La Kedoucha dans le couple

 Ohel Ra’hel chap 3 : La relation sexuelle est la source même de la Kedoucha

Devoir de se sanctifier lors de l’union

Le Rambam cite l’obligation de se comporter avec sainteté durant la MdO.  »Nos Rabéim, zi’honam livra’ha, (chavouot 18b) nous ont ordonné de nous comporter avec Kedoucha au moment de la cohabitation, parce que c’est ainsi que l’on mérite d’avoir des fils droits et qui sanctifieront le nom de D.ieu et vis versa« . (Iguétet hakodèche chap 1)

L’être humain ne peut pas imaginer par sa seule réflexion ce qu’est la Kedoucha (la sainteté), véritablement. Pour en connaître la définition exacte, il est nécessaire d’apprendre quelle différence la Thora fait entre Kedoucha et Toum’a (que l’on traduit de façon inexacte par pureté et impureté) , et quelle est cette Kedoucha spécifique inscrite dans la MdO. Pour cela, il nous faut apprendre quelle loi fondamentale ressort du concept de Kedoucha. Une fois cette loi appréhendée, nous pourrons déterminer se que signifie se comporter avec Kedoucha durant la relation sexuelle.

La Kedoucha: se séparer du reste

La Kedoucha regroupe deux idées qui sont interdépendantes:

=> La séparation de toute chose grossière, comme le disent nos sages :  »soyez saints, soyez séparés » (Sifra Vayikra 19,2)
=> La préparation mentale à la chose qui va être accomplie et y mettre tout son esprit, c’est à dire la concentration. Dans le verset  »fait qu’ils soient saints aujourd’hui et demain » (Chemot 19,10), Onkelos donne l’interprétation suivante :  »aide-les à se préparer afin qu’ils soient bien concentrés au moment où ils recevront la Thora ». (Rachi Devarim 23, 18)

Si séparation et union semblent être a priori des concepts opposés, on va expliquer comment ils sont au contraire complémentaires. La séparation est le résultat d’une union très profonde. S’unir, se lier à quelqu’un ou à quelque chose nécessite qu’on ne le soit pas avec d’autres choses ou d’autres personnes. On ne peut se lier correctement qu’avec une seule à la fois. L’une exclue l’autre.

Quand la Thora nous ordonne  »soyez saints », elle inclue simultanément la notion d’exclusion et d’union: il n’est possible de s’attacher à D.ieu qu’en nous séparant de tout ce qui pourrait nous maintenir loin de Lui.

On peut prendre exemple sur le Saint des Saints qui concentrait toute la Kedoucha par le fait même d’être séparé et éloigné du monde profane.

Ces deux aspects coexistent également dans les Kidouchim: au moment de la ‘houpa, quand le ‘hatan dit « at mekoudechet li » (par ceci tu m’es consacrée, rendue sacrée pour moi), il crée avec sa fiancée un lien spécifique, l’interdisant en même temps aux autres hommes. Un peu comme s’il disait: « vous la voyez là? Et bien maintenant elle n’est plus disponible! ». Comme le disent ‘Hazal :  »Il la rend interdite au monde entier, elle devient ekdèche. (Kidouchim 2, b)

Enfin, il en est de même pour les objets du temple qui était réservés au service divin, et interdits à toute autre utilisation. Ainsi, une femme est-elle consacrée à un seul homme, et interdite aux autres.

L’union est la source de la Kédoucha et du Bien

La notion de sainteté concerne toute la relation entre les B »Y et Dieu qui, de ce fait, se trouvent séparés du reste des peuples.

Rambam parle du Beth hamikdache et des sacrifices de la manière suivante:  »Puisque le Nom du Maître du Monde est appelé d’après eux, ils sont Saints« (Rambam Méhila 8:8). De là est déduit que tout ce qui est réservé au service divin est automatiquement séparé des sujets profanes. Finalement, la Kedoucha dépend de la faculté à créer un lien particulier.

La Kedoucha dans le couple se manifeste lorsqu’ils sont occupés à s’unir. Ainsi, lorsque les époux s’occupent de leur couple, ils vivent une réelle expérience de la sainteté.

Au  sujet du  Cantique des cantiques il est écrit: « Tous les écrits sont saints, mais le Cantique des Cantiques est saints parmi les saints« . Yadayim 3, 5

Chir Hachirim qui utilise la métaphore de l’amour entre époux, pour illustrer celui entre D.ieu et les BI, n’est pas seulement saint, il est « saints parmi les saints ». Et c’est pourquoi il est appelé « le Saint des saints » des livres, sources de sainteté.

Le chérubins: symboles du couple parfaitEn outre, dans le Beth Hamikdash, les Kerouvim représentent le mariage entre Hachem et les BI. Yoma 54a.

De même que la sources de la sainteté repose sur l’amour et l’unité, la source de la Toum’a repose sur la séparation. Ainsi qu’il est dit : « tous les serviteurs de l’enfer se disperseront » Tehilim 92,10. Et « celui qui est séparé recherche ses propres désirs« . En fait, l’adjectif mauvais vient de la racine qui désigne une fracture, une séparation du tout. Comme dans l’expression « une échelle branlante » (raou’a), délabrée (ro’a, hisro’a), tombée en décrépitude. Yéchaya 24, 19

Par opposition, lorsque quelque chose est qualifié de bien, c’est toujours qu’il s’intègre harmonieusement avec son entourage, comme il est dit: « 2 sont mieux que un seul ». Kohélet 3, 10

Puissance de la Sainteté dans la M.O

Maintenant que nous comprenons l’importance de l’unification, nous pouvons comprendre également la force et la grandeur de la MdO.

La MdO établit une extraordinaire relation et unité entre l’homme et la femme, en faisant d’eux un corps et une âme uniques- Zohar Vayikra 81b – et c’est donc une source de sainteté. Et lorsque le couple a le mérite de créer une relation saine et puissante, cela donne à tous les aspects de leur vie une aura de Kedoucha et de Bien.

Rambam dit au sujet de la façon adéquate de se comporter au moment de la Onah : [pour] celui qui se comporte ainsi [conséquences de ce travail sur soi], ce n’est pas seulement son âme qu’il raffine, c’est aussi son caractère qu’il purifie. Il corrige ses traits de caractère [enfin, least, but not last] et il aura des enfants raffinés et modestes, dignes de sagesse et exceptionnellement droits ». Déot 5,4

Ainsi, lorsqu’il est accomplit comme il se doit, l’acte sexuel [dans le but, les conditions et avec la Kavana que nous allons décrire] apporte Kedoucha et bienfaits au couple. Plus encore, [le couple lègue à ses descendants le fruit de ses efforts, si bien que] ses descendants en bénéficieront eux aussi. En effet, le niveau [spirituel et moral] des enfants résulte de l’accomplissement des parents à travers leur union conjugale.

Un article de Malka Barneron. (Madéhat Néssoua - Thérapeute de couple - Accompagnement pour les conflits dans la famille - Coaching pour la Alyah - Choisir sa place dans le judaïsme)

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