Ohel Ra’hel : introduction

1) Comment ce dossier Chalom Bait est construit

Après avoir assisté à la formation en 6 mois de la 1ère promotion de l’étude de ce livre, j’ai organisé plusieurs groupes et effectué la 1ère traduction en français (non corrigée) en 2005. 10 ans plus tard, est sorti la traduction par le Rav Itshak Attali aux éditions Beth Abraham.

Si ce livre a été en son temps une véritable révolution dans la préparation au mariage, il lui manquait selon moi l’approche thérapeutique, c’est à dire le regard du conseiller conjugal. En effet, les rabanim qui ont écrit ce livre (il s’agit d’un VAD de Bné Brack) ont pu rassembler et expliquer les sources de la littérature juive qui traitent du domaine de l’harmonie et de la sexualité dans le couple, mais ne peuvent rapporter l’expérience de la thérapie de couple.

2 ) Le Ohel Ra’hel: introduction, début du Sefer

Ce livre discute de la Mitsva de Onah mais traite aussi tous les aspects de la vie du couple, puisque les deux s’influencent mutuellement. Ainsi tout en parlant de la relation sexuelle, ce livre explique comment se rapprocher de la forme idéale du mariage. La Thora a désigné la relation sexuelle, Mitsva de Onah (MdO), comme moyen pour l’homme et la femme de parvenir à une relation empreinte de joie, d’union solide, et de la certitude que la Che’hina réside entre eux. L’intimité conjugale est le fondement du mariage.

Le terme Mitsva de Onah est problématique du fait qu’elle fait référence à une mitsva, qui se traduit traditionnellement pas « obligation religieuse ». Or, le Ohel Rahel lui-même explique dans un des chapitre qu’il est impossible de faire d’une rencontre entre époux une obligation, et que cela ne doit même surtout pas être considéré comme une mitsva. Plus encore, le rapport est interdit s’il est effectué dans cet état d’esprit.

Rôle vital de la relation intime

Un Rôle essentiel 

De la même façon que la Mitsva Onah influence l’amour que se porte le couple l’un pour l’autre, de même l’amour qu’ils se portent va avoir des répercutions sur leur sexualité.

Ainsi le dit Rabénou Yona: « une femme devra faire particulièrement attention à ce qu’il y ait une ambiance de paix entre elle et son mari« . C’est cela qui la fera aimée de lui, et avoir des conséquences favorables sur les enfants (du fait que ceux-ci pourront se construire sur des bases solides, et parce que ce comportement du couple permet à la de se déverser sur leur foyer).

Par contre, disent nos sages: « les enfants de la dispute et de la haine pourraient devenir des effrontés, des rebelles et transgresser les Mitsvot« . En d’autres termes, la Mitsva de Onah ne peut atteindre son but que dans une atmosphère d’amour et de volonté mutuelle de se faire du bien.

Ceci explique pourquoi le Rambam inclue les lois de la Mitsva de Onah dans le même chapitre que les lois sur le Chalom Baït, concluant que c’est ainsi (en s’investissant dans la construction d’un climat chaleureux et gai et bienveillant) que se comportent les Bneï Israël. Ils sont alors « purs et saints », et leur foyer sera « plaisant et digne de louange ».

L’amour intense qui se développe au moment de la MdO est de courte durée et ne peut pas s’alimenter toute seule. Pour autant qu’elle est vitale pour le couple, la Mitsva de Onah, seule, ne suffit pas à développer une relation constante de chalom et d’amitié, d’union forte dans le couple. Cette partie là de la relation est nécessaire car elle crée un sentiment d’estime réciproque dans le couple et chacun ressent qu’il peut se réaliser.

Pour développer l’amour, il faut une attitude appropriée et améliorer certains traits de caractère. Comme être capable chaque jour de s’entendre et de se sentir concerné et touché par tout ce que l’autre vit. En développant l’empathie et la conviction qu’ils ont besoin l’un de l’autre tout au long de leur vie.

Une partie l’un de l’autre

Pour autant, ces belles qualités et intentions ne suffisent encore pas à rendre un couple solide. Non, il faut quelque chose de plus… mais quoi?

Pour répondre à cette question, le Rachba explique: « c’est afin de construire une relation forte et solide, que Adam et ‘Hava ont été crées (NdT:dans un premier temps, ensuite ils formeront 2 corps distincts) sous la forme d’une seule créature. ‘Hava ayant été créée à partir du corps de Adam, elle devient comme un de ses organes, une partie de lui. De ce fait, elle s’inquiète de lui, et lui se soucie de son bien-être« !

Or, une relation où l’autre est une partie de soi, est une relation qui fait désirer le meilleur pour l’autre. (Ce qui est bon pour l’autre, l’est aussi pour soi).

Mais on ne peut atteindre ce sentiment-là (de faire partie d’un tout), par la seule volonté ou qualités
de cœur et de caractère. Il fallait introduire ce sentiment de façon essentielle, intime, structurelle; c’est pour cela que Dieu crée Adam et ‘Hava « un », avant de les séparer lors de la création de Adam. Depuis, c’est en s’unissant au moment de la Onah que le couple ressemble au couple originel et qu’ils font partie d’un seul corps… Comme le dit la Thora Béréchit 2,24 « C’est pourquoi l’homme abandonne son père et sa mère; il s’unit à sa femme, et ils deviennent une seule chaire« . C’est cela l’union de la Onah: « devenir un ».

כד  עַל-כֵּן יַעֲזָב-אִישׁ, אֶת-אָבִיו, וְאֶת-אִמּוֹ; וְדָבַק בְּאִשְׁתּוֹ, וְהָיוּ לְבָשָׂר אֶחָד

Ce que Dieu crée serait-il imparfait?

Si la relation conjugale n’était pas entièrement [simple_tooltip content=’La sainteté’]Kedoucha[/simple_tooltip], Dieu l’aurait-il crée? Sainteté des Mitsvot et privilège de pouvoir agir pour la perfection du monde grâce à elles.

Perfectionner le monde créé par Dieu

Partenaire de la création

La prière des fêtes dit: « Tu nous as choisi parmi les nations. Tu nous as aimé, et nous avons trouvé grâce à tes yeux. Tu nous as placé au- dessus de toutes les civilisations. Tu nous a sanctifies avec
Tes Mitsvot
« . Ainsi, Dieu nous a choisi, puis il nous a aimé, nous plaçant « au-dessus de« , pour enfin nous sanctifier par Ses Mitsvot. Cette [simple_tooltip content=’Prière’]téfilah[/simple_tooltip] nous enseigne le dessein de D.ieu et le moyen d’y parvenir.

Ainsi, lorsque D.ieu augmente le nombre des Mitsvot, il augmente aussi le nombre d’occasions de nous sanctifier. Le Ramchal en explique la puissance: « le Créateur – Beni soit Son Nom – a circonscrit le monde dans lequel l’homme et ses créatures peuvent évoluer. Il a prévu des chemins et l’intention qu’il fallait avoir dans l’utilisation de Son monde. C’est de cette façon, que les actes physiques et matériels ont le pouvoir de rendre le monde parfait« .

C’est en interagissant de cette façon avec son environnement, grâce aux mitsvot, que l’homme s’élèvera au-dessus de sa condition matérielle de départ.

Ne pas inventer la place de la sexualité

En matière de sexualité, les gens ont tendance à déduire d’eux-mêmes ce qui est approprié ou non. Cette tendance tient au fait que nous avons notre propre définition de la perfection et de la sainteté! Ainsi d’autres cultures dans le monde ont pensé atteindre la Sainteté par exemple, en s’affligeant et par la flagellation de leur corps, étant convaincus que D.ieu hait le corps humain et désire sa destruction.

Commentaire: Tout comme nous, bien des cultures ont à coeur de se rapprocher de Dieu et ont effectué leurs propres recherches avec beaucoup de sérieux. Elles sont arrivées pour certaines à la conclusion que les êtres spirituels sont plus proches de Dieu et que, c’est en délaissant la matière qu’on y parvient. Certains groupes religieux juifs l’affirment aussi, quand ils recommandent par exemple de se rouler dans la neige pour contrôler sles pensées.

Cette attitude est étrangère à la Thora qui dit: « Soyez Saints car Je suis Saint. Je suis Hachem ton D.ieu ».

Le Ram’hal explique que l’essence même du Bien et du Mal vient du fait que le Maître de l’univers a crée un monde où Il a placé la Sainteté et l’Impureté; la signification de Sainteté est « se rapprocher de D.ieu« . Celle d’Impureté est « éloigné de D.ieu« . Ceci a été définit par Lui et n’est pas dépendant des convictions et croyances que les hommes se sont faites. Il a choisi ce qui permet de se rapprocher de Lui et ce qui en éloigne. La proximité avec la Kedoucha ne peut dépendre de la façon dont l’homme traite son corps, Dieu a déjà décidé ce qui rend le corps « Saint ».

La Mitsva de Onah, la relation sexuelle, qui est appelée par nos Sages « La Mitsva« , a, à n’en pas douter, la même force, le même effet de rapprochement que les autres Mitsvot. Or, la portée des Mitsvot ne se mesure pas avec un baromètre, mais plutôt au travers des réflexions de nos Sages, qui remarquent: « de même que Israël mérite la Sainteté et la perfection lorsqu’il pratique les Mitsvot, de même, dans le mariage, le couple atteint la Kédoucha par la relation sexuelle ».

La Kédoucha s’expérimente pendant l’intimité

Le peuple juif a accepté les Mitsvot avec foi: « nous ferons puis nous comprendrons« , démontrant ainsi qu’il les prenait au même titre qu’un décret, sans que cette acceptation dépende de la connaissance du bénéfice qui pourrait en découler.

Ce n’est qu’après avoir pratiqué les Mitsvot que la joie qu’elles procurent sera ressentie. C’est ce qu’explique David Ha Mélè’h: « Donne-moi un bon jugement et apprend moi la sagesse car j’ai cru en tes Mitsvot« . De même pour la Mitsva Onah. Les époux doivent faire confiance à leur capacité de l’appliquer et d’en retirer les bénéfices, comme le garantit Hachem.

Ce que dit le livre c’est que toutes sont des Mitsvot venant de Har Sinai, celles concernant le couple aussi, et qu’à ce titre, on ne saurait les remettent en question. Que celui qui appliquent la hala’ha concernant la cheh’ita, applique avec la même [simple_tooltip content=’Crainte du Ciel’]Yrat chamyim[/simple_tooltip]  les lois concernant l’amour dans le couple. La bénédiction s’épanche pour toutes les mitsvot en général, et pour celles du couple en particulier.

Prendre en compte la nature de l’être humain

Lorsqu’un homme se marie, il promet de s’unir à sa femme « comme le veut la nature et le dére’h érèts » (expression que l’on pourrait traduire par « savoir vivre » ou « bons principes ») et « en accord avec la coutume juive« . Ces expressions démontrent à quel point la Mitsva de Onah fait partie de la nature humaine. Comme l’explique le Passouk (relatant la vie des Hébreux en Égypte): « et D.ieu vit notre souffrance« , qui s’applique à l’arrêt de la vie sexuelle des Hébreux en Égypte, du à la fatigue extrême  de l’esclavage dans lequel ils étaient.

Le Rambam explique la nature de la Mitsva de Onah: « C’est une preuve de droiture de se sanctifier au moment de la Onah« : il s’agit tout simplement de la Kedoucha dont bénéficie celui qui a une vie sexuelle active et dont l’intention est de réaliser le plan divin: « constituer une seule chaire« . Celui qui ne laisserait pas s’exprimer sa nature, irait donc à l’encontre du but de la création! Celui qui agirait  ainsi prouve que ses seuls objectifs comptent et détruit le Bien et la Sainteté de la Mitsva Onah, ne se donnant évidemment aucune chance d’en apprécier la valeur.

Beauté du couple tel que le décrit le ‘Houmache

L’expression « combien sont belles tes tentes, Yaacov » décrit un foyer construit sur les Mitsvot, et où le Bien du monde futur se fond dans le perfectionnement de l’homme dans ce monde-ci.

Le livre, le Ohel Ra’hel, a pour but de parler de la Mitsva de Onah; il discute des Hala’hot majeures et rapporte des Haggadot. Il veut clarifier le point de vue de la Thora sur la MdO, la Mitsva de [simple_tooltip content=’Croissez et multipliez-vous’]Perou ou revou[/simple_tooltip]  et leur sainteté. Nous y parlerons de la fréquence de la Onah et de l’importance de tenir compte de la nature que D.ieu a mis en nous. On ne fera donc pas ici de liste de tout ce que l’on peut faire ou non dans l’intimité (au niveau technique). On expliquera plutôt vers quoi il faut tendre.

Inventer, ne pas imiter

Trouver sa propre façon d’être en couple et surtout, surtout… ne pas imiter. Nous ne décrirons que les lois adoptées par tous les Poskim (décisionnaires), sans décrire une façon de « faire » en particulier.

Puisque la façon de se comporter dans l’intimité ne regarde que le couple, et que, en vérité, donner des conseils aboutirait à des résultats exactement opposés. En effet, les couples penseraient devoir imiter un acte qu’ils doivent au contraire créer en fonction de leur relation particulière et de leur originalité. On ne doit jamais intervenir dans l’intimité d’un couple, les dégâts pouvant être énormes.

Comme il est dit: « Et il vit comment les Bnei Israël avaient placé l’entrée de leurs tentes les unes par rapport aux autre; l’entrée d’une tente ne permettait pas de voir l’intérieur des autres. De cette façon, les couples pouvaient créer leur relation propre sans avoir à imiter celle du couple voisin. C’est cette [simple_tooltip content=’État d’esprit qui consiste en une certaine reverse, un vigilance à ne pas se mettre en avant inutilement, en particulier si cela pouvait éveiller un rapprochement entre deux personnes non mariées’]Tsniout [/simple_tooltip]véritable qui permettait à la Présence Divine de résider parmi eux.
Les enseignants peuvent aider à comprendre le but de la Mitsva Onah, à expliquer sa place dans la vie d’un couple. Cependant le travail qu’un couple doit effectuer pour bâtir sa relation, trouver les moyens d’augmenter leur amour, et la façon dont cet amour va s’exprimer, et ce sur tous les plans (des mots, des gestes et dans l’intimité) est incontournable. « Avec sagesse on construit une maison, par l’entendement, elle est établie: les chambres à coucher sont remplies de tous les trésors et richesses agréables… ! »

C’est en apprenant de nos fautes que nous découvrons petit à petit notre but sur terre. De la même façon, chaque couple doit rechercher le type de communication qui lui va le mieux. Il ne peut l’éviter. Et il ne peut se soustraire à la réalité qui est que l’on tâtonne, on se tromper, on échoue…. et on apprend. Il doit chercher de nouvelles façons de communiquer et de s’aimer. Ainsi, le conseil conjugal n’encourage pas les couples à un zéro faute, non, il enseigne et accompagne plutôt les conjoints à réagir autrement et à sortir des conflits.

Le Chemin qui mène au perfectionnement

1. Étudier tout ce qui concerne le couple

Afin d’atteindre la perfection, il convient que chacun sente qu’il a la possibilité et la force de réaliser le potentiel de sa vie de couple. Pour cela il faut prendre le temps d’y réfléchir, préciser son idéal de couple et le moyen d’y parvenir. Or, c’est en particulier en étudiant la Thora [et ce livre], que le couple renouvelle l’envie et sa capacité à s’améliorer, et bénéficie de la « Siyata Dichmaya », l’aide Divine.

Enfin, on sait que « l’étude mène à l’action« . D’après le Ramcha, l’élévation de la personnalité et l’acquisition de bonnes midot s’obtiennent par la réflexion et l’étude. »C’est en étudiant que l’individu peut découvrir en quoi il doit se travailler« . Rav Israël Salanter dit également: « Cette étude éloigne l’âme de la Avéra (faute)« .

2. Investir et passer du temps à réfléchir

Un mariage parfait ne s’acquière pas spontanément

L’être humain doit parcourir un long chemin jusqu’à ce qu’il détermine le style de couple auquel il veut aboutir. L’intention de ce livre est de démontrer la nécessité de commencer ce processus de construction du couple, et la Kédoucha de cette entreprise. Enfin, on démontrera le rôle crucial qu’elle joue dans la perfection de l’être humain et de ses enfants.

Modifier ses actes au quotidien

La seule façon de passer de la pensée à l’action est donnée par l’habitude: le fait de s’astreindre à des habitudes est la seul façon d’appréhender la profondeur et l’essence des actes. Comme les paroles du ‘Hinou’h l’indiquent : « les cœurs se forment selon les actions« .

Le Rambam lui aussi précise: » chacun devrait refaire, répéter et répéter une troisième fois jusqu’à ce que la chose lui soit facile, et que son caractère se soit transformé« .

De même, le mariage demande de prendre des habitudes qui permettront au couple d’être unis et de forger une relation solide. C’est d’ailleurs dans l’optique de permettre au jeune couple de créer une relation forte, que la Thora établit la Mitsva « il sera libre pendant une année et réjouira la femme qu’il a épousée » (devarim 24:5). Afin qu’il s’habitue à être « un » avec elle, qu’ils forment un même être, ainsi il l’aimera toujours et chérira tout ce qu’elle fera. (‘hinou’h 582)

ה  כִּי-יִקַּח אִישׁ, אִשָּׁה חֲדָשָׁה–לֹא יֵצֵא בַּצָּבָא, וְלֹא-יַעֲבֹר עָלָיו לְכָל-דָּבָר:  נָקִי יִהְיֶה לְבֵיתוֹ, שָׁנָה אֶחָת, וְשִׂמַּח, אֶת-אִשְׁתּוֹ אֲשֶׁר-לָקָח.

3. Une année entière à lui montrer qu’il l’aime

La rapprocher de lui et développer son amour pour elle. Si un couple veut se rapprocher l’un de l’autre, il doit aménager du temps pour le faire, réfléchir à leur couple et mobiliser de l’énergie dans ce sens.

Voici ce que dit le ‘Hazon Ich dans une de ses lettres: « Durant la première année il est nécessaire de réaliser l’union entre l’homme et sa femme, car c’est le but de la création que de devenir une seule chaire… c’est pendant cette année là que le mari pourra et devra montrer clairement à sa femme qu’il l’aime. Il devra y passer beaucoup de temps, discuter et développer tout ce qui peut augmenter leur amour.

Ainsi il s’exercera à toujours agir de façon à la rapprocher de lui, [et ils seront] tout comme la main droite et la main gauche. Cette relation-là concerne bien deux parties d’un même corps et non pas deux éléments étrangers l’un à l’autre. En fait l’homme doit considérer la relation à sa femme comme une partie de son corps avec lui -même! »

Une Mitsva tout particulièrement pour l’homme

Tout ce que dit la Thora concerne à la fois l’homme et la femme, attendu que le foyer se construit grâce aux efforts des deux. Cependant, c’est à l’homme spécifiquement que la Thora a donné la Mitsva de Onah et de Pérou ou revou. Pourquoi? Parce que D.ieu a déjà mis dans la nature même de la femme cette volonté d’épanouir la relation dans le couple. Comme il est dit: « Et ton désir ira vers ton mari » (Mechè’h ‘Ho’hma – Noa’h). וְאֶל-אִישֵׁךְ, תְּשׁוּקָתֵךְ, וְהוּא, יִמְשָׁל-בָּך

Considérer et chérir sa femme comme une partie de lui-même

Résultat, la Thora donne l’obligation à l’homme de dépenser de l’énergie et diriger la construction idéale du couple. Comme il est dit: « Et il réjouira sa femme » (dvarim 21:11) , c’est à lui de le faire. L’initiative de la relation prend sa source en de lui. Selon nos Sages, « le mariage est à comparer à un homme qui a perdu un objet. Dans ce cas, qui cherche qui? C’est le propriétaire qui cherche l’objet » (Nidah 31b)

En ce qui concerne la femme, la Thora révèle ce qu’elle doit faire envers son mari, sans pour autant en faire un commandement explicite. Pourquoi? Parce que D.ieu a déjà prévu que la femme, grâce à la nature que D.ieu lui a donné (si elle la suit), créera naturellement une relation parfaite avec son mari.

Le rôle et la Mitsva de la femme

Puisque D.ieu les a créé tous deux de cette façon, la femme doit accepter de faire son possible pour aider son mari à trouver son chemin et se maintenir dans le judaïsme. Elle doit s’y engager et tout mettre en oeuvre afin d’aider son mari à réaliser ses Mitsvot. C’est bien de cette façon qu’elle perfectionne son âme et son foyer.

Comentaire: j’interviens ici parce que nombre de femmes, ayant appris ce devoir, se crispent et font un forcing tout à fait contre productif. Ce que ce livre aurait du dire c’est que la femme peut encourager, soutenir son mari dans son niveau religieux. Mais faire dépendre la relation de son mari avec Dieu de ses actions à elle, est non seulement impossible mais tout à fait dangereux!!

Vivre avec une personne qui désire se perfectionner, dans ses midot et dans l’accomplissement des mitsvot a bien sur un effet dynamisant et permet de partager avec son conjoint la joie de la Thora. Mais que faire lorsque ce n’est pas ou plus le souhait du mari? L’obligation que la femme se fait de le changer n’es- il pas une charge inouie, injuste? Les femmes n’ont-elles pas déjà un poids immense dans la transmission qu’il leur fallait rajouter celle-ci?

Nous sommes dans une grave crise de la société  juive religieuse ou des nombreuses femmes, dépitées découragées et en colère contre leur mari empoisonnent la relation de couple au point que leur maris sont dégoutés d’elles et que cela finit pas un divorce.

Il y a un principe dans le judaïsme qui veut que l’on profane le chabbat s’il faut sauver une vie, afin que la personne puisse vivre d’autres chabbat (en plus d’avoir la vie sauve!)
Pourquoi n’explique-t-on pas dans les séminaires de jeunes filles la même règle? Qu’est-ce qui est plus cher aux yeux de Dieu: un mari religieux ou un couple qui est capable de faire fructifier ce qui le lie l’un à l’autre, quand bien même l’un des deux s’éloigne des Mitsvot (à ne jamais confondre avec le désir de s’éloigner de Lui).

Le pouvoir de façonner son mari

La femme détient le pouvoir de façonner l’homme afin qu’il puisse réaliser son potentiel. De même que c’est le mari qui donne l’impulsion au couple et dirige la relation dans le foyer, de même, la femme joue un rôle majeur et central. Rien de tout ce qui vient d’être dit dans ce livre ne peut être accomplit sans son aide; certaines réalisations sont même uniquement entre ses mains à elle.

L’explication de nos Sages concernant la phrase « qui est la femme vertueuse? » est la suivante: c’est celle qui fait la volonté de son mari. Ce qui signifie en vérité, « celle qui fait » la volonté de son mari, celle qui la façonne, et donc celle qui crée chez lui la volonté de faire celle de D.ieu!

Rachi (chemot 19:3) explique que le passouk « Tu dis aux maisons de Yaacov » se rapporte aux femmes: Yaavov ici est un mot qui désigne les femmes. D.ieu attend qu’elles étudient tout ce qui concerne la relation de couple et le mariage. Nos rabanim expliquent qu’il n’est pas question de rendre la femme passive, mais au contraire une partenaire incontournable qui façonne leur mode de vie à tous les deux. C’est ce que le Ohel Ra’hel se propose d’expliquer tout au long des chapitres suivants.

Le mariage: un espace commun

Un lieu ou chacun oeuvre au bien-être de l’autre, dans l’accomplissement d’un destin commun. Nos Sages (Sanhédrin 22b) expliquent que la femme signe un pacte avec son mari en attendant de lui qu’il lui donne la possibilité de se transformer en être complet et fini: c’est lui qui fait d’elle une femme. Ramban ajoute que de la même façon, c’est sa vie avec elle qui va faire de lui un homme. (Béréchit 29:30)

Ils vont se compléter mutuellement

Concrètement, c’est un non sens que de croire que un seul des conjoints est responsable d’une mésentente: c’est bien entendu la relation elle-même qui est défectueuse et qu’il va falloir reconstruire et réparer.

Dans le Séfer Béréchit (2:19): il est écrit « Je lui ferai une aide en face de lui« , ce qui signifie « une aide qui puisse améliorer les plans de sa vie que lui, l’homme, ne peut atteindre seul. Faisant ainsi du couple une relation de partenaires, chacun œuvrant au bien-être de l’autre, dans l’accomplissement de leur destin commun.

Et le Roi Salomon de renchérir, au sujet du partenariat entre mari et femme: « deux sont meilleurs que un, parce qu’ils peuvent bien [mieux] accomplir leur tache. Si l’un tombe, l’autre aidera son ami à se relever« .

Dans un couple, l’un complète l’autre. Mais quand un des partenaires, au lieu de complimenter son ami, se plaint de lui, il trahit l’essence de leur partenariat et de leur pacte.

De nos jours, c’est une des sources principales de tensions et de mauvaise ambiance au sein des couples: croyant bien faire, hommes et femmes vont divulguer certains de leurs secrets intimes, auprès de leur amis, sur Facebook, ou pire, à leurs frères et sœurs ou leurs parents, exposant alors l’intériorité de leur relation comme on le ferait d’un objet que l’on découvre sans en avoir eu la permission de son propriétaire.

Parler des difficultés est bien entendu indispensable, mais il est tout autant indispensable de choisir auprès de qui on parlera. A ce sujet, il est vital de préciser qui peut remplir ce rôle: toute personne qui aura étudié la profondeur, les mécanismes et la subtilité des relations de couple, et qui, pour preuve de son travail personnel, aura mené à bien sa propre réflexion sur son propre couple par un travail thérapeutique.

Dieu merci, des rabins, de plus en plus nombreux, en France et en Israël, recommandent aux non professionnels de cesser de s’occuper des couples en souffrance alors qu’ils ne sont pas formés pour cela.

Parfois même, la situation est dramatique puisque certains rabanim  continuent d’encourager les couples à faire un autre enfant afin de « consolider leur mariage ». Nombreux d’entre ces couples se sont retrouvés quelques années plus tard, avec un enfant de plus… né dans la tourmente du divorce.

Conclusion

De l’introduction du Ohel Ra’hel et de son explication libre

Un foyer est une relation de confiance. Mari et femme se font une confiance mutuelle pour donner de leur force afin d’aider l’autre à réaliser leur but. Mais ils font aussi confiance en la Providence divine: D.ieu se joindra à leurs efforts.

On peut donner une explication complémentaire qui est la théorie du cercle vertueux: faire des efforts c’est mettre en mouvement la relation. D’ailleurs on le voit, c’est quand rien ne bouge que le couple est malade (seule la mort ne bouge pas). C’est grâce à cette dynamique ainsi créée qu’une nouvelle énergie va naitre. Cette énergie est une énergie créatrice, qui donne un nouveau champs de vision et des idées pour résoudre les conflits. « Plus je m’investis dans le couple et plus je trouve des idées ». Chaque chose se connectant aux autres, la toile ainsi dessinée va nettoyer et revivifier le lien entre les époux. Je pense que ce que Dieu fait est d’encourager ces connections à se faire, c’est cela la bra’ha.

Ainsi explique le Maharal (Beer Hagolah 83:93): soyez conscient que le lien qui unit l’homme et la femme dans chaque couple a le potentiel d’être unique et fort. Parce que c’est Dieu qui rassemble les moitiés d’âmes lors du mariage, et que son Nom est placé en eux.

Cette explication du Maharal est sublime: en effet, les couples ont tendance a oublier, qu’au delà de tout, ils ont le potentiel de construire un lien fort qui va les booster tout leur vie durant, transformant leur quotidien, leur donnant de la force et de la joie.

Un article de Malka Barneron. (Madéhat Néssoua - Thérapeute de couple - Accompagnement pour les conflits dans la famille - Coaching pour la Alyah - Choisir sa place dans le judaïsme)

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