Pourquoi les hommes consultent moins

Messieurs, consultez avant qu’elles partent. Accompagnez vos femmes quand elles veulent consulter, aidez-les à aider la transformation de votre couple. Essayez. 80 % des hommes qui divorcent le regrettent dans l’année. Pas les femmes…

Vous êtes de plus en plus nombreux à le dire: « J’aurai pu éviter cela si seulement… j’avais consulté avant ». Ce cri du coeur, bien des couples l’expriment en séance de conseil conjugal. Nombreux sont ceux qui se demandent pourquoi les professionnels du couple et les rabbins n’expliquent pas précisément ce qu’ils risquent vraiment en ne prenant pas leur difficulté à bras le corps.
Et tous se sentent trahis qu’on ne leur ait pas dit à quel point la situation était grave et aboutirait à la rupture s’ils ne modifiaient pas au plus vite leur comportement. De ces entretiens en conseil conjugal, j’ai retenu quelques recommandations et que j’aimerais partager avec vous chers époux.

1. Terminez vos séances de coaching

Allez jusqu’au bout, persistez, tenez bon

La rapidité avec laquelle les maris arrêtent une thérapie de couple est égale à la résistance qu’ils mettent à venir consulter. 80% de femmes consultent en conseil conjugal ou en psychothérapie, contre 20% des hommes. De même, les demandes de divorce sont majoritairement faites par les femmes. Ceci est vrai dans le civil comme au rabinat. De là à dire que si les maris consultaient plus, il y aurait moins de divorces, il n’y a qu’un pas et je le franchis immédiatement.

Les hommes consultent moins

Les hommes n’ont pas l’habitude de parler de ce qu’ils pensent de leur relation de couple, ni de leurs émotions, mais plutôt de ce qu’ils savent faire: quand on demande à un homme ce qu’il ressent quand sa femme lui reproche de ne pas être assez « proche d’elle », il répond: « et bien je l’emmène au restaurant »… La gent masculine peine à être en contact avec ses émotions; et celles de leurs femmes les agacent. Ceci nous permet de comprendre pourquoi les hommes ne comprennent pas quel est le but de consulter et de quelle façon un étranger, fut il un professionnel de la relation de couple, pourrait les aider. Quand ils le comprennent, ils arrêtent vite, parce qu’ils n’ont pas assimilé une autre réalité: modifier un comportement et aimer mieux, cela prend du temps.

De même, quand ils se laissent convaincre de consulter, les hommes viennent en consultation une ou deux fois puis cessent de venir; lorsque les progrès ne sont pas assez rapides, lorsque qu’ils doutent ou ne comprennent pas les techniques proposées par le thérapeute, lorsque cela les ennuie, que la dépense occasionnée ne « rentre » pas dans le budget, les hommes sont nombreux à arrêter la thérapie.

Le problème, c’est que vos femmes messieurs, quand elles découvrent le plaisir de parler et d’être écoutée, lorsqu’elles ont pris goût au travail de la relation de couple, et quand elles continuent, sans vous, ce n’est pas sans poser de sérieux problèmes. Voici lesquels:

Elle consulte, pas vous? C’est risqué…

Si votre femme est seule à faire des efforts, elle va vous distancer.

Il se pourrait bien qu’à force de conduire seule sa thérapie, sans vous à ses cotés, votre femme trouve agréable de se manager. Il se pourrait bien qu’elle trouve la vie plus belle sans vous qu’avec vous.

Quand l’un des partenaires du couple comprend le bénéfice qu’il y a à se connaître, à mieux communiquer, à savoir s’exprimer, bien écouter, comprendre le fonctionnement du couple et des êtres humains, il ne peut tout simplement plus porter à bout de bras une relation médiocre et une faible capacité à aimer et à se donner.

Et c’est souvent la femme qui comprend l’urgence d’améliorer la relation de couple et son comportement; très vite, il va devenir vital pour elle de changer: plus seulement pour votre couple, mais pour elle-même, pour son propre équilibre!

Malheureusement, force est de constater que très souvent, vous cessez de venir en consultation; vos femmes elles, poursuivent, ayant compris ce qu’elles tireront de ce travail thérapeutique dans leur vie personnelle, les relations avec les enfants, dans leur vie professionnelle… et dans leur future couple si vous deviez vous séparer.

Vous allez me dire, « mais non, il y a des hommes qui ne bougent pas, et leurs femmes restent avec eux« : ces hommes là n’ont pas plus de 40 ans, et leurs femmes ne sont pas encore parties; elles attendent que les enfants s’en aillent, pour partir aussi… elles feront le bilan de ce qu’elles auront gagné à s’occuper d’un homme qui ne fait pas les efforts demandés et nécessaires.

Mais elles ne vous le disent pas; en fait, elles ne vous le disent plus, car il y a longtemps que vous n’écoutez plus… c’est ce que dit la Guemara: « si ce n’est pour être aimée, les femmes ne se marieraient pas, elles n’ont pas besoin des hommes pour vivre ». A contrario, il est dit des hommes, que sans femmes, ils ne peuvent trouver de bonheur véritable, et leur vision du monde est si incomplète qu’il ne peuvent être Rabbin!!

2. Soutenez là, elle est votre meilleur ami

Ne comptez plus les points

Et de ne donner que si elle a fait sa part, de la regarder à la loupe. Observez combien toute la vie d’une femme est remplie, de jour comme de nuit, combien elle donne et à combien de personnes différentes les unes des autres, combien elle doit s’adapter et combien elle doit aimer.

Vous, Messieurs, soyez leurs obligés, donnez-leur un peu de votre temps, aidez-les dans leurs taches ménagères, ne craignez pas d’y perdre votre énergie ni votre temps, ne vous trompez pas de champs de bataille: c’est dans votre foyer qu’il vous faut être un héros, pas avec les copains, pas au boulot, pas seulement à la yéchiva ou à la synagogue… car vous êtes le seul homme qui peut remplir ce rôle, celui de sa vie: ne risquez pas qu’un autre que vous, ait envie de prendre votre place pour l’aimer, la chérir, prendre soin d’elle.

Faites-vous confiance

Ecoutez votre intuition, écoutez-vous: vous seuls savez ce dont vous avez besoin vraiment, vous seul savez si c’est le moment de passer du temps ensemble à vous promener, si c’est le bon moment pour votre couple d’avoir un autre enfant, de cesser de travailler pour étudier à nouveau, si vous devez travailler plus pour lui offrir une femme de ménage, si elle a besoin de traîner au lit le chabbat matin avec vous…

Cessez d’aller chercher ailleurs des solutions pret-à-aimer comme on fait du pret-à porter! Faites marcher votre intelligence, garder votre capacité d’analyse, votre esprit critique, faites-vous confiance!  Si vous ne savez pas comment modifier votre comportement, faites-vous aider par un spécialise du couple.

Parlez lui de vos priorités, négociez

Vous avez pris l’ahabitude de vous taire, pur avoir la paix. Elle ne sait plus qui vous êtes. Vous croyez avoir démissionné, en fait vous avez tué la relation. Reprenez vous et ne vous laissez pas impresionner par la peine et la panique que vous  l’aimez moins ou plus. Expliquez vos besoins sans peur et sans soumission, mais avec empathie et respect: cette fois ci elle va comprendre.

3. Limiter l’influence de l’entourage

Votre famille? Elle est partie prenante dans votre histoire de couple, elle n’a pas assez de recule. Elle risque de vous envahir de désirs et de convictions qui ne sont pas vraiment les vôtres, qui parlent de leur histoire, pas de la votre.

Vos amis? Surtout ceux dont le couple va mal pourraient bien vous tirer, sans le vouloir bien sur, vers leur dynamique de séparation et vous faire regarder votre couple avec leurs lunettes à eux; pour infos, dans 8 cas sur 10, lorsqu’un homme vient me consulter pour des difficultés de chalom bayit et que je lui demande si sa femme a dans son entourage une amie en procédure de séparation ou célibataire depuis longtemps, la réponse est oui.

Ce n’est pas l’amie qui sépare le couple, mais cela peut avoir une petite influence, et le couple en souffrance n’as pas besoin de cela… l’herbe de votre gazon est toujours moins verte et moins belle avec leurs lunettes.

Votre Rabin?

A moins qu’il ait fait une psychothérapie et/ ou qu’il ait étudié les mystères de la relation de couple de la psychologie masculine et féminine, à moins d’être supervisé, votre Rabin n’a aucune idée claire de l’art d’aider un couple à modifier son comportement en profondeur. Il a étudié la Thora, l’abattage rituel, la cacherout, la façon de construire un mikvé, le ‘Houmache, etc., pas la psychologie humaine, encore moins la façon dont il convient d’écouter pour aider les conjoints à trouver leurs propres voies.

4. Cherchez de l’aide

Voici 3 histoires vécues témoignant de la gravité de ne pas consulter de professionnel

Mr et Mme Benchimol sont mariés depuis 20 ans, depuis 10 ans ils se déchirent, madame veut divorcer; elle téléphone et raconte: les rabins m’ont dit de venir vous voir avant de me donner le guet, franchement, donnez moi vite un rendez-vous qu’on en finisse.

Je la reçois et lui demande si elle a déjà essayé de se faire aider, si elle a trouvé quelqu’un à qui parler de ce qu’elle vivait, de ses difficultés et de sa souffrance. Elle me répond que « oui, Oh oui » elle a essayé; elle a vu le Rabin B qui lui a dit de faire confiance à Dieu et continuer à avoir des enfants, que la bra’ha ne tarderait pas à venir.

Mme Benchimol a 40 ans, 8 enfants et ne rêve que d’une chose, divorcer. Le Rabin B lui, vit tranquillement avec sa femme et ses enfants: les enfants de Mme Benchimol, ce n’est
pas lui qui les élèvera… le mari de Mme Benchimol non plus d’ailleurs, il a jeté sa kipa et vis maintenant à New York de petits jobs.

Mme et Mr Hassan souffrent de la colère de Madame, très souvent, et pour des raisons que Mr H ne comprends pas. Mr H n’en peut plus et menace de divorcer s’ils ne vont pas voir le Rav F. Le rav F fait rapidement la liste à Mme H des qualités que doit développer une épouse pour recevoir l’amour de son époux et lui explique combien la colère détruit un couple.

Mme H est d’accord, elle veut se corriger, elle se le répète toute la journée, mais le soir, elle est devenu une vraie cocotte minute, elle explose. Pendant 6 mois, elle s’entretiendra avec le Rav F lui expliquera inlassablement la gravité de cette mauvaise qualité et combien il est indispensable qu’elle cesse de se mettre en colère.

6 mois plus tard, Mme H ne sait toujours pas controler sa colère: le Rav F ne lui a pas appris à utiliser ses ressources à elle pour enrayer le processus et apaiser ses émotions. Mme H se sent nulle, frustrée et abandonnée.

Mr et Mme H prendrons rendez-vous à la rabanout pour divorcer l’année suivante.

Rivka consulte après son divorce parce qu’elle ne veut plus reproduire la même erreur avec David qu’elle s’apprête à épouser. Elle recherche un homme qui prenne la peine de l’écouter, sans la juger et avec bienveillance. Quelques séances plus tard, elle retrouve la source de toutes ces colères: quand son ex mari Simon n’était pas content après elle, il allait dormir dans la salle à manger et pouvait passer des mois, sans la toucher.

D’un dayan et de rabanim connus en Israël je tiens cette confirmation: en continuant à s’occuper de couples, alors qu’ils n’ont pas les connaissances requises, certains cadres religieux font un mal inouï à la communauté juive et à l’enseignement du judaïsme. Cessons ce jeu massacre, et apprenons la modestie: déléguons! Envoyons nos ouailles consulter des spécialistes, il en existe suffisamment respectant l’éthique et la tradition juive.

 

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