Différentes remises en question

Depuis quelques années, nous entendons mille récits, émouvants pour un grand nombre d’entre eux, qui parlent du processus de Téchouva. Mais, en dehors des médias israéliens, nos communautés ne parlent pas beaucoup de ceux qu’on appelle les « hozer bé chééla ». Littéralement : « revenir au questionnement », c’est à dire douter de sa croyance en Dieu ou de l’origine divine de la Torah.

Rébellion à la pratique des mitsvot

On la nomme une « yérida » (descente). Mais cette forme d’opposition aux valeurs religieuses ne remet pour autant pas en cause l’origine divine des commandements. Ce n’est pas un reniement, c’est plutôt un éloignement. Il peut témoigner d’un manque de force et de courage à pratiquer les mitsvot, d’une lassitude, d’un manque de motivation ou d’encouragements.

quand la religion sépareCoupure profonde

Et puis, il y a les enfants qui se détournent du judaïsme vraiment, profondément. Que ce soit parce qu’ils doutent de l’origine divine de la Torah, ou qu’ils soient convaincus qu’elle ne l’est pas, ces enfants font le choix de tout lâcher. Ils sont « hozer bé chééla ».

Une décision murement réfléchie

Qu’ils aient 12 ans ou 25 ans, ils ne se sont pas laissé influencé par une personne ou un mouvement anti religieux, comme les parents voudraient le penser parfois: ils sont arrivés à la conclusion que ce qu’ils ont appris est faux, par leur propre réflexion, et décident sans agressivité ni esprit de rébellion de ne plus pratiquer. Et c’est là qu’il faut faire attention, parce que les adultes ont tendance à penser que leurs enfant ne savent pas de quoi ils parlent. Ils prétendent avec force qu’ils n’ont pas les outils pour mesurer la portée de leur décision, et qu’un enfant ne sait pas faire de vrai choix. Cette croyance est à l’origine de l’impossibilité de s’écouter. Les parents continuent de tenter de persuader l’enfant, sans tenir compte de sa personnalité,  tant et si bien que celui-ci cesse de parler, voire de garder le lien.

Dans tous les cas de figure, ces enfants (ou parents) qui changent, parfois brutalement, d’orientation religieuse est un vrai Tsunami dans leur vie et pour le reste de leu famille. Et c’est de cela dont nous allons parler maintenant.

Un peu de psychologie

La famille est un système

Ses membres constituent un mécanisme qui fonctionne, avance, évolue et crée du changement. En effet, chacun de nous change, ce qui engendre des modifications sur les autres membres du groupe ainsi que des modifications des relations entre les membres de la famille. Comme une boite musicale dont les rouages produisent de la musique mais qui, dès que le système se modifie, se transforme en une vraie cacophonie… jusqu’à ce qu’un son nouveau et unique se fasse entendre. Nous allons voir comment.
Comme dans tout changement radical des conditions de vie, la réaction de l’environnement est souvent tout aussi terrible que le fait lui-même: elle déstabilise tout autant. Elle ébranle celui qui est ébranlé, mais aussi ses proches à leur tour, parce qu’ils vont devoir se remettre sur pieds après le tremblement.

Les mouvements: entre stabilité et immobilisme

Tout système espère et met tout en œuvre à ne pas bouger; souvent même, il tend à l’immobilisme. C’est ainsi: nous aspirons de façon illusoire à ne rien changer. Il en est des sociétés comme des familles et des couples: chacun supplie l’autre de ne rien faire qui pourrait remettre en cause l’équilibre. Aussi, quand un des membres de la famille change d’orientation religieuse, c’est toute la famille qui vacille.

La stabilité elle, c’est autre chose: c’est savoir surfer sur les vagues afin de ne pas tomber entre les creux, et, plus encore, ne pas couler. J’aime beaucoup cette blague sur la commette:

Une commette va s’abattre sur la planète dans 30 jours. les scientifiques l’annoncent: les eaux vont recouvrir toute la terre ferme. Le président américain s’adresse à la nation et lui dit « chers compatriotes, ils nous reste 30 jours pour jouir de nos biens: allez et dépensez tout ce que vous avez et faites-vous plaisir quand il en est encore temps. Poutine s’adresse à la mère patrie et déclare: nous avons 30 jours pour être libre et faire tout ce que bon nous semble: plus d’interdits, plus de retenue, lâchez-vous! Nétanyaou s’adresse au peuple juif et déclare: ‘Hévré, dans 30 jours il n’y aura plus que de l’eau: nous avons 30 jours pour apprendre à nager!

Nous aimons plus que tout que rien ne change autours de nous, que rien ne bouge; nous détestons les changements, dans notre vie, dans la société, et dans notre famille. Et pourtant, s’adapter à la tempête qui déferle sur la famille quand un enfant quitte la tradition peut ne pas être dévastateur: nous n’avons ps le choix: soit nous apprenons à nager, soit nous coulons…

Savoir s’adapter

Une des grandes failles de notre éducation est de nous avoir fait croire que ne pas vaciller est le but; alors que ce qu’il nous faut, c’est savoir nous adapter.

Entre peine et désespoir

Vous qui lisez ces lignes, devez sans doute vous dire qu’avoir un enfant qui s’éloigne de la tradition, c’est bien ce qu’il y a de pire. Dans les familles religieuses, un enfant qui renie le judaïsme, c’est un monde qui s’effondre: celui qu’il aurait pu bâtir s’il était resté religieux. Et c’est de toutes leurs forces que ses membres vont lutter contre sa décision. Pour eux, cela n’est pas envisageable, c’est un drame, c’est une souffrance infinie qui laisse une plaie béante.

Souvent, cette plaie ne se referme jamais pour les parents. L’enfant est perdu, et parfois même, mort. Dans certaines communautés, on fait Kriah, le rituel des familles endeuillées.

Que reste-t-il possible de faire?

Une maman me demandait dernièrement si je pouvais prendre son fils de 20 ans en thérapie afin de l’obliger à faire téchouva. Je lui répondais qu’aucun thérapeute digne de ce nom ne mènerait cette guerre-là, car le but est d’aider les personnes à trouver leur équilibre. Que être ou ne pas être religieux était leur décision finale, pas un enjeu thérapeutique.

Proposer de parler… mais comment?

Enfants en rupture avec la tradition juiveIl est possible de proposer une conversation avec son enfant sur le sujet de la pratique religieuse, mais jamais dans le but de dénigrer ce qu’il pense et ce qu’il ressent. Jamais en passant au dessus de ses besoins et de ses convictions. Jamais sans écouter vraiment ce qu’il a à nous dire.

Écouter et Comprendre

Proposer de parler, c’est d’abord cela, oui. Ensuite peut-être, quand ce sera le moment, on pourra poser des question sur son revirement.  Mais il faudra le faire avec courage, sans s’arcbouter sur ce qu’il pourra nous dire

Ne rien vouloir, juste écouter

Écouter en maitrisant notre désire d’infiltrer ça et là quelques paroles de Torah, car qui sait s’il ne voudra pas revenir. Ne pas avoir peur d’entendre ces mots terribles, ces mots tabous pour des parents religieux: « Papa, je ne crois pas que Dieu existe ».  Avec courage et sans tenter de le manipuler.
Ce n’est que dans ce cadre mental là, avec ces kavanot que l’on pourra poser des questions comme: qu’est-ce qui dans le judaïsme l’effraie ou le rebute. De quoi doute-t-il? Que trouve-il de difficile dans les mitsvot? Que veut-il garder, ou pas?

Puis, plus que tout, garder le rien

Mais ensuite, si l’enfant garde ses positions, il faudra réfléchir à la meilleure façon de garder la relation et comment chacun peut développer le respect de l’autre. Ainsi, j’ai récemment conseillé à un père dont le fils n’était plus chomer chabbat de continuer à l’inviter chabbat dans la maison familiale, et de l’assoir à ses cotés en lui donnant tout le Kavod (attention, honneur, respect) possible. A cette mère dont la fille avait troqué ses longues jupes contre des jeans déchirés et des études de styliste, je lui suggérais de faire les boutiques avec elle. Cela permis à sa fille de vérifier à quel point sa mère était capable de se taire et de passer un moment agréable dans les domaines qui la passionnaient, elle.

Garder le lien… à tout prix

Au delà de tout, des certitudes, des croyances et de la foi, et au delà de la conviction que l’enfant se trompe voire se perd, il est essentiel de garder le lien. Vendre vos certitudes à vos enfants n’est pas la voie pour qu’ils vous aiment et aient du plaisir à être en votre compagnie. Shooter nos enfants, fut-ce à ce que nous avons de plus cher, ne doit plus émerger de nos cerveaux fébriles, même si nous avons très très mal. Plus nous développerons cette interdiction intérieure de faire pression, de convaincre, de culpabiliser, de manipuler, et plus nous atteindrons des niveaux élevés de relation avec nos enfants. Peut-être même plus que quand ils étaient d’accord avec nos valeurs et nos choix de vie.

Je recommande de développer des activités, de trouver des domaines d’intérêts communs et de passer du temps ensemble. Ces projets et vibrations communes qui manquent tellement à la société israélienne et qui témoignent des nombreuses divergences dans la pratique religieuse peut se réparer dans l’espace familial. C’est de la cellule familiale que naitra la capacité de vivre ensemble.

Si vous n’y parvenez pas, seul: consultez

Des vidéos pour comprendre

Une vidéo sur des associations qui s’occupe de recueillir les personnes qui sortent de la communauté orthodoxe ou dati léumi et des témoignages sur la souffrance des personnes rejetées.

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Antenne d’écoute directe et anonyme

Vous êtes enfants ou parents et n’avez pas le même niveau de pratique religieuse: parlons en. Cette antenne d’écoute est gratuite et anonyme pour les enfants et adolescents en rupture avec les valeurs religieuses et traditionnelles de leurs parents.

=> Vous avez entre 12 et 25 ans

Vous vivez des moments difficiles en ce moment, ou depuis même longtemps parce que votre famille vous rejette à cause de votre différence. Vous ne vous reconnaissez pas dans leurs traditions, et vous cela vous fait mal; mais vous ne savez pas à qui en parler. Vous les aimez mais vous ressentez le besoin d’être compris et respecté car vous êtes une personne unique, pas question d’oublier cela et de détruire ce qu’il y a à l’intérieur de vous.

=> Vous êtes parents

Vous avez besoin de parler. Vous ne comprenez plus vos enfants, ils vous échappent, vous ne le tolérez pas mais vous ne savez pas quoi faire. Vous vous demandez s’il faut rompre ou garder le lien et si oui, ce qui est acceptable pour vous. Y a-t-il une solution? Que dit le judaïsme? Vous pouvez parler sur cette chat room anonyme ou bien réserver votre consultation ici si vous habitez en France & ici si vous habitez en Israël

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Un article de Malka Barneron. (Madéhat Néssoua - Thérapeute de couple - Accompagnement pour les conflits dans la famille - Coaching pour la Alyah - Choisir sa place dans le judaïsme)

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