80% des femmes demandent le divorce: les hommes sont a la traîne et ne consultent pas assez: plaidoyer pour bouger!
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Vous êtes de plus en plus nombreux à le dire:
"J'aurai pu éviter cela si seulement... j'avais consulté avant..."

Ce cris du coeur, bien des couples le disent en séance de conseil conjugal.

Nombreux sont ceux qui se demandent pourquoi les professionnels du couple et les rabins, n'expliquent pas précisément ce qu'ils risquent vraiment en ne prenant pas leur difficulté à bras le corps.

Et tous se sentent trahis qu'on ne leur ait pas dit à quel point la situation était grave et aboutirait à la rupture s'ils ne modifiaient pas au plus vite leur comportement...

De ces entretiens en conseil conjugal, j'ai retenu 4 recommandations et que j'aimerais vous faire partager.

1) Allez jusqu'au bout, persistez, tenez bon, et terminez votre thérapie!

La rapidité avec laquelle les maris arrêtent une thérapie de couple est inversement proportionnelle à la résistance qu'ils mettent à venir consulter. 80% de femmes consultent en conseil conjugal ou en psychothérapie, contre 20% des hommes. De même, les demandes de divorce sont majoritairement faites par les femmes. Ceci est vrai dans le civil comme au rabinat. De là à dire que si les maris consultaient plus, il y aurait moins de divorces, il n'y a qu'un pas et je le franchis immédiatement.



Pourquoi les hommes consultent ils moins?


Les hommes n'ont pas l'habitude de parler de ce qu'ils pensent de leur relation de couple, ni de leurs émotions, mais plutôt de ce qu'ils savent faire: quand on demande à un homme ce qu'il ressent quand sa femme lui reproche de ne pas être assez "proche d'elle", il répond: "et bien je l'emmène au restaurant"... La gente masculine peine à être en contact avec ses émotions; et celles de leurs femmes les agacent.
Ceci nous permet de comprendre pourquoi les hommes ne comprennent ni dans quel but, ni de quelle façon, un étranger, fut il un professionnel de la relation de couple, pourrait les aider: comment quelqu'un qui ne me sonnait pas, pourrait il bien m'aider? De même qu'ils ne comprennent pas que modifier un comportement et aimer mieux, cela prend du temps et qu'il est nécessaire de se faire aider quand on n'y parvient pas seul.

De même, quand ils se laisse convaincre de consulter, les hommes viennent en consultation une ou deux fois puis cessent de venir; lorsque les progrès ne sont pas assez rapides, lorsque qu'ils doutent ou ne comprennent pas les techniques proposées par le thérapeute, lorsque cela les ennuie, que la dépense occasionnée ne "rentre" pas dans le budget, les hommes sont nombreux à arrêter la thérapie.

Le problème, c'est que vos femmes messieurs, quand elles découvrent le plaisir de parler et d'être écouté, lorqu'elles ont pris goût au travail de la relation de couple, et quand elles continuent, sans vous, ce n'est pas sans poser de sérieux problèmes. Voici lesquels:



2) Si votre femme est seule à faire des efforts, elle va vous distancer, puis partir...

Il se pourrait bien qu'à force de conduire seule sa thérapie, sans vous à ses cotés, votre femme trouve agréable à se manager, et il se pourrait bien qu'elle trouve la vie plus belle sans vous, qu'avec vous:

quand l'un des partenaires du couple comprend le bénéfice qu'il y a à se connaître, à mieux communi- quer, à savoir s'exprimer, bien écouter, comprendre le fonctionnement du couple et des êtres humains, il ne peut tout simplement plus, dans la majeure partie des cas, porter à bout de bras une relation médiocre et une faible capacité à aimer et à se donner.

Et c'est souvent la femme qui comprend l'urgence d'améliorer la relation de couple et son comportement; très vite, il va devenir vital pour elle de changer: plus seulement pour votre couple, mais pour elle même, pour son propre équilibre!

Malheureusement, force est de constater que très souvent, vous cessez de venir en consultation; vos femmes elles, poursuivent, ayant compris ce qu'elles tireront de ce travail personnel dans leur vie personnelle, les relations avec les enfants, dans leur vie professionnelle... et dans leur future couple si vous deviez vous séparer.

Vous allez me dire, "mais non, il y a des hommes qui ne bougent pas, et leurs femmes restent avec eux": ces hommes là n'ont pas plus de 40 ans, et leurs femmes ne sont pas encore parties; elles attendent que les enfants s'en aillent, pour partir aussi... elles feront le bilan de ce qu'elles auront gagné à s'occuper d'un homme qui ne fait pas les efforts demandés et nécessaires.
Mais elles ne vous le disent pas; en fait, elles ne vous le disent plus, car il y a longtemps que vous n'écoutez plus... c'est ce que dit la Guemara: si ce n'est pour être aimée, les femmes ne se marieraient pas, elles n'ont pas besoin des hommes pour vivre. A contrario, il est dit des hommes, que sans femmes, ils ne peuvent trouver de bonheur véritable, et leur vision du monde est si incomplète qu'il ne peuvent être rabin.



3) Cessez de compter les points, de ne donner que si elle a fait sa part, de la regarder à la loupe

Observer combien toute la vie d'une femme est remplie, de jour comme de nuit, combien elle donne et à combien de personnes différentes les unes des autres, combien elle doit s'adapter et combien elle doit aimer.

Vous, Messieurs, soyez leurs obligés, donnez-leur un peu de votre temps, aidez-les dans leurs taches ménagères, ne craignez pas d'y perdre votre énergie ni votre temps, ne vous trompez pas de champs de bataille: c'est dans votre foyer qu'il vous faut être un héros, pas avec les copains, pas avec votre rabin, pas au boulot, pas seulement à la yéchiva ou à la synagogue... car vous êtes le seul homme qui peut remplir ce rôle, celui de sa vie: ne risquez pas qu'un autre que vous, ait envie de prendre votre place pour l'aimer et la chérir.



4) Faites confiance à votre intelligence, à votre coeur, ne prenez pas conseil de n'importe qui

Écoutez-la et écoutez-vous: vous seuls savez ce dont vous avez besoin vraiment, vous seuls savez si c'est le moment de passer du temps ensemble à vous promener, si c'est le bon moment pour votre couple d'avoir un autre enfant, de cesser de travailler pour étudier à nouveau, si vous devez travailler plus pour lui offrir une femme de ménage, si elle a besoin de traîner au lit le chabbat matin avec vous...

=> Cessez d'aller chercher ailleurs des solutions pret-à-aimer comme on fait du pret-à porter! Faites marcher votre intelligence, garder votre capacité d'analyse, votre esprit critique, faites-vous confiance!!

==> Si vous ne savez pas comment modifier votre comportement, faites-vous aider par un professionnel, par un spécialise du couple: vous n'iriez pas chez le cardiologue pour des problèmes de dos? Pourquoi confier l'avenir de votre couple à quelqu'un qui n'y connaît rien, qu'il soit votre ami, votre frère ou votre rabin?


Votre famille?

Elle est partie prenante dans votre histoire de couple, elle n'a pas assez de recule. Elle risque de vous envahir de désirs et de convictions qui ne sont pas vraiment les vôtres, qui parlent de leurs histoire, pas de la votre.

Vos amis?

Surtout ceux dont le couple va mal pourraient bien vous tirer, sans le vouloir bien sur, vers leur dynamique de séparation et vous faire regarder votre couple avec leurs lunettes à eux; l'herbe de votre gazon est toujours moins verte et moins belle avec leur lunettes.


Votre rabin?

A moins qu'il ait fait une psychothérapie et/ ou qu'il ait étudié les mystères de la relation de couple de la psychologie masculine et féminine, à moins d'être supervisé, votre rabin n'a aucune idée claire de l'art d'aider un couple à modifier son comportement en profondeur. Votre rabin à étudié la Thora, l'abattage rituel, la cacherout, la façon de construire un mikvé, le 'Houmache, etc., pas la psychologie humaine, encore moins la façon dont il convient d'écouter pour aider les conjoints à trouver leurs propres voies. Voici 3 histoires vécues témoignant de la gravité de ne pas consulter de professionnels.

Mr et Mme Benchimol sont mariés depuis 20 ans, depuis 10 ans ils se déchirent, madame veut divorcer; elle téléphone et raconte: les rabins m'ont dit de venir vous voir avant de me donner le guet, franchement, donnez moi vite un rendez-vous qu'on en finisse.
Je la reçois et lui demande si elle a deja essayé de se faire aider, si elle a trouvé quelqu'un à qui parler de ce qu'elle vivait, de ses difficultés et de sa souffrance. Elle me répond que oui, Oh oui elle a essayé; elle a vu le Rabin B qui lui a dit de faire confiance à Dieu et continuer à avoir des enfants, que la bra'ha ne tarderait pas à venir...
Mme Benchimol a 40 ans, 8 enfants et ne rêve que d'une chose, divorcer. Le rabin B lui, vit tranquillement avec sa femme et ses enfants; les enfants de Mme Benchimol, ce n'est pas lui qui les élèvera... le mari de Mme Benchomol non plus d'ailleurs, il a jeté sa kipa et vis maintenant à New York de petits jobs.



Mme et Mr Hassan souffrent de la colère de Madame, très souvent, et pour des raisons que Mr H ne comprends pas. Mr H n'en peut plus et menace de divorcer s'ils ne vont pas voir le Rav F. Le rav F fait rapidement la liste à Mme H des qualités que doit développer une épouse pour recevoir l'amour de son époux et lui explique combien la colère détruit un couple.
Mme H est d'accord, elle veut se corriger, elle se le répète toute la journée, mais le soir, elle est devenu une vraie cocotte minute, elle explose. Pendant 6 mois, elle s'entretiendra avec le Rav F lui expliquera inlassablement la gravité de cette mauvaise qualité et combien il est indispensable qu'elle cesse de se mettre en colère.

6 mois plus tard, Mme H ne sait toujours pas ne pas se mettre en colère: le Rav F ne lui a pas appris à utiliser ses ressources àelle pour enrayer le processus et apaiser ses émotions. Mme H se sent nulle, frustrée et abandonnée.
Mr et Mme H prendrons rendez-vous à la rabanout pour divorcer l'année suivante.

Mme consulte après son divorce parce qu'elle ne veut plus reproduire la même erreur avec Mr K qu'elle s'apprête à épouser. Elle veut qu'on prenne la peine de l'écouter, sans la juger et avec bienveillance. Quelques séances plus tard, elle retrouve la source de toutes ces colères: quand Mr H n'était pas content après elle, il allait dormir dans la salle à manger et pouvait passer des mois, sans la toucher...


D'un dayan et de rabanim connus je tiens cette confirmation: en continuant à s'occuper de couples, alors qu'il n'ont pas les connaissances requises, certains cadres communautaires font un mal inouï à la communauté juive et à l'enseignement du judaïsme. Cessons ce jeu massacre, et apprenons la modestie: déléguons! Envoyons nos ouailles consulter des spécialistes, il en existe suffisamment respectant l'éthique et la tradition juive.

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