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Voici
quelques réflexions sur les troubles
majeurs dont souffre la relation conjugale
dans la commu- nauté juive.
Cette liste n'est pas exhaustive, mais
est le fruit de plus de 500 heures d'écoute
et de consultations dans la communauté
juive, réparties plus ou moins
comme suit: 30 % orthodoxes, 50% pratiquants
et traditionalistes et 20 % laïcs.
Dans
toutes les couches de la société,
on remarque une très grande ignorance
de la façon dont un couple construit
une relation et des qualités à
développer, mais l'ignorance en
matière de sexualité les
dépasse toutes.
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La confusion
et la mauvaise information est moins grande
chez les couples laïcs, mais tout de même
plus qu'on aurait pu l'imaginer. On remarque
une très grave désinformation
de tous les âges en ce qui concerne les
interdits présumés dans la Thora,
où tout et n'importe quoi circule.
Dans une grande majorité des couples
on constate une méconnaissance de la
psychologie féminine et masculine. La
résolution des conflits n'est souvent
pas une alternative: les couples envisageant
très rapidement le divorce pour sortir
des périodes de crise. La violence conjugale
existe bel et bien, de même que le viol
dans le couple et le harcèlement sexuel.
L'infidélité, l'inceste et la
pédophile concernent aussi la communauté
juive. Enfin, et c'est sans doute le point le
plus grave, les couples en difficulté
ne consultent pas de professionnels, ils se
contentent des conseils de proches, d'amis ou
de rabins non formés et non diplômés
dans le domaine de la relation de couple.
Ignorance
en matière de hachkafa
Les couples sont souvent
en souffrance dans leur vie intime en raison
de l'obligation qu'ils se font de respecter
tout une liste, fausse, des interdits sexuels.
Cette liste impressionnante de contrainte font
de leur vie intime un espace ou ils s'ennuient
et ou ils tentent sans succès d'entrer
dans un moule impersonnel et sans aucun rapport
avec l'esprit du judaïsme. Voici, parmi
d'autres, certaines de ces perles: un homme
doit trembler pendant le rapport de peut de
fauter, une femme ne doit jamais dire non, il
n'y a qu'une seule position permise, on ne doit
avoir de rapport que pour avoir des enfants,
si jetais vraiment proche de Dieu, je n'aurais
pas besoin de vie sexuelle, le but d'une femme
est d'avoir des enfants, le plaisir est toléré.
Enfin un des erreurs les plus courantes dans
la communauté pratiquante est de croire
que la contraception est interdite: pourquoi
ceci est catastrophique pour l'équilibre
du couple?
Croyances
concernant l'interdit de la contraception
Destruction du désir
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Le
passouk "Perou ourevou" s'adresse
aux hommes (à l'époux) et
non à un partenariat d'homme (époux-rabin).
Ainsi, seuls les conjoints, et plus particulièrement
la femme, sont à même de
déterminer leur capacité
à s'occuper correctement et en
bonne santé de leur progéniture.
Ce que l'on constate en consultations
conju gale, c'est que lorsque la relation
intime se dégrade dans le couple
et que les rapports sont de plus en plus
espacés et de moins en moins satisfaisants,
c'est souvent par crainte que la relation
aboutisse à un grossesse non désirée:
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chacun
étant obsédé par l'éventualité
d'une future naissance, le couple n'a pas le
coeur à l'ouvrage, et multiplie les disputes
qui les mènera lentement mais sûrement
vers un éloignement physique, seul moyen
détourné et pervers de réguler
les naissances.
La demande de "éter"
En matière de contraception,
certains points sont absolument redoutables
et l'on peut se demander s'ils correspondent
à la vision divine du couple, de l'amour
et de la famille:
dans la majeure partie des communautés,
le rabin intervient et donne son accord ou pas
et pour un temps toujours limité, à
l'utilisation d'une contraception, celui ci
étant souvent arbitrairement décidé,
nous allons voir en quoi.
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=> Lorsqu'une femme
à de l'assurance, qu'elle sait
défendre sa situation, qu'elle
s'exprime avec aisance et qu'elle ne se
laisse pas impressionnée par le
statu du rabin, elle a de bien meilleures
chances d'obtenir une dérogation.
=> Quand elle s'adresse à un
grand rav, qui a de l'expérience,
à pris de la distance par rapport
à sa réputation, ne confond
plus rigidité et kedoucha, a étudié
longtemps, vit avec la population, a lui
même de grand enfants mariés,
et a étudié la relation
de couple, une femme obtiendra bien plus
facilement un eter.
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=> Selon
qu'un rav appartient à telle ou telle
communauté, les réponses seront
diffé- rentes. Ainsi, en France, les
femmes peuvent se voir obligées de renouveler
leur demande de prolongation de contraception
tous les 3 mois (communauté 'habad);
d'autres rabbanim ont l'habitude de laisser
les femmes gérer leurs grossesses seules
tant que leur dernier enfant n'a pas encore
2 ans; dans d'autres groupes encore, comme en
Israël, la contraception n'est pas du tout
autorisée, sauf pour des cas de vie ou
de mort.
=> La plupart des autorités rabbiniques
interdisent la contraception au début
du mariage. Le résultat est un nombre
de plus en plus grand de jeunes couples qui
ne consultent plus les rabinim, non seulement
pour cette question là, mais aussi pour
d'autres questions.
On pourrait croire que l'histoire s'arrêterait
avec leur décision de se passer de la
réponse du rav, mais il n'en est rien,
car cette prise de décision pourrit le
couple de façon aussi pernicieuse que
certaine, puisque la culpabilité et les
sentiments d'être un Racha s'installe
dans le lit du couple; le rabin n'étant
de fait pas très loin non plus.
Lire aussi: la
contraception
Droits et
respect du corps de la femme et de l'enfant
L'éducation joue un rôle
prépondérant dans la relation
de couple: c'est durant l'enfance que la notion
de corps, couple, désir, maternité
et paternité construisent. Ainsi, si
l'on veut agir sur le chalom bayit, il est aussi
nécessaire de parler de 'hinouh en général,
et d'éducation sexuelle et amoureuse
en particulier.
Mauvaise connaissance des
interdits durant l'enfance
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Dans les communautés
religieuses et tradi tionnelles, ont parle
encore trop rarement
de l'inceste, de la pédophile,
des violences dans la famille, du viols
conjugal, et de l'homosexualité
dans les milieux non mixtes, séminaires
de jeunes fille et yéchivot.
La ligne de conduite qui prévaut
encore est
la suivante: on en parle pas tant que
l'enfant n'en parle pas lui même.
Il en est de même
de la sexualité infantile et de
l'adolescent, de l'acte sexuel lui même,
des maladies sexuellement transmissibles
et des grosses ses non désirées,
dont bien des parents ont du mal a parlé.
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L'éducation
amoureuse elle même est largement insuffisante
(les parents ne savent pas parler de l'amour,
du lien et du désir, en particulier les
pères).
Bien sur, ceci a des conséquences dramatiques
puisque l'enfant perçoit cela comme un
gène ou un tabou des parents ou du corps
enseignant (il est vrai que celui ci a peu de
marge et n'est pas autorisés à
en parler), et lui fait croire soit que le monde
des adultes n'est pas un monde qui le protège,
soit que la pédophile ou l'inceste ne
sont pas graves.
Lire aussi: la
pedophilie et l'inceste
Dialogue déficient
sur le plaisir et sur le corps avec les aînés
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On ne parle pas assez
du désir ni chez l'enfant, ni chez
l'adolescent, ni de la masturbation: il
n'y a pas d'espace ou les enfants peuvent
en parler en toute liberté en dehors
du regard parental.
Cela est grave, car un enfant, et c'est
signe de bonne santé mentale, va
aller chercher l'information, malheureusement,
pas où il convient, ni avec les
bonnes personnes. Des lors, leur première
vision de la sexualité état
galvaudée et falsifiée,
c'est avec des idées terribles
qu'ils entrent à l'âge adulte
dans le mariage, avec le potentiel destructeur
que l'on imagine.
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Conscience du corps
Encore trop peu d'enfant
ont appris de leurs parent à oser dire
non aux adultes qui pourraient les toucher ou
les regarder de la façon dont ils ne
veulent pas.
Pression et harcèlement
sexuel
Une perception déviée
et déviante de la place de la femme dans
l'activité sexuelle du couple: les non
dits sont fréquent; les femme n'osent
pas parler du comportement de leur maris, de
peur que cela lui porte ombrage dans la communauté
et bien sur, par honte.
Il est vrai que l'on connaît des cas,
malheureusement trop nombreux ou le rabin encourage
la femme a céder aux demandes de son
mari, que ce soit dans les pratiques sexuelles
ou dans la fréquence. Une des raisons
vient de l'explication du passouk "Mi ha
icha kechéra? Zot ché assa ratson
baala": le ratson dont il est question
ici étant dans le domaine sexuel. Si
cela a permis de lever des blocages dans de
nombreux couples, cela en a crée bien
d'autres, en particulier parce que ce message
est incroyablement culpabilisant et constitue
une moyen de pression remarquable pour toutes
les déviances et contraintes dans le
couple.
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Conditions
de vie et promiscuité
Lorsque les enfants n'ont pas d'espace
privé, au moins régulièrement,
la confusion des corps pendant l'enfance
est plus forte.
Par ailleurs, le manque de moment de
solitude ne permet pas les moments de
réflexion sur les relations dans
la famille indispensables à la
prise de conscience des dysfonctionnements.
Quand la fatigue des parents ne leur
permet pas d'être a m'écoute
de chaque enfant.
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Rendre les couples indépendants
Dans le monde religieux,
ou la rôle et la place du rav est très
important, et ou les textes bibliques renferment
des trésors inouï de sagesse et
d'intelligence, il n'y a qu'un pas à
rechercher chez le rav la solution à
tout problème et a s'en remette à
lui.
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C'est tout
naturellement que les couples en difficulté
viennent non plus lire auprès du
rabin les sources qui vont permettre de
déduire le chemin recommandé
par la Thora et à en recevoir une
explication du rav, mais une solution toute
prête, un "prêt a croire"
et "prêt a penser" qui les
exclue de toute responsabilité:
le couple se retrouve alors un objet de
la pensée rabbinique alors que celle
ci devrait être tout au plus un outil
de réflexion faisant appel à
l'intelligence du couple les responsabilisant. |
Il en est de même
des brahot reçues qui aliènent
souvent le couple et ne l'encourage pas à
faire un travail sur lui mêmes. Ainsi,
certains couples s'entendent dire qu'ils doivent
éviter la colère, la rancurs,
ou la tristesse. Ces remarques sont toujours
fort sages, mais dramatiquement incomplètes:
en effet, il est extrêmement rare que
ces paroles de sagesse s'accompagnent d'une
recommandation claire d'aller consulter un professionnel.
La bénédiction n'est plus entendue
pour ce qu'elle est: une énergie, une
force, une aide divine. Elle est prise pour
un concept magique qui se passe de tout travail
sur soit, pourtant la partie la plus importante
de processus d'amélioration du chalom
bait.
Le rôle du rabin et l'utilisation de la
bénédiction par ses ouailles sont
complètement dévoyés. On
peut constater pleinement cette déviance
en particulier sur FaceBook ou des phrases comme
"Priez, et tous vos voeux seront exaucés"!
Ou dites 3 fois par jour "yé"hi
adonénou", ou "Na Na'h Na'man",
ou encore (sur les bus de Jérusalem il
y a 3 ans)"demandez la réponse dans
igueret hakodech".
Il est indispensable que les personnes influentes
dans les communautés juives encouragent
les couples à prendre soin de leur lien
et de leur relation avec au moins autant de
ferveur qu'ils préparent Pessa'h ou surveillent
la cacherout de leur foyer.
Pour cela, il est nécessaire de mettre
à la disposition des communautés
une liste de professionnels diplômés
et formés aux valeurs du judaïsme
et aux lois de nidah.
Cette liste devra se trouver dans les lieux
de réunions comme les bureaux des rabins,
les synagogues, les rabbinats, les batei midrach
et les écoles.
Difficultés à
communiquer
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Un des
aspect les plus préoccupants est
la difficulté à communiquer;
le dialogue se raréfie, créant
un isolement dramatique des conjoints
qui ne savent plus comment se rejoindre.
Ici aussi, il est nécessaire d'instaurer
des groupes de paroles, des cours afin
d'aider les personnes a mieux s'écouter,
s'expri mer et dialoguer. Mais cela n'est
pas encore suffisant, il est impératif
d'ensei gner dans les écoles la
gestion des conflits, à se respecter
et à gérer les crises de
la vie.
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Impact d'internet dans
la vie de couple
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De nombreuses
consultations de couple portent sur la
place que prend le temps passé
sur le net ainsi que la dépendance
aux films pornographiques.
Cela est à un point où un
dérapage se transforme en un trouble
du comportement qu'il est nécessaire
de traiter au même titre que la
dépendance à l'alcool ou
à une drogue.
Le temps passé à surfer
distend les relations et isole de façon
dramatique le conjoint dépendant
puisqu'il cale son planning sur ses connections
internet et non celui de son conjoint.
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La première des choses a faire est toujours
d'en parler et de consulter, seul et si possible
en couple, puisque le conjoint peut aider de
façon significative mais qu'il a lui
aussi besoin de parler du sentiment de trahison,
du dégout et de sa difficulté
à poursuivre les relations conjugales.
Résolution des conflits
par le divorce
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La gestion
des conflits, comme il a été
dit plus haut est devenu une absolue necessité,
que cela soit dasn le couple, la famille,
au travail, ou dans la vie puplique.
Cette dififculté precipite les
couples chez le rabin pour demander le
guet parfois beaucoup trop vite, souvent
beaucoup trop tard. Apprendre a bien se
disputer est une un talent que l'on apprend
a la maison mais qui, lordsue ce n'est
pas le cas, devrait s'apprendre a l'ecole.
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De nombreuses personnes, en particulier l'association
Forhome, il y a desja plus de 15 ans de cela,
recoandait aux directerus d'ecoles de Paris et
de la région parisienne d'instaures ces
espace de reflexion et de d'apprentissage... sans
beaucoup de succes malheureusement. |