se passer en même temps pour les deux partenaires: nous sommes ici dans un cercle infernal où c’est surtout la performance qui est recherchée. Lâchez prise et arrêtez de vous angoisser. Fermer l’accès à votre agitation cérébrale pendant le rapport et concentrez-vous sur votre plaisir et votre désir: c’est plus bas que ça se passe.

5) quelle éducation amoureuse et sexuelle avez vous eue?
Avez vous eu la chance d’avoir des parents qui vous ont appris la beauté de la femme, de son corps, et de son plaisir?

6) avez vous subi ou vu des attouchements interdits?
Serrait-il possible que vous ayez vécu un inceste ou dans une ambiance incestuelle sans le savoir? Que vous a-t-on appris au sujet de la masturbation?

7) connaissez vous votre corps? Pouvez-vous visualiser votre vagin? Savez-vous placer l’anus et l’urètre par rapport à l’entrée vaginale? Pourriez-vous dessiner votre appareil génital et sexuel?

Les exercices de Kegel pour plus de sensibilité

Les exercices de Kegel

(Pris sur psychomedia.qc.ca)

Les exercices de Kegel, permettant de renforcer le muscle pubo-coccygien entourant le vagin, amènent une amélioration des sensations vaginales et facilitent l’orgasme.

Ce muscle peut être relâché après un accouchement ou affaibli après la ménopause en raison des changements hormonaux. Il s’agit d’un muscle à la fois lisse et strié. Sa réponse est volontaire et involontaire. Il est donc possible de l’entraîner en faisant des exercices. Il s’agit de le contracter et le relâcher une quinzaine de fois et ce à raison de trois fois par jour. Pour plus de résultats certains spécialistes recommandent de 10 à 15 minutes d’exercices à raison de trois fois par jour. Les résultats peuvent prendre jusqu’à 8 semaines avant de se manifester.

Comment faire ces exercice
Lorsque vous allez uriner. Placez-vous confortablement, les jambes écartées.

a) Lorsque vous commencez à uriner, arrêtez soudainement, puis, continuez à uriner par la suite. Recommencez jusqu’au moment où il n’y aura plus de liquide. Le muscle qui entre en action pendant ces instants renvoie au muscle pubo coccygien.

b) Vous pouvez aussi essayer d’exercer une pression vers le bas, comme lorsque vous allez à la selle, mais en vous centrant sur votre vagin (un peu comme au moment de l’expultion). Essayez de la maintenir pendant 3 secondes. Ceci peut être pratiqué une dizaine de fois. Puis effectuez le mouvement inverse: imaginez que vous avez un tampon et que vous l’aspirer à l’intérieur de votre corps.

c) Insérez un doigt dans votre vagin et contractez les muscles dont vous avez réalisé l’existence dans les étapes précédentes. Vous devriez sentir un serrement autour du doigt.

Comme pour tout entraînement musculaire deux formes d’exercices sont complémentaires. Dans ce cas, il s’agit 1) de travailler à augmenter le nombre de fois que l’on est capable de répéter le mouvement de contraction et 2) de travailler à garder la contraction le plus longtemps possible.

La zone « G »

La zone GLa zone G (et non pas le point G) est une zone érogène qui, lorsqu’elle est stimulée, peut provoquer chez certaines femmes un orgasme plus puissant encore que celui provoqué par le clitoris. Selon les dernières recherches, le point G serait le résultat de l’existence d’orgasmes, et non une zone qui existe déjà. C’est une petite zone de tissu érectile située sur la face antérieure du vagin, à environ 3 ou 5 cm de l’entrée de la vulve, entre l’os du pubis et le col de l’utérus. Il a la forme d’une petite boule de moins d’un centimètre au repos, accessible en plaçant 2 phalanges de doigts dans le vagin, et en les mettant en crochet. Il est méconnu de la plupart des hommes. Le point G peut être stimulé, lors de la pénétration, lorsque la femme pose ses jambes sur les épaules de son partenaire.

Le mécanisme du plaisir et du point G: une explication vidéo très bien faite et tsniout avec planches anatomiques

Douleurs pendant l’acte sexuel

Encore appelées dyspareunie. Il convient de cibler si la douleur a existé dès les premiers rapports, si elle est apparue après une opération, une maladie, un accouchement. Si elle s’est installée à la suite d’un événement particulier et à quel niveau de la zone génitale précisément: à l’entrée ou au fond du vagin, dès le début de la pénétration, mais qu’ensuite cela se passe sans douleur, etc.

Les causes peuvent être organiques ou psychologiques: herpès, mycose, pathologies touchant l’utérus, les ovaires ou les trompes. Une hygiène excessive ou des rapports sexuels sans excitation. « Mais aussi abus sexuel, culpabilité pour tout ce qui touche à la sexualité, ou conflit avec le conjoint. »

Le vaginisme

C’est la contraction des muscles du vagin qui empêchent la pénétration. Cela est indépendant de

la volonté de la femme, si bien qu’elle peut ressentir du désir, mais son vagin reste fermé par un mécanisme réflexe. Mais cela peut aussi à voir un origine psychologique qui témoigne d’un non désir de pénétration. Témoignage d’une femme et traitement grâce aux exercices avec un kiné.

La vestibulite vulvaire

C’est une inflammation de la vulve qui peut être causée par une infection ou par une maladie dermatologique qui provoque des douleurs intenses.

Le prolapsus génital

Que l’on nomme aussi la descente d’organe. Elle présente une sensation de lourdeur au niveau de la cavité pelvienne, et parfois des vives douleurs pendant la pénétration.

L’endométriose

Elle provoque d’importantes douleurs pendant les règles et les rapports sexuels mais également lors de la défécation et la miction. Elle peut entraîner également diarrhées, constipations et nausées. L’endométriose peut bloquer l’ovulation ou empêcher le passage des ovules et des spermatozoïdes. 30% des femmes traitées pour infertilité en sont atteintes.

Ressources: L’éjaculation précoce et les tensions dans le couple

Intimité conjugale : état d’esprit et judaïsme

Préparation du corpsPréparation psychologiquePréparation spirituelleÉtude

A la suite de la demande de nombreuses personnes, je vous propose cette rubrique, liste des petites choses qui donnent au couple l’envie de se retrouver. Le judaïsme considère le corps comme un véhicule pour l’esprit et l’âme, dont nous devrions être fiers et grâce auquel nous réalisons notre but sur terre. Dans la relation de couple, le corps est un outil permettant à la fois les sentiments de s’exprimer, l’apaisement des tensions, et la réunion des âmes. C’est pourquoi il est fondamental et vital que la relation sexuelle se passe bien.

Or, il y a tout un tas de facteurs qui permettent au couple de bien se retrouver. J’ai réuni ici quelques aspects matériels, psychologiques et spirituels. Chacun puisera parmi cette liste, ceux des conseils dont il aura besoin.

Préparation du corps : conseils pratiques

A moins que votre conjoint ne vous ait précisé le contraire, la plupart des personnes préfèrent
s’unir à un corps propre et « préparé ». Au cours de mes consultations en thérapie et coaching de couple, j’ai relevée de nombreuses gènes qui plombent littéralement l’intimité, de vrais « tue-l’amour »! Voici mes conseils.

Se laver les dents

Cela peut paraître désuet à certains, mais une haleine chargée est une des principales réticences à embrasser. Or le baiser est l’expression même du désir « d’être avec » et du don de soi.

Employé par la Thora pour décrire la relation entre Dieu et le peuple d’Israël, le baiser a, en premier lieu, besoin du désir d’embrasser. Mais voilà: des dents mal soignées ou une mauvaise haleine peuvent véritablement repousser votre conjoint au point de préférer ne pas embrasser, voire rien faire du tout.

De nombreuses personnes parlent en particulier de la nausée provoquée par la cigarette. Si votre conjoint n’aime pas vous embrasser, demandez-vous si l’état de votre dentition et de votre haleine n’y sont pas pour quelque chose (Dans 85% des cas, la mauvaise haleine a pour origine des problèmes bucco-dentaires: caries, gingivites, mauvaise hygiène… ) Agissez, puis constatez la différence. Prendre en compte cela est une marque de respect pour votre conjoint, d’intérêt, et bien sur, d’amour: pas moins!

Des trucs contre la mauvaise haleine

Buvez: la bouche sèche est un véritable paradis pour les bactéries: boire de l’eau et se rincer la bouche, afin de déloger les bactéries

Mangez mastiquez: du persil, à la fin d’un dîner (croquez la tige de persil et mastiquez-la bien) et des oranges: action sur les glandes salivaires. Évitez l’ail, l’oignon ou les fromages forts. Mastiquez des graines de fenouil, d’aneth, de cardamome, d’anis, de clou de girofle ou de cannelle. Les hindous recommandent les feuilles de Betula.

Nettoyage de la langue: la raclez vigoureusement afin d’éliminer les dépôts qui s’y logent. Utilisez une brossette à dent ou une cuillère que vous placez à l’arrière de votre langue: tirez vers l’avant et faites la même chose sur les cotés.

Utilisez un dentifrice qui renferme de l’huile essentielle de mélaleuque et laissez tremper votre brosse à dent dans de l’eau oxygénée. Changez-en régulièrement.

La peau

Appliquer des onguents et du parfum sur le corps. Prêtez attention à l’état de votre serviette de toilette et son odeur: si elle est sale et sent l’humidité, c’est votre peau qui en sera imprégnée. Attention également messieurs à bien vous sécher, car les cheveux et les poils mouillés laissent parfois une odeur désagréables. N’hésitez pas vous aussi, à vous passer une crème sur le corps.

Les poils et la barbe

Certaines personnes ont une odeur qui imprègne le système pileux, rendant le contact des corps désagréable. Vous pouvez vous-même ne pas en avoir conscience et votre conjoint pourra ne vous en avoir jamais parlé. Soi parce qu’il craint de vous blesser, soit parce qu’il ne se l’est pas formulé à lui-même. Enregistrer cette information et la vérifier pourrait bien déclencher avec bonheur un désir plus fréquent de se retrouver.

Les bijoux et les parfums

Revêtir des parures et des colliers, en particuliers ceux qu’il vous aura offerts. Lorsque les hébreux sortirent d’Égypte, ils voyagèrent et demeurèrent 40 ans dans le désert: une période pendant laquelle la manne leur fut distribuée chaque jour. Nos Sages nous apprennent qu’avec la manne, les femmes trouvaient également des parfums et des bijoux, afin de continuer à séduire leurs époux. Une autre source explique que si le concept de « bijoux » a été créé, c’est afin que l’homme les offre à sa femme, et qu’elle les porte. Nos Sages expliquent que cela crée chez l’homme un fort attachement. Mesdames, portez les bijoux offerts, et… à vos cartes bancaires!

Se maquiller et se regarder dans le miroir

Le fait de se regarder et de se trouver belle éveille les sens de la femme. Il en est de même des crèmes
que l’on s’applique qui éveillent le toucher avant la relation sexuelle en elle même. Nos sages racontent c’était la pratique des femmes hébreux en Égypte d’amener près d’elles leur époux et de se regarder ensemble dans le miroir pour éveiller leur désir.

La préparation psychologique

La disposition d’esprit, comme la préparation spirituelle permet vous permettra d’atteindre des niveaux d’amour et de plaisir supplémentaires et supérieurs. Chacun peut y parvenir pour peu que nous prenions le temps d’y réfléchir et de méditer sur ces thèmes et que de se donner le droit de le vouloir, même si ces niveaux là sont nouveau pour nous.

Le but de la relation sexuelle est de se faire du bien tout comme à en faire à l’autre! Il est donc primordial de s’ouvrir à soi-même et à son partenaire. S’ouvrir signifie lâcher prise, accepter de changer et de découvrir l’autre. Accepter de donner sans compter, quand bien même l’autre ne le « mériterait pas », sans juger ni donner de note, être « aimant » comme celui qui donne, et « aimant« , comme celui qui attire et prend.

L’état d’esprit nécessaire est d’accepter d’être façonné et aimé d’une façon autre que la notre, par cet autre qui n’est pas nous, simplement parce que cela nourrit la relation de couple et apaise chacun des conjoints.

La préparation spirituelle

La réunion des corps est le seul et unique chemin qui mène à la réunion des âmes; il ne peut s’effectuer que par ce biais-là. La connexion avec Dieu aussi passe par ce chemin là, à tel point que dans le judaïsme, seul un homme marié peut trancher la loi juive, car seul le mariage permet d’atteindre l’état d’équilibre et d’épanouissement nécessaire demandé par Dieu.

Le monde fut crée dans le but que l’être humain y vive et qu’il dirige ce monde afin de l’y mener à son terme. Pour y arriver, Dieu y plaça l’homme et la femme comme gestionnaires et responsables de Son monde. En même temps, le monde fut crée pour l’homme et la femme.

Le premier être humain, Adame (Adam) n’était pas un homme: il était une créature physiquement et intrinsèquement masculine et féminine. Adame devint « homme » lorsque, à sa demande, D.ieu lui créa ‘Hava (Eve). Ainsi, chaque fois que l’homme et la femme se réunissent, ils forment à nouveau l’entité « Adame », but de la création de Dieu.

La sainteté se définit selon deux critères

1) Être concentré sur la relation sexuelle qui est en train de se dérouler.
2) Diriger ses pensées exclusivement vers la personne avec qui vous êtes.

Par ailleurs, pour le judaïsme, au moment de l’intimité, il est attendu de l’homme et de la femme qu’ils aient une attitude de bonne volonté, de bonne humeur et de bienveillance. Et bien sur, un désir fort d’augmenter leur amour, valeur et reconnaissance mutuelles, afin de bien vouloir se laisser aborder par l’autre dans le but de provoquer le désir et l’union. Cette connaissance du projet divin donne une profondeur particulière à la relation sexuelle et donne ce sentiment formidable d’être soi-même impliqué dans ce projet. Si par ailleurs, le couple désire un enfant, c’est une dimension encore supplémentaire qui sera donnée à l’acte sexuel.

De ce qui vient d’être dit se déduit l’interdiction d’avoir des relations sexuelles si l’on est endormi, saoul, furieux contre l’autre, si l’on a l’intention de divorcer, si l’on pense à un autre, si l’on a pour but unique de soulager un tension physique sans intention de renforcer la relation de couple, ou si l’on a pas pris soin de prendre le contraceptif choisi (car dans ce cas, le couple est obnubilé par le « risque » que leur union aboutisse à une grossesse et la concentration et le lâcher prise recommandés sont fortement compromis).

Un article de Malka Barneron. (Madéhat Néssoua - Thérapeute de couple - Accompagnement pour les conflits dans la famille - Coaching pour la Alyah - Choisir sa place dans le judaïsme, thérapie existentielle, etc.)

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