Les Familles envahissantes

La vraie bénédiction, c’est quand il y un seul capitaine pour commander le navire (Paroles de nos Sages), reste à savoir lequel cela sera!

Photo: gettyimages.comLorsqu’un couple se marie, un énorme travail l’attend: apprendre à connaître l’autre mais aussi apprendre à l’autre qui l’on est (c’est souvent à ce moment-là d’ailleurs qu’on se découvre soi- même). C’est pendant le temps passé ensemble que l’on va déterminer le type de relation qui nous convient le mieux, réfléchir à nos besoins et à ceux de notre nouveau partenaire de vie. Cette période va durer longtemps, souvent plusieurs années, et si possible toute une vie.

Aider les jeunes couples

Pensant bien faire et leur éviter les embuches de la vie, les parents offrent conseils, services et critiques: « tu devrais », « je vais te dire », « il faut que vous »…

Je sais je sais je sais…

Après 20 ans de vie commune, nous parents estimons, souvent à juste litre, avoir de l’expérience. Lorsque nous donnons un conseil, c’est parce que nous voulons leur éviter des catastrophes. Il se peut que le conseil soit adéquat, et pourtant, gardons-nous bien de le donner! Pourquoi? Parce que nous ne voyons qu’une partie des choses. Nos Sages le disent très clairement au sujet de la sexualité: regarder une couple dans son intimité, c’est ne percevoir qu’une partie de leur réalité, et c’est pourquoi c’est assour.

Que savons-nous de ce qui leur fait du bien?

Votre fille parait soumise à son mari? Mais c’est peut être la personnalité protectrice de cet homme-là qui lui a plu, justement! Votre belle-fille vous semble terriblement autoritaire? Mais c’est pour son dynamisme et son esprit de décision que votre fils l’a choisie! S’ils doivent décidez à deux ce que leur convient, s’ils doivent construire leur propre maison, le plan que nous parents leur proposons, peut ne pas leur convenir.

Faire de leur couple un clone du notre

Ce serait leur imposer notre plan qui est celui de notre maison à nous… et qui n’est pas la leur. Tout comme des vêtements confectionnés pour nous, à nos mesures, ne peuvent leur convenir. Nous projetons sur nos enfants ce que nous nous souhaitons à nous-même: mais eux, ils ne sont pas nous!

Ils n’ont pas besoin de nos conseils

Si nous sommes d’accord pour dire qu’un couple heureux est un couple qui se connaît bien et qui a trouvé son propre code de communication, et si nous admettons que chaque couple à besoin d’intimité, ne devrions-nous pas cesser d’être si présent? Ne devrions-nous pas nous interdire de donner des conseils? Car que savons-nous de ce qui est bon pour eux, vraiment?

Un jeune couple se découvre petit à petit, à son rythme; il a des besoins qui lui sont particuliers, uniques. Il ne nous ressemble pas, il ne fonctionne pas comme nous. S’ils se lèvent tard, s’ils travaillent peu, s’ils ne semblent pas affolés par leur situation matérielle, devons-nous pour autant intervenir? S’ils ne sont pas en danger: restons en retrait (et même les occasions d’intervenir sont très très peu nombreuses. A moins qu’il n’y ait de la violence, je pense qu’il faut se taire).

Se méfier de nos intentions: l’enfer en est pavé!

Photo: leadersbynature.comUn jeune couple est une jeune pousse qui doit grandir et se renforcer: c’est lui-même qui décide quand et comment il grandit. Cessons de les abreuver de conseils, car nous risquons de les noyer. Lorsque nous nous immisçons dans leur vie, nous détruisons leur énergie vitale, nous les empêchons de pousser. En tant que parents et beaux-parent nous n’avons qu’un seul droit, celui de nous taire (une leçon de vie de mon amie Esther Ab.)

Ce besoin de prendre le large est d’ailleurs exprimé clairement dans le judaïsme. S’adressant au jeune homme, la Thora dit: « tu abandonneras ton père et ta mère et tu t’uniras à ta femme« . C’est parce qu’il abandonne ses parents, que le jeune homme peut s’attacher à sa femme et construire son couple. Un grand Sage de la Guemara appelait d’ailleurs sa femme « ma maison« . Et non pas « la maison de ma maman chérie »!

Il leur faut du temps… SEULS

Le Steipeler: un homme qui voyait loin

Le Steipeler Rabbi explique que la première année du mariage, les conjoints doivent passer beaucoup de temps ensemble. cette première année est si capitale, qu’au temps du Temple, la Torah dégageait le jeune marié de toute obligation militaire: il n’ira pas à l’armée, il sera libre chez lui pendant un an, pour réjouir sa femme.

Un chabat oui! 2, bonjour les dégâts

Qu’en est-il de ces jeunes qui passent un chabbat chez les uns, un chabbat chez les autres, et reçoivent des invités parfois dès le lendemain des chéva bra’hot (les 7 jours de fêtes qui suivent le jour du mariage) ? Quand prennent-ils le temps de se découvrir? Lorsque l’un des deux travaille, a fortiori quand c’est les deux, le week-end est le seul moment où ils peuvent être seuls. Nous pensons leur rendre service en les invitant souvent? En vérité, nous les empêchons de se retrouver. (Ça fait fait n’est-ce pas…)

Voyons-les peu, téléphonons-leur avec parcimonie, ne leur rendons pas visite avant d’avoir été invités. Ils ne renoncent pas à nous voir: ils sont simplement extrêmement occupés à se découvrir et à se construire et à s’aimer (si vous voyez ce que je veux dire 🙂 . A cette étape de leur vie, ils n’ont pas besoin de nous.

Mais enfin, on ne peut vraiment rien dire?!

Nous pouvons être attentifs, mais nous ne devons rien dire. Et si nous voulons les aider, demandons-leur s’ils le souhaitent. Mais pas en leur disant « je sais que tu ne veux pas que je t’en parle mais…  » ou « il fat vraiment que tu m’écoute, c’est pour ton bien »… Et vous aurez sans doute la chance d’appartenir très vite au groupe des parents qu’on n’a pas envie de voir.

Vous avez appris que la famille c’est sacré?

C’est vrai, mais pas dans le sens que nous le croyons. Si nous nous reportons à la définition de la Kedoucha qui est relation exclusive (et aussi concentration intense), nous voyons combien le nombre de famille qui n’entretiennent pas de relation Kadoche est grand.

En thérapie, un couple à qui je soumettais mon opinion me répondit:  » Mais alors, si j’ai toujours agit comme cela, comment je fais pour changer la donne »? Dans ce cas la, je dis d’abord kol hakavod d’avoir pris conscience de ce qu’il se passe.

La retraite: un bain de jeunessePuis je recommande de dire les choses simplement: « j’ai réfléchi sur certaines choses, et je pense que nous venons trop souvent vous voir. Je crois, tout bien considéré, que ce n’est pas bon pour nous tous » (et oui, pour les parents non plus ce n’est pas bon, il y a un âge où il est temps de se retrouver, vous ne croyez pas?! Il se peut que nous nous ennuyons avec notre conjoint, et dans ce cas, pourquoi ne pas consulter.

 

Un article de Malka Barneron. (Madéhat Néssoua - Thérapeute de couple - Accompagnement pour les conflits dans la famille - Coaching pour la Alyah - Choisir sa place dans le judaïsme)

Formulaire de contact et témoignage

Que recherchez-vous sur ce site:

Facebook > Linkedin > Google + > Newsletter > Faire un don > Skype: ecoute-juive > ecoute-juive.com © Copyright 2005 - 2017