La liberté dans le couple

Article écrit à la veille de Pessa’h dans le but d’inspirer des sujets à développer pendant le séder

Pessa’h: passer par dessus les problèmes?

Alors que le peuple juif se prépare à « passer par dessus » ses chaînes (selon l’explication du mot « Pessa’h »), certains couples ont le sentiment que les leurs pèsent un peu plus lourd chaque année.

Se libérer de nos chaines

En Égypte nous avons fuit l’esclavage. Chaque Pessa’h, nous sommes censés nous libérer de nos chaines (symbole de l’attachement morbide), individuelles et dans nos relations. Nous libérer d’une façon toxique de construire des relations, qui nous enchaine et nous plombe.

Se libérer de nos liens

Pas de nous libérer de nos liens (terme évoquant attachement positif, plein de joie et de plénitude). Avons-nous fait du mot Pessa’h (passer par dessus) un slogan qui signifie:

  • Passer par dessus les épreuves après les avoir affrontées?
  • Zapper les conflits dans le couple ou avec nos enfants?
  • Passer par dessus le fait que nous sommes bien responsables de la médiocrité de nos relations et de l’insatisfaction de nos vies?
  • Passer par dessus le respect de nos besoins, en particulier pour se soumettre, par peur du conflit ou par peur de déplaire?

Pour le jeune marié, le départ de la maison parentale qui semblait mener vers les sommets de la liberté, se transforme bien vite en arène romaine, dans laquelle chacun des conjoints se débat pour échapper au contrôle de l’autre, et à une profonde sensation d’étouffer. Pour sortir de l’impasse, il est indispensable de comprendre 2 principes et de les travailler avec confiance, optimisme et ténacité.

1. Quel équilibre faut il chercher?

Le but n’est pas de changer l’autre

Par exemple, le rendre plus religieux, plus mince, plus entreprenant, plus viril, plus attirant,plus sexy, etc. Il est clair que le but du jeu est au contraire « juste » d’accompagner, de partager et de rendre heureux notre partenaire de vie, le plus possible selon ses critères à lui, et non selon les nôtres. On peut changer la relation, la façon dont nous sommes en lien avec lui, de parler, de demander: on ne peut guère le changer, lui (et dans ce cas là, reste à savoir comment ;).

C’est à nous de trouver l’oxygène qui nous manque

Et remplir notre vie d’activités gratifiantes et passionnantes

Si nous avons un manque, nous devons en parler. Et si notre conjoint ne peut nous donner ce dont nous avons besoin (du temps, des projets, des idéaux), il est vraiment important de les prendre ailleurs.

Quand notre conjoint est notre principale source d'oxygèneC’est cela la liberté dans le couple. La liberté c’est cesser d’attendre qu’il nous invite à partager nos centres d’intérêts avec nous. C’est soit lui demander de façon claire et frontale, soit se contenter de prendre soin de nos besoins, seul ou avec une autre personne.

Se libérer d’attentes non légitimes

Il est légitime d’être aimé de l’autre. Il n’est pas légitime d’exiger qu’il ait du plaisir à passer du temps avec nos parents. Comme ça ne l’est pas d’exiger qu’il partage nos conviction, soit ému de ce qui nous émeut et fonctionne de la même façon que nous dans nos relations.

 C’est à nous à expliquer à l’autre ce qui nous convient

Il est interdit d’exiger, pas de demander à partager, pas d’exprimer ce qui nous ferait du bien, pas d’oser déclarer « j’ai envie de faire cela avec toi« … Ha! Oser révéler comment nous voulons être aimé de lui. Lui enseigner ce qui nous blesse et épuise notre énergie, mais aussi ce qui nous touche et nous enflamme. A quoi cela set? Cela libère des sentiments qui sont alors partagé et non tenus en laisse.

Enfin, c’est à nous à consulter

Si notre souffrance est trop grande et si nous ne nous en sortons pas seul. C’est encore à nous de faire bouger les choses si notre conjoint ne le veut pas. L’essentiel étant que l’un des deux change l’équilibre du couple en apprenant à mieux communiquer par exemple. Puisque quand l’un bouge, c’est toute la relation de couple  qui bouge. Agir ainsi libère des croyances qui nous polluent que rien ne peut changer et que nous sommes condamnés à souffrir dans notre couple (combien de fois ai-je entendu: je m’y suis fait, j’ai compris que c’est mon destin).

2. Libérer l’esprit

Voir avec clarté

Le Pessa’h du couple, sa liberté, passe nécessairement par une prise de conscience de ce qui nous fait mal et par la décision d’en parler. Et c’est exactement ce qui fit D.ieu : il nous fit prendre conscience
de notre esclavage, de l’encombrement de nos esprits. A quel point notre relation conjugale est-elle engourdie? Voyons-nous les bonnes choses ou notre vue est-elle brouillée?

Accepter le changement

Puis D.ieu créa les 10 plaies, qui furent autant de tremblements dans le cerveau des Hébreux; des choses qu’ils n’avaient jamais vues se sont produites, changeant leur champs de vision à 360 °!

Ensuite, Il les fit bouger: 20% des hébreux se préparèrent à s’enfuir d’Egypte, mais ils n’eurent pas beaucoup de temps (si peu en fait que le pain n’eut pas le temps de lever). Cette précipitation peut nous enseigner que la liberté doit se vivre ici et maintenant; on ne programme pas de devenir libre un jour, on peut le devenir dans l’instant! On peut renoncer à la prison dans laquelle notre couple vit: il suffit de bouger puis de se mettre en route. Juste agir « autrement ».

3. Libérer la parole

Pessa’h n’est pas juste la fin de l’esclavage

Le ‘houmache (Deutéronome 4 : 9-13) rapporte : « D.ieu vous parla du milieu du feu« . Pessah c’est la sortie d’Égypte, le symbole de la liberté. La tradition juive nous dit que Dieu déclencha les 10 plaies et ouvrit la mer rouge et on imagine le chamboulement des sens que cela du être. S’Il n’avait fait que cela, dayénou, cela nous aurait suffit! Mais là n’était pas le but: ce n’était que la préparation au Don de la Thora. Et Il la donna afin que les hommes écoutent (Shéma Israël, Écoute Israël, qui est la déclaration de judéité des juifs du monde entier). Pour que les juifs écoutent, et pour que les êtres humains s’entendent…

Une alliance avec l’acte d’écouter

Et s’Il choisit de parler aux hébreux, s’Il choisit la parole, c’est parce qu’elle est créatrice et libératrice. Briser ses chaînes, c’est avant tout s’exprimer et affronter la difficulté de parler de soi. Puis c’est laisser parler l’autre, et l’écouter: Schéma!

Puis la parole et l’écoute se succédant, nous commençons à donner un sens à cet échange. Une énergie se créée. Nous nous autorisons à être touché par l’autre et lui enseigner qui nous sommes, avec courage, sincérité et émouna que Dieu est dans « l’affaire » et nous aide dans ce projet sacré.

Jacques Salomé a écrit: « en ne voulant pas te faire de peine, je t’ai fait beaucoup de mal« . Osons-nous parler, osons-nous donner à notre compagnon de vie la clef pour qu’il nous connaisse, qu’il nous aime mieux et plus. Car comprenons bien ceci : nous n’avons pas le choix ! Il faut le faire… sous peine de lui faire beaucoup de mal. Ouvrons-nous à lui et libérons les mots.

Risqué? Oui, c’est vrai: donner c’est « risquer perdre », mais c’est aussi un merveilleux challenge… C’est peut être cela, Pessa’h dans le couple.

Un article de Malka Barneron. (Madéhat Néssoua - Thérapeute de couple - Accompagnement pour les conflits dans la famille - Coaching pour la Alyah - Choisir sa place dans le judaïsme)

Formulaire de contact et témoignage

[contact-form-7]

Facebook > Linkedin > Google + > Newsletter > Faire un don > Skype: ecoute-juive > ecoute-juive.com © Copyright 2005 - 2017