Chap 4 - La relation sexuelle
est la source même de la Kedoucha
L'obligation de développer
l'amour et le désir
Les chapitres précédents
ont développés le terme de la kedoucha
dans le couple et pourquoi elle nécessite que
le couple développe l'amour, une disposition
d'esprit positive et dynamique vis à vie de la
sexualité, et la joie.
Une question d'ambiance
Nos Sages expliquent: "Si la relation conjugale
ne se fait part avec un très grand désir
charnel, amour et volonté pleine et entière
d'y prendre une part active, la Ché'hina ne réside
pas sur eux" .
Il ne devra pas avoir de relation avec elle si elle
s'y refuse, il devra donc éveiller son désir
en lui parlant avec des paroles douces, avec bonne humeur
et joie.
En d'autres termes, D.ieu a placé le désir
charnel dans la nature de l'être humain, et il
et il convient à l'homme d'éveiller celui
de sa femme grâce à sa volonté de
créer une relation forte et vive entre lui et
elle, et par la connaissance de la psychologie féminine.
C'est lorsque l'amour et la joie sont à leur
maximum que le couple est appelé "création
parfaite", qu'il réalise l'unification de
leurs êtres et que cette perfection va se transmettre
à leur descendance.
États d'esprit anti productifs
De même qu'un certain état d'esprit est
requis pour développer l'amour, de même,
certains comportements éloignent les époux
l'un de l'autre ainsi que la présence divine:
"aucun des deux ne sera chikor, ni indolents,
ni tristes; ils devront au contraire veiller à
ce que s'exprime totalement leur désire à
tous les deux ainsi que leur joie"
 |
C'est
à ce propose que nos Sages racontent comment le Roi Mounbaz avait l'habitude
de faire attention à 3 choses pour lesquelles
lui sont faites des louanges. L'une d'entre elles
était de faire très attention de ne
pas s'unir à sa femme si l'un des deux était
ensommeillé.
Rachi précise: on appelle "oness
china" le fait de ne pas être tout
à fait éveillé, faisant de
l'acte sexuel un acte mécanique, ou bien
encore le fait pour une femme d'avoir du mal à
se décider, changeant d'avis "oui,
puis que non, puis encore oui, etc.
".
|
Ces cas-ci font partie des 9 états d'esprits pendant
lesquels il est interdit aux époux de s'unir
Les 9 états d'esprits (Midot)
prohibés
Le Ra avad écrit, au sujet des comportements
durant lesquels l'acte sexuel est interdit: "il
est des pensées qui détruisent la relation
conjugale et qui ont pour effet d'abîmer la relation
de couple et de transformer le Bien en Toum'a, véhiculée
à ce moment là".
L'interdiction des 9 Midot: lorsque la joie, la bonne
volonté et l'amour sont absents
Ces états d'esprits qui empêchent la relation
de couple de se construire, se préfèrent
au niveau qu'il nous est demandé d'atteindre
moment de la pénétration; Le Tour, dans
le , a des mots
très durs pour décrire un acte qui se
déroule sans joie ni amour (comme par exemple
lorsqu'ils se sont disputés): cet acte là
est tout simplement appelé Znout (prostitution).
Obligation d'en faire un acte conscient et volontaire
Prenons le cas où l'un de deux est saoul:
l'acte se réalise sans intention [conscience
] ni amour puisqu'ils ne savent pas ce qu'ils sont en
train de faire .
De même lorsqu'une femme n'a pas envie d'intimité
à ce moment là, ou bien quand ses émotions
ne sont pas claires et qu'elle change d'avis (je veux,
je veux pas) en vérité, c'est tout cela
les moments ou l'acte sexuel est interdit (Tour)
Interdiction de "Lé chem chamayim"
dans cette Mitsva!!
Ceux qui ont une relation intime dans le cadre de ces
9 Midot, quand bien même ils l'accomplissement
"Lé chèm Mitsva", ou bien encore
avec l'intention de Pérou ou Révou, mettre
des enfants au monde, nos Sages préviennent: les époux
qui s'unissent avec cette intention là sont appelés
des "rebelles" et des "criminels".
De plus, ajoute Rambam, "les enfants qui
seront conçus de cette union ne seront pas raffinés
et on comptera plus d'insolents parmi eux. D'autres
encore seront rebelles et mal élevés."
Lorsque l'union qui devait être
basée sur l'amour devient humiliation et mépris
Pourquoi ces interdictions? C'est que sans la volonté
pleine et entière de prendre une part active
à l'acte sexuel, et vitalisée par un amour
profond, les relations sexuelles sont transformées
en leur contraire... et là où il devait
y avoir désir physique, il n'y a plus qu'un acte
d'humiliation et de soumission de l'un par rapport à
l'autre.
Et ce corps qui devait devenir le ciment du couple,
l'unir profondément, devient, faute d'amour,
méprisé. Dans ce cas, les mauvaises Midot
se fixent dans l'esprit des parents et de leur descendance.
Bien sûr, il est entre les mains des enfants
d'améliorer la situation, car il n'est pas d'être
humain qui ne puisse révoquer ce qu'il reçoit
à la naissance: "qui sera Tsadique et
qui sera Racha, rien n'est scellé" (Nida
1)
La Kédoucha des Bnei Israël
dépend de leur éloignement des 9 midotes
Conséquences sur le comportement
des enfants
La Kédoucha d'Israël dépend de tout
cela: que les générations soient engendrées
dans le cadre d'une intimité profonde crée
par les parents, et non dans celui des 9 Midot interdites.
Nos Sages expliquent qu'il manquera à ces enfants
quelque chose d'essentiel.
Ces explications découlent de la décision
d'Avraham Avinou d'engager sa descen dance, après
lui, dans l'alliance avec Dieu: car l'essentiel de l'alliance
contractée entre Avraham et Dieu fut établit
à cette condition (prendre garde que la sexualité
se déroule dans le cadre que nous avons décrit
plus haut): "J'ai instauré une alliance
avec toi afin d'être D.ieu, pour toi et pour ta
descendance". Nos
Sages expliquent dans Rokéa'h que cela signifie
"et tu devras donc veiller aux 9 Midot".
Il est écrit "Sanctifiez-vous au moment
du tachmiche"
. 'Hazal expli-
quent: "faites très attention vous éloigner
des 9 Midot, car elles sont le contraire absolu de la
Kédoucha du mariage.
Qu'entend-on par Zénout
La Guemara et les Mefarchim donnent une définition
très précise du mot "Zenout":
tout acte sexuel fait sans amour. C'est de là
que l'on apprend la différence entre la Kedoucha
de l'intimité et la prostitution.
Dans le mariage, l'union repose sur l'établissement
d'un lien vrai, grâce auquel les deux partenaires
deviennent "un seul corps et une seule âme"
et au dessus desquels repose la Présence Divine.
L'union qui ne se fait pas dans le cadre du mariage
ne peut être empreinte de Kedoucha et est donc
interdite, car elle ne s'accomplit pas dans un cadre
d'unification. C'est à partir de ce principe
qu'ont été établis toutes les relations
interdites par les Richonim de la Thora.
"Celui qui s'éloigne du Zenout est appelé
Kadoche!"
Une intimité profonde et complète est
réalisée de cette façon là-
c'est à dire lorsque l'on investit toutes ses
forces à s'éloigner du Zenout- et qu'on
les concentre dans la Kédoucha de l'intimité,
en créant une union vraie.
L'obligation de respecter la nature
profonde que Hachem a ancré en nous
Observer la nature
Nos Sages ont dit: si nous n'avions pas reçu
la Thora de D-ieu, nous aurions appris la façon
naturelle de nous comporter entre mari et femme en observant
les animaux, et en particulier le coq qui rassure sa
compagne avant l'acte lui-même (Irouvin).
En d'autres termes, il s'occupe de tout ce qui, au début
de la relation, développe l'amour et constitue
les préliminaires. Ces propos de nos Sages indiquent
bien l'idée que si ce qui mène à
l'acte sexuel est digne, plus encore donc l'est l'acte
lui même.
Mais dire que tout cela est bon ne suffit pas: il est
nécessaire de l'utiliser, et c'est ce que Dieu
veut, car sinon,
pourquoi l'aurait Il créé?
De là vient la coutume et l'habitude des Bnot
Israël de parler avec leur maris avant l'acte sexuel.
Dans la nature, on peut observer
que les animaux ont un comportement particulier au moment
de la procréation
Il ne suffit pas d'observer
le comportement des animaux, et de comprendre que c'est
ce que Dieu a choisi d'ancrer dans la nature profonde
des créatures, comme chez le coq; nous devons
tirer un enseignement pour les être humains. Il
nous faut comprendre que la Mitsva de Perou ou Revou
(croître et multiplier) sans une grande préparation,
ni sans avoir véritablement choyé, caressé
et éveillé le désir ne peut se
concevoir.
Obligation de se comporter selon
la nature que Hachem nous a donné
En nous donnant en exemple
le coq, nos Sages ont voulu nous enseigner qu'il ne
faut pas accomplir l'acte conjugal pour la seule raison
que c'est une Mitsva, comme on le fait des 'Houkim (Lois
qui nous sont demander d'appliquer et qui n'ont pas
de logique a priori, comme l'interdiction de manger
du porc).
Il convient au contraire de nous comporter conformément
à notre nature réelle, et de la laisser
s'exprimer, dans le respect des forces positives qui
sont en nous et qui réclament qu'on les utilise.
La MO se place au même niveau
que les Michpatim
L'intimité se fera de
la même façon que l'on accomplit les Michpatim.
L'homme a l'obligation de les accomplir naturellement
et avec bonne volonté, comme il est écrit
: "Agir de façon à faire justice
(c'est à dire de façon juste et appropriée)
voilà ce qui réjouit les Tsadikim (Justes)"
Rambam.
La création de l'être
humain dépend de la MO
La Mitsva de "Perou
et Revou" est, parmi les Michpatim, la seule dont
dépend la naissance d'un être humain. Or,
pour procréer, l'homme doit utiliser tous les
dons et outils que Dieu lui a donné; son désir
de s'unir à sa femme, désir qui fait partie
de sa nature profonde, est bon dans son essence, sinon,
pourquoi Dieu l'aurait il crée?
Comme il est écrit: "La nature humaine
que Hachem a crée est droite" ,
ce qui signifie que le corps de l'homme et le désir
pour l'union sexuelle font partie de la volonté
divine, et il est totalement"anti-divin" de
ne pas l'utiliser.
Obligation de se préparer
à la Mitsva de Onah
Les bénéficies secondaires
d'une grande intimité
Donc, on peut dire que la Kédoucha de l'intimité
conjugale et la naissance d'enfants raffinés
dépendent de l'union parentale réalisée
"avec un désir et une joie intenses"
.
Ta'hless, comment s'y prendre? En nous gardant d'être
fatigué ou de manquer de désir, ce est
évité lorsque nous aménageons notre
quotidien en réservant du temps pour nourrir
la relation intime.
Se donner le temps, permet aux émotions d'émerger
et au désir d'atteindre la plus grande amplitude.
Donner le meilleur de soi
Il est vital que les deux conjoints prennent à
coeur l'éveil de leur émotions et de leurs
corps, l'épanouissement de leur couple et donnent
le meilleur de leurs forces spirituelles et physiques
à la relation sexuelle; cela aura un effet positif
sur toutes les Mitsvot de la Thora.
Le Ben Ich 'Haï écrit: c'est justement parce
qu'il veut faire la volonté de son créateur,
que l'homme doit accomplir la Mitsva de Ona avec passion
et désir intense et de tout son coeur .
L'éveil du corps et de l'âme
La façon idéale de réaliser l'acte
sexuel est d'y investir toutes ses forces: spirituelle,
émotionnelle et physiques et de créer
ensemble une énergie puissante de joie, de passion
charnelle et d'amour. Mais s'ils n'ont pas veillé
tout particulièrement à développer
et faire se rencontrer leurs sentiments l'un pour l'autre,
s'ils se sentent faibles ou fatigués, au lieu
d'éveiller leur amour, ils s'entourent de Toum'a,
et leur relation porte l'empreinte d'un défaut.
L'éveil des époux lors de la MO engendre
l'éveil de la crainte du Ciel
Grâce au fondement de cette Mitsva, grâce
à l'amour et la joie, la Yrat Chamayim des conjoints
sera plus élevée, leurs ambitions deviendront
positives, ce qui aura pour effet d'influencer leur
descendance; comme le dit le Rambam: "Lorsque,
au moment de l'union, ils s'unissent avec l'intention
de former une entité unique, alors, la Che'hina
réside sur eux, et le fils qui en naîtra
sera à la hauteur des pensées et intentions
pures (désir, joie et amour), qu'ils auront eues.
|