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Cette rubrique n'a pas pour but de convaincre
de maintenir un couple ensemble (qui voudrait prendre une telle responsabilité?) mais de mener une réflexion approfondie sur les raisons qui nous poussent à choisir cette seule solution en réponse aux souffrances dans le couple.

Si le judaïsme propose le divorce comme moyen se résoudre une mésentente, voire une mesalliance, c'est bien qu'il arriveque la vie commune n'est parfois plus possible.

Nous partirons donc du principe que la séparation fait partie des solutions acceptables , parfois meme indispensable, voire recommandée. Ce que je me propose plutôt de vérifier avec vous ici, c'est ce qui nous pousse à choisir cette solution. Pour cela, il est important de vérifier plusieurs points quisont autant de questions à se poser avec franchise, courage et sincérité. (NB: nous éliminerons d'emblée les raisons dramatiques de viol conjugal, inceste et trouble du comportement particulière ment grave, qui feront l'objet d'une autre rubrique).


10 questions à se poser avant de se séparer

Avons-nous bien saisi, tous les deux, ce qu'est le mariage, et peut-être surtout, ce qu'il n'est pas. Mes attentes sont-elles réalistes et justes? Est-ce que j'attends tout de mon partenaire- qu'il soit ma source d'oxygène, de vie, de bonheur et d'épanouisse- ment. Est-ce un rôle que je lui attribue et qui m'épargne la responsabilité d'être moi-même, de devenir qui je suis, de m'affirmer, de faire mes choix de vie, d'éliminer de ma vie des personnes, des croyances, des doutes, de sortir de mes limites?


La souffrance fait-elle partie des choses normales de la vie? Si oui pourquoi Dieu s'en sert-Il de façon si "provocante" parfois; à quoi joue-t-on?


Ma souffrance est elle "raisonnable" ou ai-je plutôt un très faible seuil de tolérance aux désagréments et aux frustrations? Si c'est le cas pourquoi et comment changer cela?


La souffrance que je ressens trouve-t-elle sa source dans mon couple, ou bien est-ce que, en tout honnêteté, je ressens des émotions semblables au sujet d'autres situations?
D'autres raisons, d'autres personnes provoquent-elles en moi les mêmes panique, désarrois, tristesse, sensation d'étouffe- ment, sentiment de perte de mon temps et de ma vie, de repères, de honte, de dépendance d'humiliation, etc...


La solution de séparation est-elle venue de l'extérieur?
Sont-ce mes proches, ou mes amis, mes parents, ma commu nauté, qui attendent que je le quitte?

Y a-t-il des motifs raisonnables qui me font croire que sans elle, sans lui, mes peines seront éliminées de ma vie? Ai-je tendance à me persuader que c'est uniquement avec un autre, peut-être m'attend-il deja, que mon espace, mon besoin d'affection, de reconnaissance, ma vie donc, seront enfin baignés de lumière et d'amour?


Ai-je en toute honnêteté, fait tout ce qu'il faut pour améliorer les choses, me changer, l'accepter, le reconnaître, le respecter, l'encourager, croire en lui, et puis en toute conscience décidé que ma relation de couple est irréparable, que nous ne changerons pas, ni lui ni moi?


N'y a-t-il plus aucun sentiments entre nous, le plaisir du temps passé loin de lui (elle) est-il devenu plus fort que lorsque nous sommes ensembles. Les projets qui vous faisaient vibrer ensemble sont ils loins et ont-il perdu toute saveur?


Pourrions-nous mieux nous aimer si nous savions nous écouter, nous exprimer... si nous communiquions mieux? Avons-nous toujours du désir l'un pour l'autre?


Ai je déjà réussi à lui parler de tout cela, vraiment, sans menacer ni manipuler, de tou mon soeur, sans crandre de m'exposer, qu'il s'en "serve" pour me faire mal, sans fuir mes émotions. Ai-je pu vérifier qu'il m'avait bien compris, et avons-nous trouvé ensemble des solutions acceptables pour chacun de nous?



Pourquoi se poser (toutes) ces questions?

Parce que vous ne voulez pas, un jour, vous dire que vous n'aurez pas eu le cran, le courage de vous les être posées!

Parce qu'un jour vous serez une autre personne, plus tard, dans 10 ans, dans 20 ans, et que vous voulez vous souvenir de qui vous avez été avec fierté, la tête haute.

Parce que si vous vous séparez sans vous les être posées ces questions, il n'y a aucune chance pour que vous ne choisissiez pas à nouveau un autre partenaire avec les mêmes manques, et que vous ne formiez pas encore une fois, un couple qui fonctionne mal.

(Et oui, pourquoi les même causes généreraient elles des conséquences différentes?)

Parce que si vous avez des enfants, vous aurez compris qu'à eux aussi, vous leur devez cette réflexion. Et que si vous ne le faites pas, ce sont eux qui plus tard, auront à régler ce problème à votre place... bonjour la transmission...



Que faire si vous n'arrivez pas à réfléchir et sortir de la crise?

"Ein bréra" on dit en ivrit: "y a po l'choix"... si vous n'y arrivez pas seul, c'est sans doute, effectivement, que vous êtes seul à mener votre réflexion. Mais alors, qui, me direz-vous peut vous aider? Voyons déjà qui ne peut pas vous aider...


vos amis?

Ils ne vous connaissent sans doute pas en couple; s'ils vous aiment, n'étant pas des professionnels, ils tenteront de vous aider en vous poussant à trouver des solutions qui en fait reflètent leurs difficultés à eux, peut-être vous encourageront-il à vous séparer, mais il ne seront pas là pour éponger vos larmes le soir seul (e) chez vous.
Si de plus, ils sont eux-même en difficulté dans leur couple, ils ne sont vraiment pas dans la meilleure position pour vous écouter et vous conseiller.


vos parents?

Il n'y a pas de pire choix: ils sont "noguéim bédavar", ils sont concernés, dans leur histoire, dans leur chaire; vous, c'est une partie d'eux; votre conjoint, ils n'ont aucun lien avec lui (elle) et ne se sentent pas vraiment d'obligation à son égard.


votre rabin?

Il connaît le judaïsme mais il n'a aucune formation pour s'occuper de la relation de couple. Au mieux il vous recommandera un professionnel; Dieu merci cela se fait de plus en plus. Au pire, il jouera avec votre âme et se jugera apte à vous dire ce qui est bon pour vous, pour votre plus grand malheur. Le rabin vous parle de la façon dont un couple se construit du point de vue religieux, il vous enseigne la sagesse de Dieu, mais il n'a aucune compétence pour vous aider a soigner votre souffrance et coacher votre couple. Lui même a-il travaillé sa relation de couple?

Vous l'aurez compris, il vous faut une personne compétente, dont c'est le métier.



Vous désirez consulter: où vous tourner, sur quels critères choisir?

Il y a en 3 principaux:

1) Il doit avoir des diplômes certifiant le temps passé à étudier la relation de couple et prouvant ses motivations à passer de l'état de bénévole à celui de professionnel.

2) Il doit avoir fait sa propre thérapie et réglé ses propres souffrance personnelles et de couple.

3) il doit être supervisé par un professionnel reconnu, seule garantie qu'il est encadré et obligé à se travailler en permanence pendant la période où il exerce la profession de thérapeute de couple ou de conseiller conjugal.


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