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Culpabiliser ceux qui demandent le divorce

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Phtot du Film le proces de Viviane EmsellemCette rubrique a pour but de sensibiliser sur un sujet de société grave : les personnes publiques et rabanim de communautés qui abusent des personnes en situation de détresse et de fragilité psychologique. Je veux parler de ces femmes et de ces hommes qui subissent le poids immense du regard de la famille, de leur rabbin et de la communauté, durant le processus de divorce. Je voulais rapporter le témoignage d’un homme et d’une femme qui ont eu le courage de prendre leur vie en main et de se dégager d’un conjoint qui ne leur apporte plus ni joie, ni espoir de vie meilleure, et qui ne veut pas faire de thérapie de couple.

Témoignage de Sylvie 55 ans

Mariée à Yaacov – France (n’hésitez pas vous aussi à témoigner)

Faire plaisir avant tout

Sylvie était une jeune fille religieuse, sensible intelligente qui rêvait de construire un foyer juif dans la Thorah et les Mitsvot. Sa maman qui l’adorait l’encouragea à se marier avec Yaacov, un homme bien sous tout rapport et qui était un bon parti, bonne famille, pieux et reconnu dans la communauté. Mme Levy, qui la forma au mariage, lui assura que la phrase « Mi Zot icha kechera, zot che assa ratson baalah« . Ce qui se traduit par « qui est la femme qui se comporte correctement: celle qui fait (façonne) la volonté de son mari« . L’interprétation qu’elle avait entendu et comprise était  « faire plaisir à son mari en tout », et en particulier dans l’intimité conjugale.

Même au lit

Aussi, quand Yaacov la rejoignait tous les soirs dans son lit pour en sortir au bout de 3 min, Sylvie accepta avec bonne volonté. Avec les consignes du Dieu de Mme Levy, on ne discute pas. Sylvie passa ainsi plusieurs décennies jusqu’au jour où elle pris la liberté de chercher sur Internet des informations pour comprendre son mal être.

Sa surprise en lisant le caractère contrôlant et manipulateur de son mari fut un véritable choc pour elle. Et elle s’en confia à son rav. Son analyse très personnelle des textes sacrés le persuadait que Sylvie devait rester avec son mari, qu’une femme ne quitte pas son conjoint.

De l’habitude de maltraitance…

Sylvie passa plusieurs années, désespérée entre sa force de vie qui la poussait à sortir d’une relation qui la tuait à petit feu. Il y avait aussi son désir de ne pas ternir sa belle image de femme pieuse. Certaines personnes se plaisaient à l’affirmer, même si le rouah hakodesh (esprit prophétique) a disparu de nos jours pour le rav, c’est un peu différent. Entendez « il ne peut se tromper, ou à quoi bon perdre son temps à chercher: la solution, lui, il la connait déjà« .

« Je ne suis pas d’accord Sylvie avec ce projet de divorce et vous pouvez encore supporter 20 ans de mariage avec cet homme! » sermona son père: le rav l’a lu dans les Mezouzot que ton mari lui a apporté, il est formel.

Sylvie est encore à l’heure actuelle en train d’osciller entre croire en sa Néchama qui lui dit « Va, Vis et ne Reviens pas », et le Satan qui lui dit « Reste avec lui, aie confiance… et ta émouna…..

A la décision de thérapie…

Sylvie a commencé une thérapie, elle apprend à se connaître, elle découvre d’autres repères, elle a compris que les miracles promis par son rabbin et sa famille, à Lourdes aussi on les constatent, que les handicapés en reviennent de la bas aussi… avec des pneus neufs. Réouven, 58 ans, père de 3 enfants – Belgique

Témoignage de Réouven, homme battu

Ne pas faire pleurer les femmes

en  2015 27 % des victimes de violence conjugales sont des hommes. 17 % des cas mortels. Réouven en fait partie. Il a appris que les femmes sont fragiles, qu’il faut se méfier de leurs larmes. Que Dieu est très dur avec les hommes qui font pleurer leur femme, que cela enlève la bénédiction et la Parnassa. (Une téchouva du Rabbi semble faire le lien). La Guémara explique qu’un homme qui honore sa femme en lui achetant des habits et des bijoux, s’enrichira.  Réouven craint Dieu et il a maintenant de nombreux emprunts, aussi,il ne bronche pas et subit les coups de sa femme.

Réouven étudie tous les mardi au kollel de sa ville, et le rav lui a bien spécifié qu’aller auprès des autorités civiles est un issour dorayita. Déjà quand la mora d’une école connue de Paris avait attaché son petit de 3 ans sur une chaise au motif qu’il était hyperactif et désobéissant, Réouven n’avait pas non plus porté plainte. La direction l’en avait dissuadé. Le directeur de l’école lui ayant demandé si son intension était de détruire l’école… (L’histoire confirme que la mora est restée à son poste, mais grâce à D.ieu, 20 ans après, le procureur de la République va être contacté et justice rendue).

Porter plainte… enfin

Un jour, sur les conseils d’un ami, il comprend qu’il faut déposer une main courante pour le dernier coup qui lui a fendu la lèvre. Réouven découvre le monde des hommes battus auprès d’un commissaire de police bienveillant qui écrit sa déposition et lui lance ce scoop: « Vous pouvez choisir la vie monsieur; vouloir le bien de votre femme n’est pas nécessairement rester vivre avec elle« .

Réouven ne sera pas près à cela avant 3 autres longues années au cours desquelles il entend semaine après semaine son rabbin railler les psychologues et les thérapies, au motif que tout est dans la Thora. Alors Réouven étudie et écoute son rav.

Prise de conscience douloureuse

Un jour, enfin, il se retrouve aux urgences dans le coma. Réouven va se réveiller 1 mois plus tard, et le réveil sera douloureux, horriblement douloureux… Oh, ce n’est pas la meurtrissure du corps qui le brûle, mais celle de son âme dont il comprend qu’il l’a tellement maltraitée. « Comment ai-je pu m’infliger toute cette violence physique et spirituelle. Comment ai-je pu démissionner de mon libre arbitre et laisser quelqu’un d’autre décider pour moi » me confia-t-il lors d’une de nos séances.

Réouven n’a pas encore trouvé la réponse, mais il vit maintenant dans un espace sécurisé et serein où il peut se reconstruire et être plus facilement le papa qu’il voulait devenir pour ses enfants.

Un article de Malka Barneron. (Madéhat Néssoua - Thérapeute de couple - Accompagnement pour les conflits dans la famille - Coaching pour la Alyah - Choisir sa place dans le judaïsme)

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