belle mère belle fille: peut-on s’entendre?

D’après certains rabins, 90% des divorces dans notre communauté seraient dus au comportement des belles mères… Non, ils exagèrent… : 85%! Voici 3 exemples de situations très communes et qui génèrent frustration et malentendus:

1) La belle mère de ‘Haya lui rappelle dès qu’elle le peut que sa belle fille, son fils et leur enfants ne viennent pas assez chez elle… Sylvia est tellement sous tension, que depuis peu, elle n’ose plus répondre au téléphone de peur de tomber sur elle.

2) Fortunée reçoit son fils et sa belle fille et ne cesse de demander aux enfants qui fait la meilleure pkéila. Cela agace la mère des enfants qui se sens jugée et mal à l’aise.

3) Ilan regarde souvent son gendre avec insistance quand il lui parle de sa réussite professionnelle. Yaacov, qui a arrêté l’école à 13 ans pour entrer à la yéchiva, ne se sent pas respecté.  Ilan titille régulièrement sa fille en lui faisant la liste des achats qu’elle ne pourra pas faire à ses enfants « avec un mari qui étudie au collel ».

Ces situations vous semblent exagérées? C’est que vous n’entendez pas en thérapie ce qui blesse les couples et les parents (oui, parfois eux aussi viennent trouver du réconfort auprès des psys). Les conflits se produisent pour plusieurs raisons:

Chocs des cultures et des coutumes

Ce qui est une panacée dans certaines familles est le comble du mauvais goût chez d’autres. Certaines expression (je prend souvent les « tu  me tues » tunisiens qui éveillent chez les polonais des souvenirs macabres), certains sens de l’humour, etc… Les repères ne sont pas les mêmes et les parents s’évertuent souvent à rappeler à leur progéniture (même s’ils ont  35 ans) qu’ils se souviennent de leurs origines! Ce qui se passe dans nos communauté se passe aussi bien chez les ashkenazim (d’origine turque, ma famille d’adoption de Brookling me rappelait parfois que j’avais des origines arabes)  que chez les séfarade (chez les marocains, je suis l’ashkenaze de service- je suis aussi d’origine roumaine 😉

La difficulté à accepter ce qui est différent de nous se retrouve aussi dans la communauté, bien que nous devrions en être vaccinés par toutes les souffrances de notre histoire. Aussi, la question qui se pose sur les belles familles en générale et les belles mère en particulier n’est qu’un échantillon de la difficulté humaine à comprendre ce qui ne nous ressemble pas, et même à nous y intéresser. C’est en partant de ce constat que je vais essayer de donner des petits tipim (trucs) pour ne plus être autant agacés par nos belle mères, à défaut de les adorer.

Quelques secrets livrés aux belles filles

Une rabanit nous avait avoué lors d’une formation: « n’oubliez jamais que pour une mère, une belle fille est une personne qui vient d’on ne sait où, prendre l’être sur lequel vous avez veillé des nuits entières (et pas elle) et que vous aimez plus que tout« !

Ainsi donc, il est possible d’avoir ra’hmanout sur la difficulté des mères à laisser partir leurs fils. Ce n’est pas pour autant qu’il vous faut nourrir le cordon ombilical! Sachez que c’est aussi vous, qui allez l’aider à lâcher son bébé, et admettre que la femme de sa vie désormais, ce n’est plus elle, c’est vous. Ce travail est long et difficile, il ne s’agit pas moins d’une véritable déprogrammation… et ce n’st pas certain que cela marche.

Comment couper le cordon ombilical

  • En lui parlant de la façon dont vous fonctionnez, et de ce que vous attendez d’elle.
  • En l’impliquant dans son rôle de grand mère
  • En lui faisant des compléments sur ce qu’elle fait de bien.. et si possible, de temps à autre devant votre mari

Quand vous la recadrez en expliquant ce que vous ressentez et quels sont vos valeurs, faites-le avec tact et douceur, on peut tout dire en restant correct. Si elle se fâche et n’accepte pas vos propos, ne vous formalisez pas et ne le prenez pas au tragique. Cela passera sans doute, et si cela ne passe pas, et bien tant pis.

Il y aura peut être d’autres occasions de lui montrer que vous n’êtes pas en guerre contre elle et qu’il ne s’agit pas de savoir qui de vous ou d’elle va avoir la préférence de son fils: l’amour qu’il vous porte à toute deux n’a rien de commun. Si vous n’avez pas peur d’elle, elle s’apaisera. Ce dont elle a peur, c’est que vous détourniez son fils d’elle. Prouvez-lui par votre bon caractère qu’elle peut dormir tranquille. Peut être qu’elle fera une longue sieste 😉 Et dans toute circonstances, prenons les choses avec humour: nous pourrons peut être bien en rire un jour… avec nos belles mères :)) Si nous n’y parvenons pas, consultons!

Un article de Malka Barneron. (Madéhat Néssoua - Thérapeute de couple - Accompagnement pour les conflits dans la famille - Coaching pour la Alyah - Choisir sa place dans le judaïsme)

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