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Interview sur la signification
et la préparation de la Bar Mitsva
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Il va bientôt fêter sa Bar
Mitsva
Est-ce un bouleversement, et si oui, à
quoi les parents doivent-ils sattendre ?
Nous fêtons un jeune garçon de 13 ans parce
qu'il change de statut: "il est reconnu assez développé,
assez noble, assez responsable et assez intelligent pour
recevoir la Torah
et cela se fête!"(modia.or)
Il a de nouveaux droits, mais aussi de nouveau devoirs;
il s'inscrit désormais dans la chaîne qui
le relie à son D.ieu, à son peuple et à
sa terre: il reçoit la Torah. Dès lors,
"la connaître, l'apprendre, la comprendre et
l'appliquer" deviennent sa responsabilité.
Le jour de la bar Mitsva n'est pas la fête des
13 ans: "c'est la reconnaissance de ce statut"
par le reste de la communauté, ce qui entraîne
un changement d'attitude de la part du monde des adultes
enfin, ça le "devrait", car ce n'est
souvent pas le cas: bien que ces changements aient débutés
depuis déjà quelques années, de nombreux
parents tardent à s'en rendre compte et ne mesurent
pas l'ampleur de ce qui est en train de se passer chez
leur fils, et de l'énorme adaptation que cela va
exiger d'eux en termes d'efforts, de temps, d'argent et
de remise en question !
Se demander si la Bar Mitsva est un bouleversement ou
non dépend d'une part de ce qu'il s'est passé
avant que l'enfant atteigne ses 13 ans, et du message
qui a lui a été transmis depuis sa naissance.
D'autre part, il convient d'apprécier le changement
réel, effectif, profond et étendu, et ce
à 4 niveaux au moins.
1. Changement au niveau social et civique, avec,
nous l'avons vu, l'entrée dans la communauté
des adultes, acquisition de certains de ses devoirs civiques.
2. Changement de son aspect physique: l'année
des 13-14 ans est une année de modifications profondes.
Il grandit, épaissit, se fait "homme".
Changement du point de vue sexuel, puisque, pour la Loi
juive, il peut se marier et avoir une activité
sexuelle, formant ainsi un couple aussi légitime
que celui de ses parents!
3. Au niveau psychologique, la cérémonie
de la Bar Mitsva est à la fois un rituel initiatique,
contenant un grand nombre d'actions symboliques fortes,
qui témoignent du passage du monde de l'enfance
à celui des adultes. Ce passage est remarquable
et essentiel pour la construction de sa personnalité.
4. Au niveau spirituel, la Bar Mitsva annonce
l'âge des responsabilités de l'adulte en
devenir vis-à-vis de son D.ieu et vis-à-vis
de son âme. Elle est une invitation à réfléchir
sur la place que le jeune va donner à cette dimension
dans le futur.
Comment bien sy préparer
pour vivre cette période le plus sereinement possible
?
Comme pour la préparation au mariage, il
convient d'y réfléchir à l'avance,
et de se renforcer pour ne pas subir l'influence extérieure
poussant à des dépenses inconsidérées
totalement éloignées de la sainteté
et la spécificité de ce jour là.
Et puis, et parce que nous venons de dire qu'il entre
dans le monde des adultes, prenons le temps de lui expliquer
les différentes façon, classiques et originales,
d'organiser sa Bar-Mitsva, dans le respect de la réalité
financière de ses parents: demandons lui ce qu'il
souhaiterait.
13 ans: lheure des bouleversements
hormonaux. Est-ce le moment daborder le sujet ?
Non, 13 ans
c'est trop tard!
Soyons réalistes, à 13 ans, il y a bien
longtemps, dans le monde actuel, que le Bar-Mitsva, poussé
par les montées hormonales et le monde dans lequel
il vit, a lu et entendu un nombre impressionnant d'informations
concernant la sexualité et vu de nombreuses scènes
(travestissant souvent gravement l'importance et la beauté
des relations sexuelles).
Ce serait un moindre mal si ce
qu'il a entendu et vu se "contentait" de limiter
ses connaissances en la matière. Ce qui est plus
grave, c'est qu'une fois son cerveau et son imagination
encombrés par cela, sa liberté de choisir
diminue. En effet, il aurait été préférable
qu'il découvrit la sexualité et la relation
à son corps et qu'il se pose des questions, à
son rythme, accompagné de temps à autre
de la vigilance parentale.
Ces informations et ces films constituent
une sorte d'éducation sexuelle qui n'a rien à
voir avec l'éducation amoureuse qui parle, elle,
de sentiments, d'investissement, de projet de couple,
de construction à deux, et d'épanouissement
des corps avec la personne choisie et aimé.
Et bien, 13 ans, c'est la dead
line pour les parents, et surtout pour le père,
de parler d'amour. Le père peut se sent gêné
de le faire; c'est le cas quand il n'a pas appris à
parler de lui ou de sexualité, soit parce qu'il
n'a pas les mots, ou soit parce qu'il n'y a encore jamais
vraiment réfléchit lui-même. Dans
ce cas il faut déléguer et choisir un autre
adulte qui saura le faire, dans l'esprit du judaïsme,
et avec ouverture d'esprit, chaleur et bienveillance.
Cest un fait : la bar Mitsva est
intimêment associée à la fête qui
va avec. Que faire pour que cet événement
garde une dimension spirituelle?
On oublie souvent que dans le mot Bar-Mitsva, il y a
le mot Mitsva!
Une Mitsva est un commandement divin; elle a un pouvoir
d'éducation qui a pour effet que l'on "ressent"
Dieu, tout en raffinant et développant les qualités
fondamentales remarquables du peuple juif : la générosité,
le désir de justice, le partage et le soucis du
bien être des autres.
S'agissant d'une Mitsva de cette grandeur, le jour de
la Bar-Mitsva devrait être une "journée
pour la Tsédaka", jour de partage et acte
de justice, puisque pour le judaïsme, quand une personne
a de l'argent, c'est que Dieu lui donne le mérite
de pouvoir en donner! Quelle leçon de vie cela
serait!
Plus la Bar-Mitsva approche, plus il se
rapproche de son père : pourquoi ?
Et bien cela dépend des familles: si le père
a veillé a développer une relation de proximité
et chaleureuse avec son fils, l'adolescent entre dans
le même monde que son père. Dans le cas contraire,
la fête devient un faire valoir pour l'éloignement:
"j'ai autant de droits que toi maintenant, je fais
ce que je veux, je vais me trouver un autre monde".
Depuis sa Bar-Mitsva, il a envie de faire Shabbat, de
manger Casher, il remet tout un tas de choses en cause
Comment réagir lorsque lon est soi même
peu pratiquant ?
Nos Sages disent qu'il faut éduquer l'enfant "selon
sa personnalité, vers son chemin". Pendant
un an, les parents confient au Talmud Thora la tache de
lui enseigner les Lois juives, ainsi que ses responsabilités
envers Dieu et envers son âme. Or, de quoi parlent
ces Lois? De nourriture cacher, de Chabbat, des Tefillin:
il n'est donc pas étonnant que le jeune puisse
tomber amoureux... du judaïsme et désire au
plus profond de lui de vivre ce qu'il est en train d'apprendre!
Alors, pourquoi ne pas considérer ce désir
comme une chose importante et belle qui lui arrive
pourquoi ne pas regarder notre enfant avec fierté:
fierté de cette preuve qu'il grandit et s'affirme,
fierté que ce soit lui qui établisse une
passerelle entre sa génération et celles
des ses ancêtres?
Pourquoi ne pas se dire que renforcer ses racines est
précisément ce qui l'aidera à s'envoler
avec sérénité et plénitude,
dans quelques années, si D.ieu veut.
Quelques pages
web sur la Bar Mitsva
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