Rôle du Rabbin : fonctions et limites absolues

Pérennité du peuple juif

De tous temps, le peuple juif a maintenu sa tradition par l’enseignement des Sages et des rabbins. Partout où ils ont trouvé refuge, les juifs ont su garder leurs traditions, leurs valeurs, leurs idéaux et leur foi. Si les coutumes varient d’un pays à l’autre, d’une communauté ashkénaze aux communautés séfarades, sfardes, ‘hassidiques, lituaniennes, les principes de bases sont identiques depuis Matane Thora. Ils n’ont pas bougé d’un iota aux cours des millénaires ni au cours des pérégrinations du peuple juif. Le rôle du rabbin sera d’intégrer les nouvelles situations créées par les découvertes scientifiques, économiques, militaires, sociologiques, psychologiques, etc. au valeurs du judaïsme.

Par exemple, si chaque communauté a sa recette de la dafina ou du tcholent (plat de Chabbat typique), toutes affirment la sainteté du Chabbat et aucune ne le remet en cause. Le judaïsme ne prend pas position sur les seules affaires économiques, scientifiques ou autres, il définit également les bases de la famille et du couple juifs. L’ensemble de ces commentaires et réflexions est enseigné dans les séminaires rabbiniques, encore appelés Yéchivot, où sera formé le futur rabbin.

Œuvrer pour l’épanouissement de l’être humain

Le principe de « guérison » dans la Torah est capital : un juif ne peut se réaliser pleinement que dans la mesure où ses besoins fondamentaux lui sont acquis: nourriture, vêtements, éducation, enfants. Et bien entendu le chalom baït et ce qui l’y conduit : une relation forte et épanouissante au sein de son couple, une sexualité et un développement personnel satisfaisant. L’homme est un tout formé de dimensions spirituelles, physiques, intellectuelles et psychologiques destinées à faire de lui un homme heureux et sain.  Un homme qui pourra servir son créateur « dans toutes ses voies » et devenir partenaire de D.ieu tout au long de sa vie (puisque c’est une des raisons pour laquelle il a été créé). Le rôle du rabbin est de diriger sa communauté dans ce sens. Pour ce faire, quand le cas se présentera, il devra rediriger vers des spécialistes des relations familiale et conjugale et de la communication.

Les rabbins aussi se spécialisent

Le rabbin est le guide spirituel d’une communauté. Il répond aux questions qui lui sont posées sur des sujets extrêmement variés. C’est son privilège, et c’est sa fonction : il est en formation permanente! Tout comme la plupart des branches professionnelles, de nombreux rabbins sont amenés à se spécialiser. Ainsi dans le domaine des conflits et difficultés conjugales, le rabbin de communauté s’intéresse à la psychologie humaine et aux différentes thérapies individuelle, de couple et familiale.

Tous ont mené des réflexions personnelles en la matière, mais certains ont reçu une formation, bien trop peu, et une expérience, pas toujours, qui leur permet d’allier la connaissance de la Torah avec les méthodes de développement personnel. On compte un ou deux rabbins en France qui se sont formés. Comme toujours, Israel et les USA ont une génération d’avance sur nous.

Le rabbin est dans beaucoup de communautés, la première personne que l’on va voir pour se confier lorsqu’ apparaissent des difficultés dans le couple ou dans la famille. La rabbin enseignera le point de vue de la Torah, donnera des éléments de réflexions, des suggestions, des conseils. Si le conflit s’installe, si les protagonistes ne s’en sortent pas, il sera nécessaire de consulter un professionnel de l’écoute qui poursuivra sur le plan psychologique, le travail effectué par le rabbin sur le plan spirituel et religieux. Il est clair que le rabbin n’est en aucun cas un profesionnel de la relation de couple.

A quelles questions un rabbin peut-il répondre?

Culture générale d’un rabbin

On a envie de répondre (humour juif oblige): « à quelle question il ne répond-il pas »! Le rabbin peut donner des réponses sur un nombre impressionnant de sujets. En effet, le judaïsme s’intéresse à tous les domaines, et recherche dans chacun d’eux, l’aspect qui lui permettra de réaliser le but de la création en général, et du rôle qu’y jouent l’homme et la femme en particulier.

Différentes façons de répondre

La méthode de spéculation et d’interprétation dans un domaine, ce qui constitue le fondement de la pensée juive, est multiple et variée. Selon que l’on opte pour telle ou telle méthode de réflexion, les pôles de recherche ainsi que les découvertes seront différents. Un rabbin de tendance ‘hassidique donnera une réponse dans certains domaines différente qu’un rabbin lituanien ou séfarade, etc. Ainsi est illustré l’enseignement de nos Sages: « il y a 70 facettes à la Torah« . Personne ne détient la vérité, et tous en détiennent une partie. C’est ce qui explique aussi que tous les rabbins ne donnent pas toujours les mêmes réponses 🙂

Une personne, une réponse

Ce point est encore renforcé par un autre principe fondamental : chaque être humain est unique, et son action dans le monde est unique. Ce qui convient à l’un est peut-être ce qui détruira l’autre. Chaque conseil est donc personnalisé et en matière de travail thérapeutique, la personne en souffrance demandera à son rabbin ce que le judaïsme recommande.

En général, le rabbin encouragera l’homme et la femme juifs à reprendre contact avec ses racines, car cette rencontre est une condition obligatoire pour se positionner dans le monde, se sentir une place quelque part, une raison d’être. Tous les psychologues à l’heure actuelle invitent leurs patients à intégrer leur groupe humain d’appartenance afin de s’inscrire dans leur histoire. Pour les juifs, ce sera connaître l’héritage spirituel et culturel, prendre conscience du lien qui lie chacun au Peuple juif, à sa Loi et à sa Terre, qui sont les 3 fondements de son être profond.

Dans tous les cas où une question hala’hique ** survient- comme lors d’un divorce particulièrement difficile- la présence et les conseils du rabbin s’avéreront indispensables. Il est à encourager les rabbins de travailler en tandem avec ces professionnels de la famille et de la communication. Je considère pour ma part qu’il devrait être interdit que toute affaire familiale soit traitée sans leur présence.

Formation et admission

Tout le monde a la possibilité de commencer à étudier la Torah, quelque soit son âge, quelque soit son niveau de départ. Le « Schéma Israël la prière juive la plus connuel, en fait même un devoir. La « Smi’ha », l’ordonnance rabbinique, s’obtient dans des écoles rabbiniques ou dans des Yéchivot une fois certains cycles d’études terminés. A chaque sujet d’étude est associé une Smi’ha , un peu comme une spécialité. Le diplôme est donné par un rabbin réputé et reconnu d’Israël ou de la Gola* dans le sujet que l’élève aura approfondi.

Le diplôme de « dayanout », niveau d’études supérieur, est obtenu après 5 à 10 ans d’études et sanctionne un immense savoir. Le « Dayan » a passé une Smi’ha dans tous les domaines de la loi juive.

Le rabbin est-il un thérapeute de couple

Analyse et commentaires du texte du consistoire

Je pensais avoir tout vu en matière d’ingérence dans la vie communautaire et terrible responsabilité, mais là c’est trop! Voici une partie du texte du rabbin Malka sur le site du consistoire de Paris, puis copié-collé sur le site du rabbinat de Marseille.
Avant d’analyser ce texte, précisons que les conséquences pour un organisme du niveau du consistoire, de donner du crédit à cet article sont véritablement terribles: comment le judaïsme en général, et le judaïsme français en particulier, peut-il être pris au sérieux, et les compétences et connaissances de ses rabbanim reconnues, quand une énormité pareille circule sur son site officiel?

Le message du consistoire

1. « Tout couple n’est pas à l’abri de problèmes relationnels. Comment éviter les conflits, voire les divorces qui ont une incidence très forte sur le bien-être des enfants et la santé mentale des parents ? »

Santé mentale! Rien que cela? Qui est son auteur pour établir un diagnostic médical (il faut quand même 10 ans d’études pour avoir l’autorisation de discourir sur la santé mentale de quelqu’un). Si ce n’était qu’une mauvaise utilisation de la langue française je ne serais pas à ce point outrée. Le sens de cette phrase pose en certitude que le divorce peut avoir des effets sur la santé mentale d’un couple et de toute une famille. Son auteur n’ajoute rien d’autre: la phrase s’arrête là!

Divorcer est souvent un drame qui peut plonger couple et enfants dans une souffrance et une terreur parfois inouïe, oui… Mais de rester en souffrance avec un conjoint qui témoigne de troubles du comportement patents, vivre avec une personne que l’on arrive décidément plus à aimer, qui vous aliène et dont la vie au quotidien vous fait perdre notre élan vital, ne risquent-ils pas d’entraîner ce même couple et ses enfants dans une vie de douleur et les rendre fous? Vous n’en parlez pas dans votre article: pourquoi?

Impasse terrible et coupable

Qui êtes-vous monsieur et quel risque effrayant vous prenez en osant ainsi culpabiliser les couples qui viennent voir un rabbin du consistoire parce qu’ils ne s’entendent plus. Quelle responsabilité vous portez quand, à cause de vous, et parce qu’ils vous auront fait confiance, ces couples n’iront pas consulter des personnes qui, elles, pourront véritablement les aider, (et pour commencer à entendre leur souffrance, ce que vous ne faites pas).

2. Pourquoi ne pas mettre toutes les chances du côté de la réussite du couple et venir consulter un Rabbin qui, en jouant le rôle d’un véritable conseiller conjugal, aidera à faire revenir le Chalom Baït (l’harmonie dans le couple), grâce à la richesse et à la sagesse des Textes de la Torah.

Le rabbin thérapeute: entre psy et rabbin: chacun sa placeEt bien vous ne manquez pas d’air! Comment pouvez-vous penser qu’un rabbin peut remplacer un professionnel ? Vous-même, quel sorte de travail personnel avez-vous fait sur vous-même pour parler du lien du mariage en terme si réducteur? Comment osez-vous poser un psoul (invalidité) sur les couples qui veulent divorcer ?!

Que savez-vous du conseil conjugal pour utiliser ce nom et vous l’approprier! Et que savez-vous de la vie conjugale des rabbanim qui malgré la Thora (parce que ce n’est pas Sa fonction) connaissent eux aussi nombre de divorces dans leurs rangs. Les femmes de rabbins consultent en secret et sont, elles aussi, sous anti dépresseurs.

Représentation pitoyable du judaïsme français

Quel judaïsme donnez-vous à montrer aux juifs de France et aux français non juifs, et comment pouvez-vous prétendre à faire la différence avec ce qu’il se passe dans d’autres religions?! Si peu d’humilité monsieur, si peu de connaissances et de cadre professionnel vous font décidément porter une lourde responsabilité.

Je n’ai aucun doute que votre texte n’a pas été validé par de plus hautes instances que vous au consistoire, et j’espère que votre texte n’aura pas jeté le discrédit sur tout le travail remarquable effectuée par cette noble institution. Mais de grâce messieurs du consistoire, filtrez votre webmaster!

3. Ainsi tout mettre en œuvre pour éviter un divorce avec son cortège de peines, de difficultés et de désillusions. « D… fait précéder la solution avant le problème ». Ayons cette sagesse de consulter avant l’irrémédiable!!

Tout mettre en œuvre oui, à commencer par fournir à la communauté des cadres qui n’ont pas vos critères pour s’occuper de la communauté. D.ieu nous a donné la sagesse, certes, mais elle n’est pas passée par votre conception du rôle du rabbin.

* les juifs de gola sont les juifs qui ne vivent pas en Israël
** concernant la loi juive codifiée

Consulter… Vous utilisez le terme consulter?!

Non monsieur, vous vous ne consultez pas, vous usurpez un titre et un travail thérapeutique dont vous ne connaissez pas la définition à l’évidence. Un retrait de ce texte sur le site du consistoire me semblerait un désaveu suffisant.

2019 : quelques années plus tard, la page a disparue du site du consistoire, et on est encore loin de la définition de la sainteté n’est-elle pas « la bonne chose au bon endroit au bon moment avec la bonne personne »?

Le rabbinat outrepasse ses domaines de compétences !!!

On peut voir sur le site du consitoire : « Que fait le Consistoire pour aider les couples juifs ?
Pour aider au chalom baït, le Consistoire a mis en place une cellule de dialogue dans laquelle un rabbin joue le rôle d’un véritable conseiller conjugal. Car aucun couple n’est à l’abri de problèmes relationnels. Comment éviter les conflits, voire les divorces, qui ont une incidence très forte sur le bien-être et l’équilibre des enfants et la santé mentale et affective des parents. »

Je ne sais pas quoi dire, je suis atterrée…

Un article de Malka Barneron. (Madéhat Néssoua - Thérapeute de couple - Accompagnement pour les conflits dans la famille - Coaching pour la Alyah - Choisir sa place dans le judaïsme, thérapie existentielle, etc.)

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