Interview sur le Conseil Conjugal
Interview par une étudiante de l'Université
Paul Valéry de Montpellier dans le cadre d'une
réflexion sur le conseil conjugal.
1. Malka Bar Neron, vous êtes
conseillère conjugale, comment avez-vous accédé
à cette profession?
Comme de très nombreux conseillers conjugaux
et familiaux, j'ai toujours été sollicitée
par mes amis, mes proches, et spontanément
les nouvelles personnes que je rencontrai. J'avais
apparemment une bonne écoute, et mes conseils
plaisaient. Puis un jour, j'ai répondu à
une question qu'un des conjoints d'un couple me posait,
et ma réponse a été totalement
inadaptée
Cette expérience me
troubla suffisamment pour me faire réaliser
que le bénévolat et les bonnes intentions,
c'était bien, mais que le professionnalisme,
c'était beaucoup mieux. C'est ainsi que j'ai
commencé une série de stages, diplôme
à la fac de Paris VIII, et bien entendu ma
thérapie de couple et personnelle.
2. Qu'est-ce qui vous paraît intéressant
dans l'exercice de ce métier?
Ce qui me paraît le plus intéressant,
ce sont les outils que l'on met à disposition
des couples afin de les aider à améliorer
leur relation. Il s'agit la plupart du temps d'une
véritable métamorphose, la découverte
fondamentale que les relations entre les individus
font l'objet d'un apprentissage au même titre
que la conduite ou la cuisine. Être à
la fois un acteur et un spectateur de leur épanouissement
est ce qu'il y a de plus intéressant.
3. Y- a- t'il des astreintes? Si oui,
lesquelles?
Pour moi, il s'agit de faire en permanence attention
à conseiller le moins possible ! En effet,
le conseiller conjugal aide à comprendre ce
qu'il se passe dans le couple, à trouver ses
propres solutions ; pour cela, il donne des outils
de travail. Il recherche le potentiel du couple, éveille
ses talents, propose ce qui peut être amélioré.
Il est un découvreur de génie, de leur
génie
L'astreinte est de laisser le temps au couple de découvrir
son potentiel, sans brûler les étapes.
4. Que faut-il savoir-faire?
Il faut savoir surtout faire 2 choses :
1. Écouter : écouter vraiment, entrer
dans l'histoire de l'autre, mettre en action de façon
soutenue ce que j'appelle "ma neutralité
bienveillante".
2. Rester à l'écoute de moi-même,
afin de savoir ce que déclenche et réveille
en moi les sentiments et les émotions des couples
qui me consultent. Car si je ne suis pas en contact
avec moi-même, je ne peux être en contact
avec eux.
5. Quelles qualités personnelles
sont nécessaires?
Je dirai à la fois la modestie, et l'ambition
: la modestie de n'être qu'un outil pour le
couple, de ne pas être un sauveur. L'ambition
de faire ces deux choses parfaitement et d'y travailler
par le biais de ma formation continue en supervision
car j'ai moi aussi besoin de me remettre en question
pour avancer et faire avancer.
6. Quels sont les problèmes
que vous avez à régler? (inhabituels
par exemple)
La plupart du temps, j'interviens pour des problèmes
de communication.
Les conjoints ne parlent pas le même langage
et ne se comprennent pas. Mais surtout, ils ne s'imaginent
pas qu'ils ont une part de responsabilité ou
plus exactement un rôle dans la mauvaise relation
qu'ils entretiennent avec leur conjoint. Les problèmes
de violences conjugales sont les plus frustrants car
ils débouchent rarement sur une thérapie
qui elle seule pourrait aider le couple. Celui qui
est frappé vient se plaindre, puis dépense
toute son énergie à trouver à
son conjoint des circonstances atténuantes,
ce qui lui permet en retour de continuer. C'est un
cercle qu'il est très difficile de briser.
7. Quelle est l'évolution actuelle
du métier?
Les métiers de l'écoute et du soutien
psychologique passeront certainement par Internet.
Je me suis rendu compte que la vie actuelle laissait
peu de temps libre aux couples, particulièrement
lorsque les deux travaillent et qu'il faut cumuler
une vie professionnelle, de couple et familiale. Ce
problème de temps incompressible m'a fait réaliser
qu'il serait souhaitable de proposer des consultations
à n'importe quel moment de la journée,
le soir, et le dimanche.
Par ailleurs, nombre de personnes n'ont pas les moyens
d'entamer une psychothérapie. Par contre, une
grande partie des personnes en difficultés
se suffiraient d'un petit nombre de séances
pour redonner du tonus à leur couple. Il fallait
donc trouver une formule qui permette de ne pas se
déplacer et de consulter quand cela leur convient.
Au vu de ces deux données, j'ai créé
un site Internet de consultations en conseil conjugal
et soutien psychologique, pour l'instant par chat-room,
bientôt par téléphone, email ou
web cam.
Nous sommes une équipe de professionnels de
l'écoute qui intègrent ce type de consultation
dans notre agenda, selon nos disponibilités.
C'est ainsi qu' ecoute-psy.com est né, il y
a quelques mois.
Il a d'ailleurs déjà été
primé par le journal "Best on Web"
pour sa qualité graphique, ergonomique et pour
l'originalité du projet.