Sexualité de la femme et judaïsme

Sans sexualité, une partie de nous- même se meurt

intimité et désirLa Thora est une Thora (enseignement) de vie; c’est à dire qui a pour but de soutenir, protéger, engendrer la vie, s’opposant farouchement et inconditionnellement à tout acte engendrant la mort, l’anéantissement, la dislocation (sauf dans quelques rares cas de survie que nous n’expliquerons pas ici).

Qualité du l’intimité et désir

Pour le judaïsme, il est fondamental que tout soit fait pour que le couple puisse se rapprocher. Pas seulement se rapprocher: « bien se rapprocher ». Pour que la qualité de ce rapprochement soit le plus intense possible, il faudra entretenir le désir. Or, l’équilibre dans le couple s’obtient en se faisant succéder des périodes de manque et des période de satisfaction de ce manque.

Créer le manque de l’autre

Le judaïsme crée de toute pièce une période d’interruption des rapports sexuels qui provoque le manque. Cette période doit avoir un début et une fin et ne jamais être rallongée par initiative personnelle.

Combler le manque

Une fois la période d’abstinence écoulée, il s’agira de satisfaire et de laisser s’exprimer la sexualité autant et comme couple le souhaite. Désir et plaisir sont les moteurs du couple, comme le disent les Sages de la Thora: la sexualité est le fondement de la relation de couple, sans laquelle nul couple de peut continuer à exister.

Mais nulle sexualité ne peut être satisfaisante à tous les niveaux si les notions de sainteté et de pudeur ne sont pas respectées. Et c’est là qu’il nous faut expliquer ce qu’est véritablement la « Kedoucha » et la « Tsniout », et vous allez pouvoir constater combien la désinformation existe sur ces 2 sujets.

Kedoucha et pudeur

Elles se définissent par le respect d’un environnement, d’intentions et de pensées claires, et de gestes en accord avec les goûts de chacun des partenaires.

  1. La relation sexuelle devra avoir pour but de construire le couple, de le vivifier et de le nourrir et d’apaiser le corps, le cœur et l’âme (et pour cela, le désir et le plaisir sont nécessaires).
  2. Elle ne doit avoir lieu que dans un lieu privé et fermé ou personne ne peut regarder le couple. C’est cela la Tsniout dont tout le monde parle et en aucun cas une liste d’obligation de se couvrir, dissimuler les formes, exclure certains moments de la journée, positions et gestes particuliers. Nos Sages ont des mots très crus et durs pour qualifier les couple qui ne le respectent pas.
  3. Chacun doit veiller à ne penser qu’à son conjoint: contrôler ses sens et son imagination à destination de son conjoint exclusivement, (ne penser à personne d’autre) est une nécessité absolue.
  4. J’ajouterai 3 autres aspects, dont on peut aussi trouver les sources dans la Loi juive
    La façon dont se passe la relation est le choix du couple, il est le seul à savoir ce qui est bon et juste pour lui; le couple doit donc y réfléchir et en parler. Il est impossible et destructeur de ne pas le faire.
  5. interdit d’utiliser la contrainte, la violence, la pression psychologique et le harcèlement.
  6. utiliser la contraception quand c’est nécessaire. De nombreuses personnes pensent que la contraception est interdite. Et puisque la meilleure façon  de ne pas avoir d’enfants, c’est de ne pas coucher ensemble… on voit combien est pernicieuse cette croyance là. Les couples ne peuvent avoir une sexualité épanouie si, à la clef, il y a un risque de grossesse! On notera que la relation sexuelle n’a pas pour but d’avoir des enfants (voir les rubrique annexes)

Ce chapitre entend lister et expliquer les différents éléments participant à la relation sexuelle et au plaisir. Chacun se documentera et prendra en considération la particularité de son couple. Chaque couple se choisira un rav (assé lé’ha rav, ce qui signifie « choisis pour toi », c’est à dire « en fonction de ta personnalité ») puis décidera de l’orientation qui lui convient le mieux. Vos questions sont les bienvenues en bas de cette page; j’y répondrai par email ou sur ma chat room privée (cliquez sur le spot vert).

Cet article parle de la sexualité féminine (voir ici pour lire celui de la sexualité masculine).

Les vrais interdits

Les positions

De nombreuses personnes enseignent qu’une seule position est permise dans le judaïsme, celle dite « du missionnaire » ainsi que toute une liste impressionnante de choses interdites. De ce fait, il y a de grandes chances pour que la plupart des informations que vous déteniez sur la question soient tout simplement fausses, et ne correspondent qu’à des coutumes, des façons de considérer la sexualité (hachkafot), ou viennent témoigner tout simplement des blocages de la personnes… qui vous enseignent!

Réfléchir à ce qui nous convient

De nombreux hommes et de femmes recherchent des informations sur les positions, et cela est parfaitement sain et recommandé; c’est pourquoi nous avons sélectionnés plusieurs dessins qui nous ont parus plutôt « sages ». Pour visionner les dessins et lire les descriptions cliquez ici (orthodoxes: cette page est pour les femmes). Lire aussi la rubrique questions réponses sur cet article.

Il y a autant de façon d’aimer que d’individus

La Thora est une Thora de vie: elle connaît toutes les couleurs et possède 70 facettes, qui sont autant de façon d’être, de ressentir et d’aimer. C’est pourquoi la Guemara rapporte, au nom du Rambam écrit: « tout ce que l’homme désire faire avec sa femme, il le pourra ». Je recommande ce blog rafraichissant et courageux sur les plaisirs dans la chambre à coucher: haabir-haisraeli.over-blog.com

Obligation d’accord mutuel

Il est nécessaire de préciser que toute activité sexuelle ne pourra se faire qu’avec le consentement libre et serein de la femme. Encore mieux, que ce soit son désir à elle, et non uniquement de faire plaisir et de donner du plaisir à son époux.

Il est évident que rien ne sera fait par la force, le harcèlement ou la manipulation, encore moins par la violence, celle-ci aboutissant à l’obtention immédiate du divorce religieux si la femme le demande.

Prenez le temps de décider

Il est important de savoir que toutes les positions et caresses sont permises et qu’il ne faut pas se laisser impressionner par des personnes qui ont choisi de suivre d’autres sources rabbiniques contraires (et effectivement elles existent). C’est librement que ces personnes choisissent des préceptes différents, et c’est au nom de cette même liberté et justice qu’il leur est interdit d’imposer leur vision de la sexualité.

Interdictions selon la plupart des opinions

=> Toute éjaculation en dehors du corps de la femme est interdit par la Thora, sauf pour ce qui est de la procréation assistée. Ainsi, lorsque l’excitation devient très forte, l’homme devra veiller à effectuer la pénétration sans tarder. Cependant, il existe une opinion le permettant malgré tout: Yébamot Lamed daleth au verso (34b), tossfot « velo kémaasé er véonan », la seconde réponse (celle du R »i), sur laquelle se base le Rama.

=> Regarder l’orifice vaginal. Il me semble que la raison est que, pour certains couples en tous cas, cela déprécie la femme aux yeux de son mari. Pour cette même raison, se positionner devant la femme lors de l’accouchement est interdit (mais, de coté, le milieu du corps couvert par un drap, cela est tout à fait possible, si tel est le désir du couple).

Érotisme et romantisme dans la Thora

Pour exemple, mais la Thora en recèle bien d’autres, la Guemara rapporte l’histoire de ce grand Tanah qui « allait chercher des rubis avec sa bouche déposés sur le sexe de sa femme ».

Intensité dans le coupleDans le ‘Houmache, nos sages rappellent qu’en Égypte, les femmes se confectionnaient des miroirs, leurs époux venaient derrière elles en les enlaçant, et, s’abandonnant, elles leur disaient: « vois comme je suis belle ».

Une autre source rappelle que Léa Imanou mérita d’engendrer Issa’har parce que cette nuit là, ils s’aimèrent passionnément, après que Léa eu exprimé à Yaacov qu’elle le désirait. Il existe beaucoup d’autres exemples que vous pourrez découvrir en étudiant les sources sublimes de la Thora.

Un peu d’anatomie

La lubrification vaginale

Lors de l’excitation sexuelle, un phénomène de « sudation » de la paroi vaginale se produit d’une part, ainsi que la lubrification de l’entrée du vagin, via les glandes de Bartholin, d’autre part. Cette lubrification est plus ou moins importante selon les femmes, et selon le degré d’excitation. Elle peut même être incroyablement abondante dans ce que l’on nomme joliment: les « femmes fontaines ». (Certains auteurs comparent cette réaction à une éjaculation, ce qui est une erreur: il s’agirait plutôt de reliquats embryonnaires de la prostate).

Une absence ou insuffisance d’excitation, certains médicaments, un tabagisme important et quelques maladies,pour  peuvent être responsables d’une sécheresse vaginale.  C’est pourquoi il est nécessaire d’utiliser un lubrifiant dans ces cas là: votre médecin ou votre pharmacien vous conseilleront celui qui vous convient le mieux.

Le mécanisme du plaisir

L’orgasme vaginal

Il est essentiel que la femme ait une bonne connaissance de la zone génitale et de la structure du vagin. Une visualisation correcte et une bonne compréhension de la structure vaginale sont déterminantes si vous voulez accéder à l’orgasme à point de départ vaginal (différent de l’orgasme clitoridien).

Toute femme possède en effet le potentiel de ressentir les deux, si certaines conditions sont réunies. Nous verrons comment, dans le dossier concernant le désir et le plaisir féminin.

Les femmes fontaines: on désigne par ce terme des femmes qui émettent une grande quantité de liquide lubrifiant pendant l’orgasme. La lubrification vaginale est directement liée à l’intensité du plaisir et se fait progressivement; chez certaines femmes, le liquide émis va sortir parfois en jet. Il est difficile de savoir combien de femmes cela concerne. Si cela peut paraître érotique, ce n’est en fait pas toujours bien vécu car le partenaire qui peut être surpris devant l’abondance de l’émission de liquide. En effet les hommes le confondent souvent avec l’émission d’urine.

En tous cas, pour rassurer ceux et celles à qui cela arriverait, ce liquide n’a rien à voir avec de l’urine, il est incolore, inodore et ne tache pas… ce qu’on ne sait pas très bien c’est quelles glandes exactement sont responsables de cette lubrification explosive.

L’absence de plaisir vaginal

Au cours de mes consultations en conseil conjugal, je suis souvent confrontée à ces questions de non plaisir vaginal. La zone du clitoris fonctionne souvent bien et la femme éprouve du plaisir lorsque cette zone est stimulée. Cependant, au moment de la pénétration, soit celle-ci est douloureuse, soit elle est impossible, soit la femme ne ressent rien. Les questions que je pose sont les suivantes, attendu qu’elles ont toutes un impact très important dans le plaisir.

1) êtes-vous sous contraceptif

En effet, rien de mieux que de ne pas avoir de plaisir dans les relations sexuelles pour éviter d’être enceinte! Si vous ne vous croyez pas autorisée à contrôler vous-même vos grossesses, posez-vous la question si cet interdit n’est pas en train de détériorer votre sexualité, votre corps et votre couple.

2) avez-vous vu un médecin

Seul un médecin ou un gynécologue pourra vous rassurer que, comme la majeure partie des cas, votre corps fonctionne bien. Ne vous contentez pas d’une bonne âme pour vous rassurer, elle n’est pas médecin: voyez une personne dont c’est le métier!

3) avez-vous du désir pour votre mari

Les femmes se polarisent beaucoup sur le plaisir de leur conjoint, mais en y regardant de plus près, on s’aperçoit qu’elles n’ont pas ou plus de désir pour lui. Les raisons sont aussi multiples que personnelles (odeur, haleine, surpoids, silhouette, paroles et gestes inappropriés pendant l’acte, etc.)

4) croyance que l’orgasme est LA chose à atteindre

Et qu’il doit se passer en même temps pour les deux partenaires: nous sommes ici dans un cercle infernale où c’est surtout la performance qui est recherchée. Lâchez prise et arrêtez de vous angoisser. Fermer l’accès à votre agitation cérébrale pendant le rapport et concentrez vous sur votre plaisir et votre désir: c’est plus bas que ça se passe.

5) quelle éducation amoureuse et sexuelle avez vous eue?
Avez vous eu la chance d’avoir des parents qui vous ont appris la beauté de la femme, de son corps, et de son plaisir?

6) avez vous subi ou vu des attouchements interdits?
Serrait il possible que vous ayez vécu un inceste ou dans une ambiance incestuelle sans le savoir? Que vous a-t-on appris au sujet de la masturbation?

7) connaissez vous votre corps? Pouvez vous visualiser votre vagin? Savez-vous placer l’anus et l’urètre par rapport à l’entrée vaginale? Pourriez-vous dessiner votre appareil génital et sexuel?

Les exercices de Kegel pour plus de sensibilité

(Pris sur psychomedia.qc.ca)

Les exercices de Kegel, permettant de renforcer le muscle pubo-coccygien entourant le vagin, amènent une amélioration des sensations vaginales et facilitent l’orgasme.

Ce muscle peut être relâché après un accouchement ou affaibli après la ménopause en raison des changements hormonaux. Il s’agit d’un muscle à la fois lisse et strié. Sa réponse est volontaire et involontaire. Il est donc possible de l’entraîner en faisant des exercices. Il s’agit de le contracter et le relâcher une quinzaine de fois et ce à raison de trois fois par jour. Pour plus de résultats certains spécialistes recommandent de 10 à 15 minutes d’exercices à raison de trois fois par jour.

Les résultats peuvent prendre jusqu’à 8 semaines avant de se manifester. Lorsque vous allez uriner. Placez-vous confortablement, les jambes écartées.

a) Lorsque vous commencez à uriner, arrêtez soudainement, puis, continuez à uriner par la suite. Recommencez jusqu’au moment où il n’y aura plus de liquide. Le muscle qui entre en action pendant ces instants renvoie au muscle pubo coccygien.

b) Vous pouvez aussi essayer d’exercer une pression vers le bas, comme lorsque vous allez à la selle, mais en vous centrant sur votre vagin. Essayez de la maintenir pendant 3 secondes. Ceci peut être pratiqué une dizaine de fois. Imaginez que vous avez un tampon et que vous l’aspirer à l’intérieur de votre corps.

c) Insérez un doigt dans votre vagin et contractez les muscles dont vous avez réalisé l’existence dans les étapes précédentes. Vous devriez sentir un serrement autour du doigt.

Comme pour tout entraînement musculaire deux formes d’exercices sont complémentaires. Dans ce cas, il s’agit 1) de travailler à augmenter le nombre de fois que l’on est capable de répéter le mouvement de contraction et 2) de travailler à garder la contraction le plus longtemps possible.

La zone « G »

La zone GLa zone G (et non pas le point G) est une zone érogène qui, lorsqu’elle est stimulée, peut provoquer chez certaines femmes un orgasme plus puissant encore que celui provoqué par le clitoris. Selon les dernières recherches, le point G serait le résultat de l’existence d’orgasmes, et non une zone qui existe déjà. C’est une petite zone de tissu érectile située sur la face antérieure du vagin, à environ 3 ou 5 cm de l’entrée de la vulve, entre l’os du pubis et le col de l’utérus. Il a la forme d’une petite boule de moins d’un centimètre au repos, accessible en plaçant 2 phalanges de doigts dans le vagin, et en les mettant en crochet. Il est méconnu de la plupart des hommes. Le point G peut être stimulé, lors de la pénétration, lorsque la femme pose ses jambes sur les épaules de son partenaire.

Le mécanisme du plaisir et du point G: une explication vidéo très bien faite et tsniout avec planches anatomiques

Douleurs pendant l’acte sexuel

Encore appelées dyspareunie. Il convient de cibler si la douleur a existé dès les premiers rapports, si elle est apparue après une opération, une maladie, un accouchement. Si elles se sont installées à la suite d’un événement particulier et à quel niveau de la zone génitale précisément: à l’entrée ou au fond du vagin, dès le début de la pénétration, et qu’ensuite ce se passe sans douleur, etc.

Les causes peuvent être organiques ou psychologiques: herpès, mycose, pathologies touchant l’utérus, les ovaires ou les trompes. Une hygiène excessive ou des rapports sexuels sans excitation. « Mais aussi abus sexuel, culpabilité pour tout ce qui touche à la sexualité, ou conflit avec le conjoint. »

Le vaginisme

C’est la contraction des muscles du vagin qui empêchent la pénétration. Cela est indépendant de
la volonté de la femme, si bien qu’elle peut ressentir du désir, mais son vagin reste fermé par un mécanisme réflexe. Mais cela peut aussi à voir un origine psychologique qui témoigne d’un non désir de pénétration. Témoignage d’une femme et traitement grâce aux exercices avec un kiné.

La vestibulite vulvaire

C’est une inflammation de la vulve qui peut être causée par une infection ou par une maladie dermatologique qui provoque des douleurs intenses.

Le prolapsus génital

Que l’on nomme aussi la descente d’organe. Elle présente une sensation de lourdeur au niveau de la cavité pelvienne, et parfois des vives douleurs pendant la pénétration.

L’endométriose

Elle provoque d’importantes douleurs pendant les règles et les rapports sexuels mais également lors de la défécation et la miction. Elle peut entraîner également diarrhées, constipations et nausées. L’endométriose peut bloquer l’ovulation ou empêcher le passage des ovules et des spermatozoïdes. 30% des femmes traitées pour infertilité en sont atteintes.

Ressources: L’éjaculation précoce et les tensions dans le couple

Un article de Malka Barneron. (Madéhat Néssoua - Thérapeute de couple - Accompagnement pour les conflits dans la famille - Coaching pour la Alyah - Choisir sa place dans le judaïsme)

Formulaire de contact et témoignage

Que recherchez-vous sur ce site:

Facebook > Linkedin > Google + > Newsletter > Faire un don > Skype: ecoute-juive > ecoute-juive.com © Copyright 2005 - 2017