Couple et famille juives - Conseil conjugal et judaïsme - Relations familiales: jeunes couples et belle famille: chacun à sa place!
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Un seul capitaine pour un navire!

Lorsqu'un couple se marie, un énorme travail l'attend: apprendre à connaître l'autre, apprendre à l'autre qui l'on est (c'est souvent à ce moment là qu'on se découvre soi- même), déterminer le type de relation qui lui convient le mieux.

Cette période va durer longtemps, souvent plusieurs années.

Pensant bien faire, les parents offrent conseils, services et critiques: "tu devrais", "je vais te dire", "il faut que vous"...

Après 20 ans de vie commune, nous parents, estimons, souvent à juste litre, avoir de l'expérience; lorsque nous donnons un conseil, c'est parce que nous voulons "leur éviter des catastrophes". Il se peut que le conseil soit adéquat, et pourtant, gardons-nous bien de le donner! Pourquoi? Parce que nous ne voyons qu'une partie des choses.

Votre fille parait soumise à son mari? Mais c'est peut être la personnalité protectrice de cet homme-là qui lui a plu, justement! Votre belle-fille vous semble terriblement autoritaire? Mais c'est pour son dynamisme et son esprit de décision que votre fils l'a choisie!
S'ils doivent décidez à deux ce que leur convient, s'il doivent construire leur propre maison, le plan que nous, parents, leur proposons, ne peut leur convenir, car ce serait leur imposer notre plan qui est celui de notre maison. Tout comme des vêtements confectionnés pour nous, à nos mesures, ne peuvent leur convenir.
Nous projetons sur nos enfants ce que nous nous souhaitons à nous-même: mais eux, ils ne sont pas nous!


Ils n'ont pas besoin de nos conseils

Si nous sommes d'accord pour dire qu'un couple heureux est un couple qui se connaît bien et qui a trouvé
son propre code de communication, et si nous admettons que chaque couple a besoin d'intimité, ne devrions-nous pas cesser d'être si présent? Ne devrions-nous pas nous interdire de donner des conseils? Car que savons-nous de ce qui est bon pour eux, vraiment?

Un jeune couple se découvre petit à petit, à son rythme; il a des besoins qui lui sont particuliers, uniques. Il ne nous ressemble pas, il ne fonctionne pas comme nous. S'ils se lèvent tard, s'ils travaillent peu, s'ils ne semblent pas affolés par leur situation matérielle, devons nous pour autant intervenir? S'il ne sont pas en danger, restons en retrait

Un jeune couple est une jeune pousse qui doit grandir et se renforcer: c'est lui même qui décide quand et comment: cessons de les abreuver de conseils, car nous risquons de les noyer. Lorsque nous nous immisçons dans leur vie, nous détruisons leur énergie vitale, nous les empêchons de pousser. En tant que parents et beaux-parent nous n'avons qu'un seul droit, celui de nous taire.

Ce besoin de prendre le large est d'ailleurs exprimé clairement dans le judaïsme; s'adressant au jeune homme, la Thora dit: tu abandonneras ton père et ta mère et tu t'uniras à ta femme.
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C'est parce qu'il abandonne ses parents, que le jeune homme peut s'attacher à sa femme et construire son couple. Un grand Sage de la Guemara appelait d'ailleurs sa femme "ma maison". Et non pas la maison de ses parents!

Il leur faut du temps seuls

Le Steppeler Rabbi explique que la première année du mariage, les conjoints doivent passer beaucoup de temps ensemble; cette première année est si capitale, qu'au temps du Temple, la Torah dégageait le jeune marié de toute obligation militaire: il n'ira pas à l'armée, il sera libre chez lui pendant un an, pour réjouir sa femme.

Qu'en est-il de ces jeunes qui passent un chabbat chez les un, un chabbat chez les autres, et reçoivent des invités parfois dès le lendemain des chéva bra'hot (les 7 jours de fêtes qui suivent le jour du mariage)? Quand prennent-ils le temps de se découvrir? Lorsque l'un des deux travaille, a fortiori quand c'est les deux, le week-end est le seul moment où ils peuvent être seuls. Nous pensons leur rendre service en les invitant souvent? En vérité, nous les empêchons de se retrouver.

Voyons-les peu, téléphonons-leur avec parcimonie, ne leur rendons pas visite avant d'avoir été invités. Ils ne renoncent pas à nous voir, ils sont simplement extrêmement occupés à se découvrir et à se construire. A cette étape de leur vie, ils n'ont pas besoin de nous. Nous pouvons être attentifs, mais nous ne devons rien dire. Et si nous voulons les aider, demandons leur ce qu'ils désirent.


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