les désastres de la medisance, du colportage et du lachone hara

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Réflexions sur des faits de société

Projets communautaires
J'accuse! Histoire d'une communauté qui réinvente le lynchage moderne Poser votre question

JE SUIS BATHIA...



Bathia est une jeune femme de 32 ans qui vient de tromper son mari.

Bathia consulte, non pas un rabin, mais un thérapeute de couple religieux. Un thérapeute de couple parce que c'est la relation dans son couple qui a été touchée par son acte. Religieux, parce que Bathia vient d'une communauté orthodoxe et pense que le thérapeute doit connaître les valeurs de la Thora.

Une autre personne a également poussé Bathia à consulter: sa meilleure amie Shula. Shula perçoit que dans l'histoire de Bathia se joue plus qu'une histoire de "péché", plus qu'une "Avéra grave" ou, comme certains l'affirment, d'une "tare qui va s'inscrire dans l'âme" de Bathia, mais que cette histoire de tromperie c'est un peu l'histoire de l'espèce humaine, le miroir des faiblesses des hommes et des femmes et que Bathia, plus que tout, a besoin d'aide.

Il faut que je vous décrive Bathia: c'est une belle femme, elle a de la classe, quand elle marche dans les rues, c'est sur, tout le monde la remarque, paillotes ou pas, barbe ou pas, les hommes tournent leur regard vers elle: Dieu a créé là une bien belle créature. Si Bathia s'était contentée d'être belle: mais non!Bathia a aussi l'audace, bien que n'ayant pas fini le collège, d'être une jeune femme brillante, qui pige tout avec une rapidité remarquable.
Plus encore: Bathia est capable de créativité et de rebondir.

Elle ne se contente pas de comprendre ce qu'elle a fait, mais pourquoi elle l'a fait et comment elle en est arrivée là... Plus encore: Bathia veut devenir meilleure, elle veut réparer. Bathia veut comprendre, et Dieu lui a donné un cerveu pour le faire... Et elle comprend petit à petit ce qu'il lui est arrivé, mais aussi, que dans son drame, celui qu'elle aime c'est bien son mari.

Avec son thérapeute, Bathia analyse des photos et découvre pour la première fois le regard de Samuel, celui d'un homme amoureux; même après 13 ans de mariage, Samuel l'aime... comment ne l'avait elle pas vu se demande-t-elle. Bathia relit les textos de Samuel, et toute l'attention dont il était capable. Bathia prenait cela pour un comportement d'ado, ce qu'elle voulait elle c'est un homme un vrai un dur, un viril, à qui elle puisse sentir appartenir; quand Samuel lui demandait si elle voulait un gâteau pour le dessert, Bathia jugeait cela puéril, et Samuel baissait plus encore dans son estime.

Aujourd'hui, les petites attentions de Samuel, et les douceurs qu'il lui rapportait le soir, elle les trouve admirables, mais voilà... c'est trop tard.


Lorsque l'affaire éclate, c'est tout un processus qui s'enclenche, une procédure digne des films de cape et d'épée, l'épé surtout, avec la dignité de Zorro en moins.

Nous sommes 7 mois avant que tout soit découvert. Samuel commence par trouver que tous ces Whatsup et textos en pleine nuit c'est un peu exagéré. Bathia ne sait plus manger sans son portable à portée de main.

Ses photos sur Facebook sont de plus en plus suggestives, bouche botoxée, décolleté et robes courtes, perruque jusqu'aux reins... Bathia se montre et s'expose comme dans une galerie: la beauté de la femme est à l'intérieur dit-on, il semblerait bien que dans le monde entier, et les communautés juives ne sont pas en reste loin s'en faut, les femmes et les jeunes filles se montrent au dehors, et Bathia en fait partie.


Samuel est un homme réservé, il ne parle pas de ce qu'il vit, mais un jour, il se confie à un ami qui lui explique que c'est sa dignité d'homme qui est en jeu, et qu'il va lui-même surveiller sa femme et lui ramener des photos. Samuel n'a jamais réfléchi à tout cela, pour lui, le mariage c'était des sentiments beaux et purs, il ne connaît pas les journeaux"People", il ne comprend pas tout à fait ce que Moshé lui propose mais il dit oui... il dit oui comme il aurait pu dire "non" ou "peut être", il ne comprend pas à quoi il dit répond oui.

Comment en arrive-t-on à agir sans comprendre? Pour avoir un avis, il faut connaître le sujet dont on parle; pour rechercher une chose, il faut l'avoir connue, pour la reconnaître, il faut l'avoir vue. Or Samuel vient d'une famille où l'on n'a jamais parlé de ce genre de choses: les détectives privés, rechercher dans la vie et l'intimité des gens, chez lui, ce ne s'est jamais fait.
Et puis Moshé revient un jour avec des photos: on y voit Bathia belle et sexy riant avec d'autres hommes à une terrasse de café; Moshé qui est dans l'informatique, se, rend chez Samuel pour craker le code d'accès de sa boite email et y découvre les échanges entre Bathia et d'autres hommes.

Samuel est dévasté. Il va faire ce qu'aucun homme dans sa lignée n'a jamais fait: il va ouvrir un dossier de demande de divorce à la rabanout. Pour lui l'humiliation, la tristesse et la colère sont trop fortes, il ne peut pas s'imaginer continuer la vie commune avec Bathia. Il a acquis la certitude, grâce à son ami d'enfance Zalman, qui est comme un frère, que sa femme ne le mérite pas et qu'il doit la quitter.



Samuel est entouré de tous: il reçoit une quantité impressionnante de petits messages et d'appels téléphoniques pour lui signifier que toute la communauté est avec lui et le soutient. Son ami Zalman est enchanté des résultats, il a réussi à sauver l'honneur de son ami Samuel, les amis c'est fait pour ça, heureusement qu'ils existent.

Les appels que Samuel reçoit sont de plus en plus clairs: "t'as eu raison, c'est une nymphomane, une ------", "on est avec toi" "dégage- là"! "Tu comprends pas, elle changera jamais", "regarde comment elle s'habille, regarde comment elle drague les hommes, même ceux qui sont mariés"...
Les femmes s'en mêlent elles aussi: "ce n'est pas une Bat Israël", "c'est la honte de sa famille"... ses anciennes amies et compagnes de sorties lui tournent le dos, elles ne veulent surtout pas être assimilées à Bathia, qu'on la compare à elle... La communauté a enfin son bouc à envoyer à Azazel.


3 mois après la découverte de son infidélité, Bathia continue à avancer, à comprendre à se connaître, elle veut toujours reprendre la vie avec Samuel, car elle est certaine que c'est lui l'homme de sa vie, elle sait qu'elle l'aime. Elle a cessé d'écouter ce qu'on dit sur elle, elle se concentre sur sa vie, sur sa téchouva, elle est plus stable, plus réservée, elle a moins besoin de parler et de rendre des comptes aux personnes qui pavent l'enfer de leurs bonnes intentions, elle mûrit...

Samuel lui, continue à entendre déverser des horreurs sur sa femme et ne comprend pas qu'il s'agit aussi de la mère de ses enfants, les mots pleuvent tant qu'il est littéralement sous perfusion de lachon hara.

Le rav de la communauté est un homme bienveillant et chaleureux qui a compris que son rôle est bien de soutenir Bathia et non de la couler... mais ce n'est pas suffisant!




J'accuse des groupes communautaires de lynchage


Lynchage par la parole, par la médisance et par le voyeurisme.
J'accuse toute une communauté de se vautrer dans des histoires qui sont l'espace privé, le coeur et le corps de personnes qui ne leurs appartiennent pas, d'étaler et de diffuser des informations qu'aucune d'entre elles ne possèdent exactement. Ce que je viens de décrire porte un nom dans la Thora: le Znout. Ce comportement communautaire est du Znout pur et simple, en groupe et parfois même en "bande organisée".

J'accuse toute personne qui parle de Bathia, de son mari et de leurs familles respectives, de crime contre leur néchama et contre Dieu! Ce qui Lui a créer, vous vous permettez de risquer de le détruire:vous rendez-vous compte de cela? Pourquoi prenez-vous le risque qu'une de ces personnes, poussée à une honte qu'elle ne pourra plus jamais dissipée à cause de votre médisance, ne pense à sortir de cette vie... vous m'avez comprise.


J'accuse les rabanim

Je vous accuse de ne pas frapper fort sur la table et de ne pas exiger que vos ouailles se taisent.
Mais cela ne suffirait pas, l'affaire est tellement grave qu'une soirée d'étude de tikoun pour cette avéra immense devrait être décidée. Une soirée de Tikoun et de téchouva communautaire à laquelle toute personne qui n'a pas oeuvré pour que ces médisances ne soient pas diffusées, devraient participer car coupable et responsable, même si c'est de façon indirecte: en effet, il est toujours possible de détourner son regard et boucher ses oreilles quand on a pas le courage de parler.

Messieurs les rabanim, au temps du Beth Hamikdache, les guides spirituels savaient sermonner leurs communautés, c'est aussi cela votre rôle. Aujourd'hui, les mots softs, les explications qui tiennent compte de la psychologie de vos ouailles ne suffisent pas. Le bateau brûle, ne le voyez vous pas?

A quoi vous servent vos écoles, vos synagogues et vos institutions si vous ne soignez pas la gangrène qui sévit?
Nous sommes victimes en France de tout ce que les antisémites et anti sionistes disent sur nous les juifs et sur Israël, mais se pourrait il qu'il y ait un lien entre cela et ce que notre communauté fait?

Cette histoire est basée sur des faits réels; les lieux, les noms et les détails ont tous été changés.
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