La liberté dans le couple

 

Le Pessa’h du couple: des idées pour le Seder

La liberté passe par la liberté de parole… encore faut il savoir parler, et que celui a qui nous parlons sache écouter. Plaidoyer pour mieux communiquer en général, et dans le couple en particulier!

Le judaïsme explique que le monde fut créé avec 10 paroles

C’est dire si parler est important, et s’il est vital de bien le faire. Combien d’entre nous savons nous exprimer. Combien d’entre nous parlons vraiment, simplement et clairement de ce que nous pensons et ressentons vraiment.

Pourrions nous être plus authentique, moins avoir peur de parler?
Pourrions nous décider que cette année, nous allons parler.
Peu importe la façon dont nous serons entendus, peut importe si celui qui va nous entendre va apprécier le message, nous allons parler.
Parler, libérer la parole, surtout quand Pessah’ et le vent de liberté sont là, et pourquoi pas?

OK pour parlez à l’autre me direz vous, mais parler de quoi?

Et bien déjà de donner à notre conjoint les clefs de la façon dont nous fonctionnons. Souvent, nous pleurons et nous lamentons comme les hébreux jadis, de ne pas être compris!

Apollinaire disait: « j’ai longtemps cru qu’on ne m’aimait pas alors que c’est moi qui aimait mal« . Nous aimons mal et sommes mal aimés…. plus que pas aimé du tout d’ailleurs. Mais s’il en est ainsi, c’est que nous n’informons pas celui que nous aimons de la façon dont nous voulons être aimé. Tout comme nous ne comprenons pas comme lui, il nous aime.

Et bien dans le couple, c’est ce que nous faisons: nous attendons que l’autre nous connaisse, qu’il nous devine. Mais non seulement nous de lui donnons pas la clef: nous la jetons! Ce Pessa’h, j’apprends à m’exprimer!

Puis Dieu créa une phrase de ralliement: le schéma Israël

Le Shéma Israël est à la prière juive ce que le candélabre est au symbole du peuple juif et d’Israël. Le Shéma, que nos ancêtres, à travers les générations et les territoires, répétaient pour se souvenir d’où ils venaient, qui ils étaient et pour baliser l’avenir. Pourquoi le shéma? Pour nous demander d’écouter. Et si nous ne le savons, pas, pour apprendre à écouter. C’est si important que nous le répétons 3 fois par jour.

3) Pessah c’est la liberté, se défaire de ses chaines

Mais quelles sont les chaines des couples? Qu’est ce qui nous plombe? Dans notre façon de penser, de désirer, de regarder, de créer du lien et de l’amour? Sans développer tous ces points, je listerai les chaines suivantes:

  1. exiger de l’autre
  2. vouloir le changer
  3. vouloir qu’il vive son judaïsme comme nous nous le pensons
  4. vouloir être son guide spirituel, son psy, son maitre
  5. vouloir imposer sa famille, rejeter la sienne
  6. décider sans compromis de l’éducation des enfants
  7. imposer nos choix financiers
  8. refuser de consulter quand ça va mal

Vous me direz mais alors qu’est ce qu’il reste?

Juste d’aimer l’autre et de vouloir le connaitre, vouloir son bien, qu’il développe ce qui est bon pour lui, qu’il devienne la meilleure version de lui même. Être loyal, respecter le contrat moral et affectif que nous avons signé sous la ‘houpa. Ezer kenegdo, עֵזֶר כְּנֶגְדּוֹ, c’est peut être ça.

Je pense donc je suis? Pas seulement!
– je parle donc je suis
– j’écoute donc je suis
J’ose parler et écouter celui que j’ai choisi pour être le parent de mes enfants, mon compagnon de vie, mon amour… Et si c’était cela le message de Pessa’h!

Pessa’h: passer par dessus les problèmes?

Alors que le peuple juif se prépare à « passer par dessus » ses chaînes (selon l’explication du mot « Pessa’h »), certains couples ont le sentiment que les leurs pèsent un peu plus lourd chaque année.

Se libérer de nos chaines

En Égypte nous avons fuit l’esclavage. Chaque Pessa’h, nous sommes censés nous libérer de nos chaines (symbole de l’attachement morbide), individuelles et dans nos relations. Nous libérer d’une façon toxique de construire des relations, qui nous enchaine et nous plombe.

Se libérer de nos liens

Se libérer de nos liens. Le terme « liens » évoque plutôt un attachement positif, emprunt de joie et de plénitude. Lorsque, durant le Seder, vous évoquez ce concept, le transformez-vous en un slogan qui signifie:

  • Passer par dessus les épreuves après les avoir affrontées?
  • Zapper les conflits dans le couple ou avec nos enfants?
  • Passer par dessus le fait que nous sommes bien responsables de la médiocrité de nos relations et de l’insatisfaction de nos vies?
  • Passer par dessus le respect de nos besoins, en particulier pour se soumettre, par peur du conflit ou par peur de déplaire?

Pour les jeunes mariés, le départ de la maison parentale qui semblait mener vers les sommets de la liberté, se transforme bien vite en arène romaine, dans laquelle chacun des conjoints se débat pour échapper au contrôle de l’autre. Avec parfois une profonde sensation d’étouffer. Pour sortir de l’impasse, il est indispensable de comprendre 2 principes et de les travailler avec confiance, optimisme et ténacité.

1. Quel équilibre faut-il chercher?

Le but n’est pas de changer l’autre

Par exemple, le rendre plus religieux, plus mince, plus entreprenant, plus viril, plus attirant, plus sexy, etc. Il est clair que le but du jeu est au contraire « juste » d’accompagner, de partager et de rendre heureux notre partenaire de vie, le plus possible selon ses critères à lui, et non selon les nôtres. On peut changer la relation, la façon dont nous sommes en lien avec lui. On peut exprimer ses besoins, parler, demander: on ne peut guère le changer, lui (et dans ce cas là, reste à savoir comment ;).

C’est à nous de trouver l’oxygène qui nous manque

Et remplir notre vie d’activités gratifiantes et passionnantes

Si nous avons un manque, nous devons en parler. Et si notre conjoint ne peut nous donner ce dont nous avons besoin (du temps, des projets, des idéaux), il est vraiment important de les prendre ailleurs.

Quand notre conjoint est notre principale source d'oxygèneC’est cela la liberté dans le couple. La liberté c’est cesser d’attendre qu’il nous invite à partager nos centres d’intérêts avec nous. C’est soit lui demander de façon claire et frontale, soit se contenter de prendre soin de nos besoins, seul ou avec une autre personne.

Se libérer d’attentes non légitimes

Il est légitime d’être aimé de l’autre. Il n’est pas légitime d’exiger qu’il ait du plaisir à passer du temps avec nos parents par exemple. Comme ça ne l’est pas d’exiger qu’il partage nos convictions, soit ému de ce qui nous émeut et fonctionne de la même façon que nous dans nos relations.

C’est à nous à expliquer

Il est interdit d’exiger. Pas de demander à partager, pas d’exprimer ce qui nous ferait du bien, pas d’oser déclarer « j’ai envie de faire cela avec toi« … Ha! Oser révéler comment nous voulons être aimé de lui. Lui enseigner ce qui nous blesse et épuise notre énergie, mais aussi ce qui nous touche et nous enflamme.
A quoi cela sert-il? Cela libère des sentiments qui sont alors partagés et non tenus en laisse.

Enfin, c’est à nous à consulter

Si notre souffrance est trop grande et si nous ne nous en sortons pas seul. C’est encore à nous de faire bouger les choses si notre conjoint ne le veut pas. L’essentiel étant que l’un des deux change l’équilibre du couple (en apprenant à mieux communiquer par exemple). Puisque quand l’un bouge, c’est toute la relation de couple qui bouge. Agir ainsi libère des croyances que rien ne peut changer et qui nous polluent. Cela libère la conviction que nous sommes condamnés à souffrir dans notre couple (combien de fois ai-je entendu: je m’y suis fait, j’ai compris que c’est mon destin).

2. Pessa’h et libérer l’esprit

Voir avec clarté

Le Pessa’h du couple, sa liberté, passe nécessairement par une prise de conscience de ce qui nous fait mal et par la décision d’en parler. Et c’est exactement ce qui fit D.ieu : il nous fit prendre conscience de notre esclavage, de l’encombrement de nos esprits.
Alors posons -nous la question: à quel point notre relation conjugale est-elle engourdie? Voyons-nous les bonnes choses ou notre vue est-elle brouillée?

Accepter le changement

Puis D.ieu créa les 10 plaies, qui furent autant de tremblements dans le cerveau des Hébreux; des choses qu’ils n’avaient jamais vues se sont produites, changeant leur champs de vision à 360 °!

Ensuite, Il les fit bouger: 20% des hébreux se préparèrent à s’enfuir d’Égypte, mais ils n’eurent pas beaucoup de temps (si peu en fait que le pain n’eut pas le temps de lever). Cette précipitation peut nous enseigner que la liberté doit se vivre ici et maintenant; on ne programme pas de devenir libre un jour, on peut le devenir dans l’instant! On peut renoncer à la prison dans laquelle notre couple vit: il suffit de bouger puis de se mettre en route. Juste agir « autrement ».

3. Libérer la parole

Pessa’h n’est pas juste la fin de l’esclavage

Le ‘houmache (Deutéronome 4 : 9-13) rapporte : « D.ieu vous parla du milieu du feu« . Pessah c’est la sortie d’Égypte, le symbole de la liberté. La tradition juive nous dit que Dieu déclencha les 10 plaies et ouvrit la mer rouge… on imagine le chamboulement des sens que cela du être. S’Il n’avait fait que cela, dayénou, cela nous aurait suffit! Mais là n’était pas le but: ce n’était que la préparation au Don de la Thora. Et Il la donna afin que les hommes écoutent (Shéma Israël, Écoute Israël, qui est la déclaration de judéité des juifs du monde entier). Pour que les juifs écoutent, et pour qu’ils s’entendent…

Une alliance avec l’acte d’écouter

Et s’Il choisit de parler aux hébreux, s’Il choisit la parole, c’est parce qu’elle est créatrice et libératrice. Briser ses chaînes, c’est avant tout s’exprimer et affronter la difficulté de parler de soi. Puis c’est laisser parler l’autre, et l’écouter: Schéma!

Puis la parole et l’écoute se succédant, nous commençons à donner un sens à cet échange. Une énergie se créée. Nous nous autorisons à être touché par l’autre et lui enseigner qui nous sommes, avec courage, sincérité et émouna que Dieu est dans « l’affaire » et nous aide dans ce projet sacré.

Jacques Salomé a écrit: « en ne voulant pas te faire de peine, je t’ai fait beaucoup de mal« . Osons-nous parler, osons-nous donner à notre compagnon de vie la clef pour qu’il nous connaisse, qu’il nous aime mieux et plus. Car comprenons bien ceci : nous n’avons pas le choix ! Il faut le faire… sous peine de lui faire beaucoup de mal. Ouvrons-nous à lui et libérons les mots.

Risqué? Oui, c’est vrai: donner c’est « risquer perdre », mais c’est aussi un merveilleux challenge… C’est peut être cela, Pessa’h dans le couple.

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Un article de Malka Barneron. (Madéhat Néssoua - Thérapeute de couple - Accompagnement pour les conflits dans la famille - Coaching pour la Alyah - Choisir sa place dans le judaïsme)

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