En union libre ou en couple non mariés : le Mikvé est pour vous aussi!

En couple mais non mariés : le mikvé vous concerne!

A la demande de nombreuses personnes, je me décide à écrire sur ce sujet brûlant. La crainte des rabbanim qu’il soit être diffusé est grande, mais peut se comprendre. Je précise que j’ai obtenu la recommandation et l’encouragement de diffusion de rabbanim haut placés, ma démarche n’est donc pas à contre courant. Nous allons voir pourquoi, et pourquoi il peut se comprendre aussi, de choisir d’en parler malgré tout.

Le mikvé: socle et sainteté du peuple juif

Le mikvé: garant de la pureté familialeLe peuple juif à du, depuis des millénaires, faire face à l’assimilation, tragique à tous égards parce que menaçant son existence même. Le mariage juif est, a n’en pas douter la clef contre l’assimilation, mais il n’est pas le seul. Le mikvé, qui maintient la sainteté dans le couple et dans le peuple, est le commandement le plus sacré, plus encore que le respect de Kippour, plus encore que celui de chabbat ou de la cacherout. Il est écrit que construire un mikvé est la première chose qu’une communauté doit faire, avant les maisons d’étude, les synagogues ou les écoles.

Qui pratique le mikvé, et qui non?

Assimilation galopante

Où en sommes-nous de la pratique des lois de Nidah en général, et de celle du mikvé en particulier? En hausse dans les communauté religieuses et traditionalistes, en chute libre chez les couples ayant des relations sexuelles en dehors du mariage et qui ne veulent pas se marier pendant une certaine période ou pas du tout, qu’ils soient religieux ou non.

Or, une croyance non démentie dans le monde juif consiste à penser que le mikvé ne s’adresse qu’aux femmes mariées: c’est faux! Le compte des jours de règles, celui des 7 jours sans règles, la préparation au mikvé, la vérification et l’immersion (les 5 phases obligatoires permettant de faire un mikvé cacher) n’est pas dépendante du mariage religieux.

L’interdiction de fond

L’interdiction n’est pas tant d’avoir des relations sexuelles hors mariage que d’avoir des relations avec une femme Nidah! Ainsi, il en découle qu’une femme doit aller au mikvé qu’elle soit mariée… ou non. Cette vérité est bien connue des rabanim qui ont suffisamment étudié, mais elle ne l’est pas ni des Madréhot Kalot (préparatrice au mariage religieux) et encore moins de balaniot (surveillantes au mikvé) qui continuent à interdire l’accès au mikvé des femmes non mariées et de celle qui souhaitent s’immerger pour d’autres raisons que hala’hiques.

Une Mitsva non révélée, souvent empêchée, pourquoi?

La mitsva du mikvéa pour les couple non mariésSi cette permission (et recommandation) est si claire, pourquoi son existence n’est pas diffusée? Parmi toutes les raisons, en voici quelques unes:

1) parce que il y a ici une crainte que le mariage, qui se nomme kidouchim, et que l’on pourrait traduire par « porte pour la sainteté et la force du couple », ne soit délaissé, et que son importance s’en trouve fortement diluée.

 

Crainte, frilosité ou manque d’initiative?

Cela est peut-être vrai pour certaines personnes qui de toute façon ne veulent pas d’engagement. Cependant, encourager le mikvé chez les couples non mariés à peu de chance d’éloigner ceux qui croient déjà dans la valeur du mariage en général, et dans la valeur du mariage religieux en particulier.

2) parce que les personnes qui s’occupent des lois de Nidah, ne connaissent pas cet aspect des lois de Nidah

3) parce qu’elles considèrent que cette information n’est pas à diffuser, mais qu’elle se dit au cas par cas (la même attitude s’observe pour la diffusion des sources sur la sexualité). En défendant cette opinion, leur intention est certainement de préserver une certaine vision de « l’esprit de la Thora » et de préserver la (leur?) Thora. Et pourtant, cette approche empêche le plus grand nombre de bénéficier d’une information de la plus haute importance; il me semble qu’il s’agit ici ni plus ni moins d’une rétention d’information coupable.

Et si la responsable du mikvé m’empêche d’entrer et de me tremper, que dois je faire?

Je veux avant de répondre à cette question, rappeler combien les balaniot sont des femmes admirables et pour lesquelles la sainteté du peuple juif est une priorité absolue. Comme pour toute profession et spécialisation professionnelle, être balanit ne s’invente pas. Grâce à D.ieu, de nombreuses formations sont organisées dans le monde francophone afin de former les surveillantes des mikvés. Nous allons donc partir de cette certitude qu’elles sont toutes bien intentionnées.

Cependant, certaines ne sont pas tout à fait formées et, voulant défendre le mariage juif, elles pensent devoir refuser l’accès au mikvé des femmes non mariées.

C’est une erreur, et une interdiction absolue. Il est de leur obligation de laisser se tremper toute femme qui le désire, avec l’obligation de ne jamais vérifier le compte effectué par la femme, la façon dont elle s’est préparer, kal va’homer si elle est mariée si celle-ci ne le demande pas (elle peut bien sur avec une infinie délicatesse le proposer si elle connaît la femme et sait que celle-ci est ouverte à apprendre). Je connais personnellement des femmes qui ont tout lâché après s’être vues refusé l’accès au mikvé. Qui veut prendre sur lui une telle responsabilité?!

Si malgré vos (gentilles et respectueuses) protestations, la balanit continuait de vous barrer l’entrée au mikvé, demandez à appeler le rav responsable du mikvé, et si celui-ci ne le veut pas, le Dayan de la ville. Dans tous les cas de figure, proposez de vous tremper sans faire de bénédiction, mais avec surveillance, cela devrait calmer les ardeurs.

Si malgré tout il y a refus, n’abdiquez pas, il en va de la pureté de votre couple et de votre désir de vous rapprocher du judaïsme, cette mitsva est aussi la votre!!

Concrètement que dois-je faire?

Rien de plus facile. Voici en ultra résumé ce que vous devez faire pour respecter les lois de Nidah

Bien sur, je vous invite à approfondir, vérifier, participer à des groupes d’étude ou vous offrir une formation sur le mikvé via skype avec moi.  A tout moment, n’hésitez pas à me rejoindre sur la chat room pour me poser vos questions gratuitement, c’est le but de ce site que d’encourager la pratique du mikvé.

1) Repérez la fin de vos règles

Comptez 5 jours des règles minimum

2) Rinçage interne

A la fin du dernier jour des règles, rincez l’intérieur du vagin avec le pommeau de douche et à l’extérieur de la zone génitale.

3 ) Vérifier l’arrêt complet de saignement

Faites une vérification interne (quand vous voulez dans la journée mais avant la fin d’après midi) de la façon suivante:

a. enroulez autour de votre index un tissus blanc propre, doux et fin, en coton, puis en posant un pied sur le rebord de la baignoire ou des toilettes, pénétrez l’index enroulé du tissus à l’intérieur du vagin, jusqu’au col de l’utérus.

b. Tourner dans un sens puis dans un autre puis retirer doucement le tissu
c. S’il est sans tache, refaites cette vérification le lendemain matin. Comptez ce jour comme le 1er des 7 jours de vérification. Refaites une dernière vérification le 7ème jour (quand vous voulez dans la journée mais avant la fin d’après-midi).

4) Lavez-vous à fond

Prenez un bon bain en nettoyant toutes les parties du corps

5) Rendez-vous au mikvé!

N’oubliez pas de chercher où se trouve le mikvé le plus proche de chez vous et prendre rendez-vous!

Un article de Malka Barneron. (Madéhat Néssoua - Thérapeute de couple - Accompagnement pour les conflits dans la famille - Coaching pour la Alyah - Choisir sa place dans le judaïsme)

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