Religion, adolescence et tenues vestimentaire

Accueil - Contact - Newsletter - Qui consulter
Consultations en Israël: 052 51 96 634 - En France: 01 75 43 97 48

Page d'accueil du site ecoute-juive.com

Les relations familiales

Respecter nos enfants et mériter la bra'ha - Poser votre question


Petites phrases assassines: témoignage de Jessica

Bonjour! J'ai besoin de parler avec quelqu'un de ce qui s'est passé dans ma famille cette semaine. Voilà: ma jeune fille Dvora de 15 ans décida, auprès plusieurs mois de résistance aux cours de judaïsme du chabbat, de se laisser convaincre par ses copines de retourner en écouter un.

Vous connaissez les ados et leur appréciation de ce qui s'appelle "une jupe au dessous du genoux", vous savez, quand votre fille qui vous assure avec aplomb "mais si maman, quand je m'assoie c'est Okayy j'te dis!! "... (Ha bon, la votre n'aime que les robes qui arrivent aux chevilles? Bon... ça existe encore, b"h).


Nous ne sommes pas toujours d'accord avec les goûts vestimentaires de nos filles, mais il y a des limites à tout: avant le début du cours donné par son mari, la femme qui recevait s'exclama devant toutes les personnes présentes: "baisse ta jupe, mon mari ne peut pas commencer son cours"... Dvora se trouva prise entre l'envie de pleurer et celle de fuir.

Si, à la maison, nous n'avions pas l'habitude de dialoguer, je n'aurai jamais entendu parler cette histoire; et du coup, je n'aurais pas pu parlé avec elle de ce qu'elle avait pu ressentir, en tant que jeune fille, et vis à vis du monde religieux dont elle avait déjà commencé à s'éloigner l'année précédente, lorsque la directrice de son école avait dit à son amie présente à ses coté, et en jupe trop courte, qu'elle ressemblait à une "Bat zona", en plein réfectoire...

Ma fille aînée avait déjà subit pour sa part dans son école des années de traque de la surveillante qui accueillait le matin les élèves avec un double décimètre, non pas pour mesurer l'espace compris entre les genoux et la jupe, mais la dimension de la fente. Qu'en pensez-vous? Jessica

Chère Jessica
Je vais répondre à votre témoignage sur plusieurs points


1) Psychologie de l'adolescence

Il est bien certain que ce que vous racontez illustre la monstrueuse avéra de faire honte en public; et ceci est encore plus grave quand il s'agit d'adolescents.

La tenue vestimentaire correspond à l'image que l'on se fait de soi, et, pendant l'adolescence, elle est souvent floue et déformée. Or, c'est pendant l'adolescence que se forme aussi l'estime de soi et la future fierté de devenir une femme. Pour obtenir confirmation qu'elle est belle et désirable, la jeune fille est très tentée de se "faire voir": l'action de "se montrer", confirme qu'elle est une femme normale et qu'elle est aimable, au sens propre du terme.
Ce n'est pas tout de suite que l'adolescente comprend qu'il n'est pas nécessaire d'exposer certaines parties de son corps pour être reconnue et que rester discrète correspond à un véritable respect de soi et envers les autres.
La notion de ce qu'elle provoque chez les hommes en particulier, si elle est une grande question pour elle, est très mal appréhendée: elle ne sait pas de façon précise ce qu'il se passe chez l'autre quand elle est regardée. A cette étape de son développement corporel et affectif, elle est fragile, et il suffit d'une parole pour la désespérer et la plonger dans une très grande tristesse. Cela est encore plus vrai quand c'est un adulte qui la déprécie. Parfois, les paroles ont l'effet d'une véritable violence: elle se sent salie, agressée et maltraitée.

2) Focus sur des personnes "gass" et primaires

Les paroles de ces personnes, sensées être des keter Torah, peuvent générer chez nos ados la conviction que "être religieux c'est être brutal", c'est éclater son mépris sans contrôle de soi et c'est se permettre d’abîmer sans aucune retenue des nechamot juives qui auront eu le malheur de leur déplaire.
Je travaille depuis des mois avec des adolescents en rupture de judaïsme et de famille à cause de situations comme celles-ci. Et c'est toujours avec une grande tristesse que j'écoute de tels témoignages.


3) Illustration d'un manque évident de respect

Un autre point me semble également dramatique: c'est que ce regard malveillant sur votre fille témoigne du manque de compréhension que personne ne connaît la valeur des gens, et qu'il est loin d'être certain que Dieu chérit en premier celles qui ne portent pas des robes courtes!
Il est presque toujours vérifié que se permettre d'être méprisant envers les personnes moins engagées dans le judaïsme que soi détruit la couronne du judaïsme, et que l'on aura beau diffuser celui-ci, rien ne force plus l'admiration qu'une personne noble qui sait voir dans toute personne le bon et le beau et sait la respecter. Il est clair que cette femme en est loin.

3) Importance pour les parents de soutenir leur enfant

Malgré tout, je me réjouis que vous et votre fille ayez pu parler, et que vous l'avez assurée que l'on trouve aussi dans le monde religieux des personnes équilibrées, chaleureuses et respectueuses de ceux qui ne leur ressemblent pas.
Il est aussi possible d'ajouter que cette femme n'est sans doute pas éduquée au monde de la psychologie et qu'elle se donne pour mission de mettre tout le monde "au pli". Vous pouvez même dire à votre fille que cette femme n'a pas la chance d'être aussi sensible et intelligente qu'elle, et que cela, personne ne pourra le diminuer ou le lui enlever: c'est en elle, cela lui appartient, et c'est cela, le véritable cadeau du ciel.

Je vous souhaite plein de bonnes choses et de belles rencontres pour vous et votre fille.


 
Ce site a été créé pour la guérison de Meir Sim'ha & Nathan Israël ben Myriam Malka. S'il vous a plu, veuillez lire
pour eux la prière du Ari Hakadoch: cliquez ici © Copyright 2005-2017