Sexualité et judaïsme

Téchouva, kedoucha et sexualité

Je suis entoure de très bons rabanim très ouverts, mais je ne me sens pas à l’aise pour leur poser toutes les questions. Je suis ‘hozer bitchouva et marié depuis 15 ans, j’ai 4 enfants. Au début du mariage j’ai tout fait pour que mes rapports avec ma femme aient lieu dans la qedoucha, mais au final ça ne se passait pas super bien, ce n’était pas très fluide et ça frustrait ma femme. Finalement je me suis laissé aller à mes instincts et ça va beaucoup mieux, et ma femme est contente également. Mais j’ai des doutes s’il y a lieu d’être permissif comme nous le sommes, et c’est la dessus que portent mes questions:
On le fait sans couverture et en pleine lumière (pas très tsniout), et même de jour, ce qui, m’a-t-on m’a dit, était plus grave et on pratique différentes choses également. Je sens qu’il y a une partie de moi qui n’arrive pas à fonctionner sans se nourrir d’un peu d’animalité. Notamment je recherche les situations excitantes, et on le fait souvent ma femme et moi, chez sa famille le chabat, et chez sa mère, alors que celle-ci risque de monter à l’étage à tout moment (et cela est très excitant pour nous deux). Merci d’avance pour votre temps. Yochoua

Bonjour Yochoua

Vous posez de nombreuses questions, légitimes, intéressantes et fondamentales! Vous vous questionnez sur le cadre hala’hique de la sexualité, mais aussi finalement, sur le type de judaïsme que vous voulez vivre.

Des rabins ouverts

Vous dites que votre rabin est ouvert, et donc, qu’il a du vous donner des réponses satisfaisantes sauf si… et bien finalement il n’est pas si ouvert que vous l’auriez souhaité, et que cela ne vous a pas satisfait. Par ailleurs, sachez que dans les écrits, on trouve tout et son contraire: ainsi, le choul’han arou’h encense cet homme qui tremblait à chaque rapport de peur de faire une faute. A contrario,  la Guémarah rapporte l’histoire de ce sage qui déposait des pierres précieuses sur tout le corps de sa femme (tout) et allait les chercher avec sa bouche… vous avez ici une idée des différentes façons de définir une relation intime.

Sexualité et Kédoucha

Dans tous les domaines, le mieux est l’ennemi du bien, en religion aussi. Puisque vous vous tournez vers moi, je vous dirai que la Kédoucha est une affaire personnelle, et que les 2 seuls interdits sont « penser à une autre femme » que la votre, et risquer de « vous faire surprendre » (c’est pourquoi il est interdit d’avoir des rapports si une porte ne peut être verrouillée, le saviez-vous?), surtout si c’est par votre belle mère…

Risquer de se faire voir dans une affaire qui ne regarde que vous et votre épouse, cela porte un nom en psychologie: l’exhibitionnisme, et en hachkafa: le Znout.
Si le risque d’être observé est pour certains couples une façon de pimenter la vie sexuelle; cette pratique est à l’antipode de la Kédoucha, pour laquelle la concentration et l’exclusion totale et absolue du regard extérieur est vital. Pourquoi? Nos Sages répondent que celui qui regarde un couple dans l’intimité ne voit que l’extérieur, et n’a donc pas un bon champs de vision de ce qu’il se passe entre eux… Joli non?

Fantasme et prise de risque

La situation où vous êtes vu par un proche est votre fantasme à tous les deux,  vous êtes d’accord avec cela et personne n’a à vous comment fonctionne votre imagination et vos visualisations. Il est clair que la Thora considère qu’il est souhaitable que votre femme soit l’objet exclusif de vos fantasmes, et non que votre belle mère en fasse partie. Mais ici, il ne s’agit pas juste de penser qu’il y a un risque que votre belle mère vous voit dans le feu de l’action, il s’agit d’un risque véritable.

Vous, votre femme et votre belle mère

Et là, c’est la thérapeute qui va vous répondre.

Pour revenir à l’exhibitionnisme, voyons maintenant ce que signifie pouvoir « être vu » par votre belle mère… et du point de vue de votre femme, « être vue » par sa propre mère. Est-ce qu’il se joue ici un dialogue indirecte de votre épouse et sa mère au sujet de choses qu’elle-même n’aurait pas du voir étant petite. Et du coup, risquer de se faire prendre et surprendre par elle, reviendrait à poser à sa mère la question suivante: « maman, pourquoi faisais-tu ceci ou cela, avec papa ou monsieur Y, ou avec grand père, etc.« .

Pour vous-même, y a-t-il quelque chose de votre vécu que vous rappelle le fait d’être vu par une femme qui n’est pas la votre? Extérieure ou non à votre famille? Vous voyez Yochua, votre email comporte de nombreuses questions.

Vous me remerciez à l’avance pour le temps que je prends à vous répondre. Je l’ai pris pour vous encourager à approfondir tout cela en consultation. Malka

Les fantasmes sont-ils permis?

Dans les rapports sexuels vous dites qu’on doit diriger nos pensées vers le partenaire. J’ai consulté une sexologue qui m’a dit d’utiliser les fantasmes pour faire monter l’excitation. Elle suggérait aussi de faire des lectures érotiques. Quelle est la place des fantasmes dans la sexualité au regard du judaïsme? Sophia

D’après mes connaissances, le judaïsme encourage les partenaires à fantasmer sur le corps de leur conjoint, le plaisir et l’union qui se construit pendant la relation. Plus les pensées sont « ex centrées« , et moins il y a « concentration« . Or, la concentration, tout comme l’exclusivité dans la relation, sont les deux éléments qui définissent la Kédoucha (la sainteté). Alors oui, les fantasmes peuvent vous mener plus loin que les 2 m² de votre lit. La question qui se pose est de savoir si c’est bien là que vous voulez arriver.

En ce qui concerne les lectures érotiques, je vous ferai un » kal va’homer »: si les livres de cuisine nous aide à varier nos menus, pourquoi les lectures sur le comportement sexuelle ne nous aideraient pas à varier notre sexualité? Les sources qui donnent une définition de la Kedoucha, parlent de l’obligation d’être concentré sur ce que nous faisons, avec la personne avec laquelle cela se passe, c’est pourquoi on pourrait argumenter que les lectures nous en dévient.

Je ne pense pas, car la lecture permet l’imagination, et l’imagination permet le renouveau dans l’intimité conjugale (comme dans la pensée en général). Il n’en est pas de même des films dont les scènes, parfois violentes, s’impriment dans le cerveau, bloquant l’accès à l’imagination et à l’effort d’interprétation, figeant les partenaires dans une technique qui ne parlent pas d’eux- mêmes, mais de ceux dont ils auront regardé les ébats.
Et même de cela je ne suis pas certaine, car alors que dire à ces couples qui ne parviennent à avoir une sexualité ne serait- ce qu’à la condition de voir ces films… vous voyez, le débat n’est pas clos 🙂

Les rabbins, surtout les rabbins séfarades, parfois très ouverts en matière de sexualité, autorisent tout ce qui pourrait permettre aux couples de se retrouver et de s’aimer, quelque soit leur façon de s’aimer, et même si celle ci s’éloigne du concept de Kédoucha. Vous voyez ici que les fantasmes, comme toute pratique sexuelle, pourvu que les deux partenaires demeurent dans le respect des goûts et des besoin respectifs, sont permis. Maintenant, vous trouverez toujours des autorités pour vous dire le contraire et vous proposer une sexualité très sobre, pour ne pas dire réduite.

Avec tous mes vœux Sophia de réussite dans vos amours 🙂

Je n’arrive pas à me marier…

Shalom, ma question va paraître un peu osé mais cela fais longtemps que je voulais vous la poser!!! Alors voilà, j’ai 28 ans, assez religieux et je ne suis jamais sorti avec une fille. Je ne suis toujours pas marié, les chiddoukhim que j’ai fait n’ayant pas du tout été concluant… la déprime et la frustration commencent à me ronger. Alors ma question est simple mais elle simplement le reflet de ma détresse: est ce que j’ai le droit d’aller vois des femmes ?

Bonjour Arik

J’ai bien lu votre email et je vous félicite d’avoir posé cette question logique et intelligente. Vous êtes un jeune homme religieux et donc j’imagine que vous n’attendez pas de moi que je vous donne un réchout hala’hique. Je ne suis pas rav et je ne le ferai pas 🙂

La question que je me pose en tant que thérapeute serait plutôt « qu’est-ce qui ne va pas dans les rencontres que vous faites: choisissez- vous correctement ou acceptez- vous de rencontrer des jeunes femmes que l’on vous pousse à rencontrer mais que vous n’auriez pas choisies? Vous-même, savez-vous quel type de femme vous recherchez, ce que vous avez envie de donner dans un couple? Avez-vous envie de fonder une famille?
Il est possible et légitime de répondre oui ou non à chacune de ces questions, c’est de votre vie dont il s’agit pas de la mienne, pas de celle de votre mère, ni de votre rabin ni du pape: vous, que voulez-vous?

J’accompagne les personnes en recherche de conjoint justement pour les aider à répondre de façon authentique et loyale envers eux-mêmes. C’est une sorte de coaching au processus de rencontre. Je vous invite à prendre rendez- vous avec moi pour approfondir tout cela en consultation.

Ma femme ne veut pas faire l’amour avec moi

Ma femme ne veut plus faire l’amour avec moi. Nous nous disputons souvent pourtant on s’aime toujours. Nous sommes toujours tendre l’un envers l’autre; nous aimons nous caresser, nous toucher, nous embrasser, nous prendre la main. Que faire? Jérémie

Vous expliquez ce qu’il se passe entre votre femme et vous, et vous décrivez ce que vous avez observé:

  • elle ne veut plus faire l’amour avec vous
  • vous vous disputez souvent
  • vous vous aimez toujours
  • vous êtes toujours tendre l’un envers l’autre
  • vous aimez vous caresser, vous toucher, vous embrasser, vous prendre la main

Mais vous ne parlez à aucun moment de ce que vous ressentez, vous ne vous (me) posez pas la question sur ce qui a pu se passer entre vous deux pour aboutir à cela, ni comment vous gérez cette situation et votre frustration. Pas plus que vous ne faites part de ce que elle, elle ressent; vous ne mentionnez pas ce qu’elle dit, ni ce qu’elle propose, et comment elle envisage l’avenir avec vous si vous restez au stade d’une relation… adolescente.

Il est possible que quelque chose se soit passé entre vous, que vous n’avez pas vu, tout comme maintenant, vous ne voyez pas ce qu’il se passe dans la relation, dans le lien qui vous unit. Il est également possible que vous ne parliez pas assez ou que vous ne vous compreniez pas bien…

Je pense qu’il serait bon d’approfondir tous ces points, ensemble, vous et elle, et au besoin, si vous n’y parvenez pas, vous faire aider par un spécialiste de la relation de couple et conjugale.

Ma femme s’ennuie et moi je n’en peux plus

Nous sommes mariés depuis quelques années et je suis heureux avec mon épouse en général. Nous avons des enfants un peu dur (mais là n’est pas mon problème). Et je dit bien « mon » problème, car malheureusement je ne suis pas du tout satisfait sexuellement. Même si je sais que l’homme a besoin en moyenne plus de rapports sexuels que la femme, pour ma part je le vis très mal; ma femme ne vient jamais vers moi, cela vient toujours de moi j’essaye de lui faire des petites attentions ou de longs préliminaires. Rien n’y fait. Et même des pratiques que en général les femmes sont censée aimer, elle les repousse. Que dois-je faire y a-t-il un comportement à avoir ou dois-je vivre avec cette frustration toute ma vie!! Merci pour votre aide. Yossef Yts’hak

Vous désirez consulter parce qu’il vous semble que votre femme et vous n’êtes pas sur la même longueur d’onde au sujet de la fréquence des rapports sexuels; vous ressentez également la nécessité de parler de sa difficulté à exprimer le désir qu’elle a pour vous. Il vous semble que vous faites de nombreux efforts, mais que cela ne mène nulle part, vous êtes toujours celui qui initie l’intimité conjugale.

Tout d’abord je vous félicite d’avoir pris l’initiative d’en parler, car vous avez raison: la relation sexuelle est, comme l’expliquent nos ‘Ha’hamim et les professionnels de la psychologie, le fondement de la relation de couple; il n’est donc pas question de se contenter de quelque chose de médiocre.

En vérité il y a aurait plusieurs pôles de réflexion:

  1. il aurait fallu que je puisse parler à votre femme afin de comprendre ce qui la retient; est-ce que cela vient d’elle, de son histoire parle exemple, de la mauvaise façon dont elle a été préparé au mariage (c’est très souvent le cas), et alors on assiste à cette constatation terrible que les couples considèrent la sexualité comme quelque chose de ni très propre ni très kadoche… votre femme a très certainement besoin d’étudier en profondeur les sources de la Thora afin de débloquer ce coté-là pour commencer (pensez aux stages que je propose en Israël et en France (auxquels il est possible de s’associer par web cam pour ceux qui sont en ‘houl).
  2. il serait bon de voir si cela vient en partie de vous, et de la façon dont vous vous y prenez, même si vous faites des efforts; peut être que quelque chose la bloque? Vous dites que même ce qui est accepté par la majorité des femmes, elle ne veut pas en entendre parler… de quoi s’agît il exactement?
  3. vous parlez aussi de vos enfants, qui vous donnent des soucis… cela peut tarir le désir d’une femme quand la fatigue est à ce point, et du coup, il est important de s’interroger sur la cadences des naissances et l’état psychologique et physique de la maman.
    enfin, vous demandez si vous allez souffrir jusqu’à la fin de votre vie, ce n’est pas un attitude très ‘hassidique si je me souvient bien de mes cours de ‘hassidout, et je pense qu’il y a mieux à faire: consulter!

Vous voyez, il y a de nombreuses questions auxquelles je ne peux répondre qu’en consultation… Le mieux étant de vous entendre en séance chacun de votre coté, puis au moins une fois ensemble.

Vous pouvez parler de tout cela avec elle, ou préparer auparavant cette conversation avec moi. Il est bien possible qu’à l’issue de cela, elle ait envie de s’ouvrir et de consulter, ce qui a toujours pour effet de rapprochez les époux.
Si vous vivez en France, vous pouvez consulter par téléphone ou sur chat room ou par web cam. Si vous êtes en Israël, je consulte en face à face, à Jérusalem et à ‘Hadéra.

Je n’ai pas envie d’aller vers mon mari

Voilà j’ai la chance d’avoir un mari avec qui je m’entends bien sexuellement mais mon problème c’est que j ai été victime d’attouchements à l’âge de 6 ans, puis, 2 ans plus tard, mon frère a abusé de moi. Depuis que je suis mariée, je suis toujours retissante à avoir une relation sexuelle avec mon mari: je n’arrive pas à aller vers lui, je préfère dormir; alors je culpabilise car cela peine mon mari, mais je n’arrive pas à me faire violence. Que me conseillez-vous de faire? Karine

Bonjour Karine

Vous expliquez que vous avez du mal à faire le premier pas. Exprimer votre désir n’est ni naturel ni facile. Le blocage est peut-être à plusieurs niveaux; je vais en développer quelque-uns et vous invite à y réfléchir et vérifier ce qu’il en est vraiment:

  • vous n’êtes peut-être pas assez à l’écoute de vos émotions ni de votre corps; vous ne savez pas repérer votre désir ou votre besoin de rapprochement, de tendresse, de lien et d’intimité sexuelle qui existe pourtant bel et bien.
  • vous ne prenez sans doute pas assez le temps d’être à l’écoute de votre mari et de repérer les signaux qu’ils vous envoie lorsqu’il est en demande, si bien que c’est toujours lui qui doit faire le premier pas (ou quand vous les avez repérés, vous n’en faites rien).
  • vous dites que vous préférez dormir, ce qui est une activité solitaire qui ne nourrit pas le lien entre vous et lui; il peut vivre tout cela comme un rejet ou un manque d’amour quand bien-même il connaît votre blocage: il y a un jour ou la connaissance du problème ne suffit plus: il faut le résoudre.

La sexualité est la base de la relation de couple: elle seule permet de renforcer de cette façon si particulière le lien qui unit le couple: (lire le dossier « Chalom Bait »). Mais savoir cela, n’est pas tout: la connaissance ne permet en général pas de changer les choses malheureusement. Lorsque des faits graves ont été subits, agressions sexuelles et viol, pendant l’enfance en particulier, cela rend les choses encore plus sensibles et la blessure est encore plus profonde. Pour cela, il n’y a d’autre solution que de consulter: seul le travail thérapeutique peut réparer et panser les blessures.

Dans votre mail Karine vous dites culpabiliser et ne pas réussir à vous faire violence: prenez conscience de cette expression que vous employez: vous ne dites pas « je n’arrive pas à trouver une façon de régler ma difficulté » ou « je ne sais pas comment m’y prendre »: vous vous servez des même mots que ceux qui décrivent ce que vous avez subit: la violence. Vous avez subit la violence et aujourd’hui, il vous semble que c’est par elle que viendra la solution: pas étonnant que vous préfériez dormir.

Vous me demandez que faire Karine, et bien, pour toutes ces raisons que je viens d’énumérer, je vous conseillerais de consulter afin de vous occuper de votre souffrance et permettre aux sentiments que vous avez l’un pour l’autre de s’exprimer librement et sans heurts.

En vous souhaitant bon courage et Hatsla’ha.

Un article de Malka Barneron. (Madéhat Néssoua - Thérapeute de couple - Accompagnement pour les conflits dans la famille - Coaching pour la Alyah - Choisir sa place dans le judaïsme)

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