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Articles et interviews sur le conseil conjugal

1. Comment avez-vous accédé à cette profession?

Comme de très nombreux conseillers conjugaux et familiaux, j’ai toujours été sollicitée par mes amis,
mes proches, et spontanément les nouvelles personnes que je rencontrai. J’avais apparemment une bonne écoute, et mes conseils plaisaient. Puis un jour, j’ai répondu à une question qu’un des conjoints d’un couple me posait, et ma réponse a été totalement inadaptée… Cette expérience me troubla suffisamment pour me faire réaliser que le bénévolat et les bonnes intentions, c’était bien, mais que le professionnalisme, c’était beaucoup mieux. C’est ainsi que j’ai commencé une série de stages, diplôme
à la fac de Paris VIII, et bien entendu ma thérapie de couple et personnelle.


2. Qu'est-ce qui vous paraît intéressant dans l'exercice de ce métier?


Ce qui me paraît le plus intéressant, ce sont les outils que l’on met à disposition des couples afin de les aider à améliorer leur relation. Il s’agit la plupart du temps d’une véritable métamorphose, la découverte fondamentale que les relations entre les individus font l’objet d’un apprentissage au même titre que la conduite ou la cuisine. Être à la fois un acteur et un spectateur de leur épanouissement est ce qu’il y a
de plus intéressant.


3. Y- a- t’il des astreintes? Si oui, lesquelles? Pour moi, il s’agit de faire en permanence attention… à conseiller le moins possible !

En effet, le conseiller conjugal aide à comprendre ce qu’il se passe dans le couple, à trouver ses propres solutions ; pour cela, il donne des outils de travail. Il recherche le potentiel du couple, éveille ses talents, propose ce qui peut être amélioré. Il est un découvreur de génie, de leur génie…
L’astreinte est de laisser le temps au couple de découvrir son potentiel, sans brûler les étapes.


4. Que faut-il savoir-faire?

Il faut savoir surtout faire 2 choses : 1. Écouter : écouter vraiment, entrer dans l’histoire de l’autre, mettre en action de façon soutenue ce que j’appelle “ma neutralité bienveillante”. 2. Rester à l’écoute de moi-même, afin de savoir ce que déclenche et réveille en moi les sentiments et les émotions des couples qui me consultent. Car si je ne suis pas en contact avec moi-même, je ne peux être en contact avec eux.


5. Quelles qualités personnelles sont nécessaires?


Je dirai à la fois la modestie, et l’ambition : la modestie de n’être qu’un outil pour le couple, de ne pas être un sauveur. L’ambition de faire ces deux choses parfaitement et d’y travailler par le biais de ma formation continue en supervision car j’ai moi aussi besoin de me remettre en question pour avancer et faire avancer.


6. Quels sont les problèmes que vous avez à régler? (Inhabituels par exemple...)

La plupart du temps, j’interviens pour des problèmes de communication. Les conjoints ne parlent pas le même langage et ne se comprennent pas. Mais surtout, ils ne s’imaginent pas qu’ils ont une part de responsabilité ou plus exactement un rôle dans la mauvaise relation qu’ils entretiennent avec leur conjoint. Les problèmes de violences conjugales sont les plus frustrantes car ils débouchent rarement sur une thérapie qui elle seule pourrait aider le couple. Celui qui est frappé vient se plaindre, puis dépense toute sont énergie à trouver à son conjoint des circonstances atténuantes, ce qui lui permet en retour de continuer. C’est un cercle qu’il est très difficile de briser.


7. Quelle est l'évolution actuelle du métier?


Les métiers de l’écoute et du soutien psychologique passeront certainement par Internet. Je me suis rendue compte que la vie actuelle laissait peu de temps libre aux couples, particulièrement lorsque les deux travaillent et qu’il faut cumuler une vie professionnelle, de couple et familiale.
Ce problème de temps incompressible m’a fait réalisé qu’il serait souhaitable de proposer des consultations à n’importe quel moment de la journée, le soir, et le dimanche. Par ailleurs, nombre de personnes n’ont pas les moyens d’entamer une psychothérapie. Par contre, une grande partie des personnes en difficultés se suffiraient d’un petit nombre de séances pour redonner du tonus à leur couple. Il fallait donc trouver une formule qui permette de ne pas se déplacer et de consulter quand cela leur convient.

Au vue de ces deux données, j’ai créé un site Internet de consultations en conseil conjugal et soutien psychologique par chat-room, par téléphone, échange d'email ou web cam.

C’est ainsi qu’ ecoute-psy.com est né, il y a déjà 4 ans. Il a d’ailleurs déjà été primé par le journal “Best on Web“ pour sa qualité graphique, ergonomique et pour l’originalité du projet.

 

 

Mme Bar Neron, vous avez un cabinet de conseil conjugal à Jérusalem. Que conseille-t-on lorsque l’on est conseillère conjugale?

En vérité, le “conseil conjugal” porte fort mal son nom car le conseiller conjugal ne conseille pas, c’est même une pratique qu’il s’efforce d’utiliser le moins possible. Il se méfie des formules et solutions prêtes à emploi et qui vous peint un tableau de votre personnalité et de ce que vous devez faire dès le premier rendez-vous. Le conseiller conjugal aide à comprendre ce qu’il se passe dans le couple, à trouver vos propres solutions ; pour cela, il donne des outils de travail. Il recherche le potentiel du couple, éveille ses talents, propose ce qui peut être amélioré. Il est un découvreur de génie, de votre génie…


- Vous ne servez donc par de remèdes miracle, ni de formule magique ? Mais alors, qu’est- ce qu’on fait chez vous ?!

Dans mon cabinet, on travaille ! On part à la fois à la recherche de soi, de l’autre et de son couple. On apprend à exprimer et formuler ses besoins, ses désirs, ses peurs et ses espoirs : les siens… et ceux de l’autre. Dans un cabinet de conseil conjugal, on apprend aussi à écouter car «dans un couple, il ne suffit pas de parler encore faut-il s'entendre».
Rechercher qui l’on est, le couple que l’on veut construire, parler, exprimer ses sentiments, écouter l’autre et le comprendre, cela s’apprend et nécessite des outils de communication que je transmets lors des consultations. Travailler son couple est le passage obligatoire pour bien s’aimer, comme l’écrit R.M. Rilke: “l’amour est le critère et l’épreuve ultimes, c’est la tâche en vue de laquelle toutes les autres ne sont que préparation (…) une extraordinaire occasion de mûrir et de se transformer”.


- Si l’on a besoin de conseils de mettre les choses à plat, il faut absolument venir à deux?

Venir à deux, s’est évidemment l’idéal; c’est une preuve pour votre conjoint que vous désirez améliorer les choses et cela montre votre désir de le comprendre. Cependant, je ne crois pas qu’il faille attendre que les deux conjoints soient d’accord pour prendre contact ; il est tout à fait possible de venir seul.


- Mais à quoi sert de venir seul : le problème, c’est à deux qu’on l’a. Souvent, c’est celui qui a mal qui vient consulter, alors que c’est celui qui fait souffrir qui devrait !!

Je ne sais plus qui disait qu’un couple c’est «deux êtres qui passent leur temps à régler des problèmes qu’ils n’auraient pas eu en restant célibataires» !
Lorsque le couple traverse une difficulté, un conflit, cela concerne les deux conjoints et donc chacun des deux a le pouvoir de modifier la relation, de faire du bien au couple. En agissant sur les causes ainsi que sur les émotions qu’elle provoque. Pour cela le travail simultané des époux n’est pas obligatoire pourvu que l’un des deux commence et que la communication dans le couple se rétablisse. Le déplacement d’énergie au cours du travail effectué en conseil conjugal, et en cela il s’apparente au travail thérapeutique, est comparable au déplacement d’une pièce de puzzle : si j’en bouge une, c’est tout le puzzle qui bouge ! Pour le Gaon de Vilna, le couple est l’école de l’humilité : peu importe qui fait le premier pas, peu importe qui a tort ou raison : quand le couple sort vainqueur, il n’y a ni gagnant, ni perdant, mais deux personnes ont gagné à 100%. Donc, pour répondre à votre question, si seul l’un des conjoints vient en consultation, le couple changera quand même, car une dynamique est en train de se créer : l’un des conjoints est entré en phase d’éveil, de réceptivité, d’écoute et de parole et le couple commence le processus de guérison ; votre couple va mieux et même vos enfants, et même vos parents !


- Si ma femme bouge, ça va faire bouger ma mère ? Elle risque de ne pas être contente du tout, vous allez provoquer des secousses dans les chaumières, c’est bon ça?


Bien sur que c’est bon : le mouvement, c’est la vie ! Et pourtant, lorsqu’un couple vient consulter, c’est souvent pour que nous l’aidions à éviter des tensions, à maintenir la relation en l’état, à garantir l’immobilité en fait … or, c’est parce que les choses ne bougent pas que les relations se détériorent ; il faut donc que le couple bouge, et ça, ça fait aussi bouger la famille. Vous verrez, votre mère sera ravie ! - Donc, la conseillère conjugale aide à éclaircir une situation, à la débloquer, à sortir de l’impasse… j’imagine que là non plus, pas de remède miracle, plusieurs consultations sont nécessaires ? En général, je préfère voir une première fois le couple, puis une seconde fois l’un et l’autre séparément. C’est le couple ou l’un des deux qui décide ensuite s’il veut commencer un travail de développement personnel et de construction de son couple. Parfois l’un commence et l’autre, voyant des progrès, prend la décision de consulter lui aussi. Le nombre de séances est donc variable.


- Comment fait un couple qui habite loin, dont les horaires de travail sont incompatibles avec celles d’ouverture de votre cabinet ou qui ne peut pas temporairement se déplacer ?


La rencontre avec un professionnel de l’écoute est la situation de travail idéale. Le contact, la présence d’un ou des conjoints, ce qui s’y passe au niveau des émotions, des sentiments et du langage du corps est la meilleur façon de travailler la relation à l’autre. Cependant, la vie moderne fait que ce n’est pas toujours possible. Dans ces cas là, j’invite les personnes à consulter sur Internet sur le site www.ecoute-juive.com qui est un lieu de rencontre avec une équipe de professionnels de l’écoute. Les consultations ont lieu sur chat-room privée, ce qui convient aux personnes qui désirent garder l’anonymat, ou par web-cam dans le cas par exemple de ceux qui viennent consulter à la fois en cabinet et sur Internet.


- La conseillère conjugale aide les gens mariés, mais ne serait– il pas souhaitable de former les jeunes plusieurs années avant, leur apprendre à communiquer et à réfléchir sur eux-même en général et sur la relation de couple en particulier, avant de s’engager dans le mariage ?

Oui, je suis entièrement d’accord avec cette vision de l’éducation, c’est pourquoi j’interviens dans des lycées en seconde, première et terminale. J’anime des dynamiques de groupe qui ont précisément ce but: former les époux de demain. C’est une expérience vivifiante et passionnante car les jeunes sont formidablement disponibles et ouverts au changement. Travailler avec eux c’est semer sur un terrain fertile. Je reçois aussi régulièrement des jeunes gens qui s’interrogent sur le choix de leur conjoint et leur rapport avec la belle-famille.


- Vous vous occupez des jeunes avant le mariage, parfois même vous les y préparez, mais qui les accompagne après le mariage, et la première année tout particulièrement, alors que l’on sait combien pensent au divorce !


Oui, vous voulez parlez du “service après vente”- expression visionnaire! J’encourage les futurs mariés à prendre contact avant leur mariage pour parler de leur projet de couple et de famille. Cette intervention se rapproche de l’enseignement de la Hachkafah (construction du couple et sexualité) qui fait partie de toute préparation sérieuse au mariage.


- Peut-on toujours sauver un couple ?

Non, ce n’est pas toujours possible. Dans ces cas là, le conseiller conjugal proposera l’intervention d’un médiateur qui les aidera à construire «l’ après couple». Parfois, il est bon d’entamer une thérapie courte
afin d’éviter un deuxième échec par la suite. J’ai déjà entendu dire que un tel et une telle s’étaient mal choisis. A vrai dire je n’aime pas l’expression car elle met D de côté. Je crois que lorsque deux êtres se marient il y a là un potentiel de réussite et d’amour. Mais aimer et être quelqu’un de bien ne suffisnet pas. Parfois la vie en couple ou encore des éléments extérieurs ébranlent le couple; c’est pour cela qu’il faut préparer la guerre en temps de paix: fortifier son couple avant l’épreuve.


- Mme Bar Neron, quel conseil donneriez vous aux couples qui se posent des questions sur leur avenir?

1. Soyez d’une immodeste ambition pour votre couple, ne renoncez pas, soyez inventifs, prêts à changer, à bouger. Faîtes des choses avec votre conjoint mais aussi séparément: n’aliénez pas vos espaces de liberté et aidez votre conjoint à trouver les siens. Invertissez dans votre couple, travaillez dur pour le bonifier et tirez en beaucoup, beaucoup de plaisir ! Qu’il soit une source de joie, pas seulement d’obligations.

2. Ne laissez jamais un conflit s’installer, n’hésitez pas à vous faire aider par un professionnel quand vous n’y arrivez pas seul, car «la meilleur façon de prédire votre avenir, c’est de le créer».

Interview sur le journal l'Impact: cliquez ici




 
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