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ngagement
communautaire et équilibre
personnel
Alors
que partout dans le monde, l'être
humain est de plus en plus centré
sur lui même et sur son plaisir,
la société juive traditionnelle
glorifie le don de soi, la générosité
et le travail social. On pourrait
dire: "Mon salut passe par celui
des autres", autrement dit: point
de bonheur individuel sans bonheur
collectif.
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Au sein des communautés traditionnelles
et religieuses où la vie sociale
tient une grande place, la gestion du temps
est devenue un sujet de discussion et de
tensions majeurs: on a besoin de moi pour
préparer des repas aux malades, on
me demande d'inviter des personnes seules
Chabbat, l'école me suggère
de participer à telle ou telle manifestation,
on me sollicite pour préparer un
gala, et souvent le week end... vous vous
êtes reconnu?
Un mélange de bonté et de
culpabilisation nous empêche parfois
de respecter notre propre rythme ainsi que
celui de notre famille. Puis, à force
d'être sollicité et de ne plus
être maître de mon temps, nous
créons de toute pièce une
situation de crise personnelle et familiale:
j'aide, elle aide... et nos enfants craquent.
Car qui s'occupe de mon couple, de mes enfants,
et de moi-même, quand je donne à
l'extérieur sans compter?
Qu'en est il de ma gestion du temps?
Si les signes de frustrations augmentent,
il est nécessaire de nous demander
ce qu'il se passe, ce qui fait que nous
avons besoin d'être plus dehors que
dedans.
Une overdose de bons sentiments
Si parfois, nous aidons trop, nous aidons
aussi parfois mal: nous prenons tout sur
nos épaules, déléguant
peu, vérifiant tout; nous entreprenons
de trop nombreux projets. Bien aider c'est
répondre à certains critères.
Exemple: nous sommes jeudi; on vous téléphone
pour vous demander de l'aide dans l'organisation
de la fête de fin d'année.
Comment vous gérer vous cette demande?
Voici quelques questions qui clarifieront
nos désirs et nos motivations:
- Ai-je envie de m'investir dans ce projet?
- La majorité des décisions
reposeront-elles sur moi?
- Qui va réaliser la plus grande
part du travail?
- L'aide qu'on me demande est-elle définie
dans le temps: y aura-t-il un début
et une fin précise à mon intervention
(me demande- t-on de téléphoner
à tous les donateurs, ou bien
m'enverra-t-on une liste précise
des personnes à contacter?)
- Le temps dont je dispose est-il raisonnable?
Si l'on est jeudi, et que dimanche soir,
vous devrez avoir appelé tous les
donateurs, il est évident que vous
n'avez pas assez de temps.
- L'aide demandée va -t-elle bouleverser
le planning de sorties prévues en
famille depuis longtemps?
- Es- ce que je viens justement de décider
avec ma femme que je serai plus présent
les week-end?
- L'aide en question va-t-elle vider mon
portefeuille si bien que je ne pourrai pas
me payer ce petit week-end avec mon mari?
(cela est encore plus vrai si la liste des
donateurs est une liste... de téléphones
portables)
- Est ce que je viens tout juste de me dégager
des responsabilités d'une association?
Savoir aider, c'est donner aux autres au
moins autant qu'à soi même;
lorsque je décide d'aider quelqu'un,
et que cela rompt l'équilibre de
ma famille, c'est peut-être que mes
motivations ne sont pas parfaitement saines.
Je devrais réfléchir plus
longuement avant de donner une réponse
positive.
Une certaine croyance que je suis indispensable
Si vous êtes de ceux qui ne savent
pas dire non, qui êtes un génie
de l'organisation de l'innovation et de
l'action, s'il n'y a pas une activité
communautaire ou familiale à laquelle
vous n'ayez participé, il vous sera
sans doute bien difficile de baisser la
cadence. Et pourtant, la sonnette d'alarme
à certainement du sonner plus d'une
fois: l'année scolaire du petit dernier
ratée- vous n'étiez pas assez
présent à la maison- votre
conjoint s'éloigne, vos enfants ne
sont jamais là le week- end, vos
amis ne vous appellent plus pour telle ou
telle sortie, votre activité sportive
s'est arrêtée... et si vous
étiez de ceux qui se croient indispensables?
Orgueil mal placé dit le judaïsme,
fuite en avant diraient les psychologues,
et s'il était temps d'apprendre à
dire NON!
Comment apprendre à dire non?
Nombre d'entre nous ne savent pas dire non;
"non" ne fait pas parti de notre
dictionnaire. Nous sommes parfois tellement
formatés à dire oui, à
plaire, à faire plaisir, à
être bon, sensible et généreux,
que nous oublions tous simplement qu'il
est possible de refuser. Parfois même,
nous ne savons pas refuser.
Pour y parvenir, il existe quelques réflexes
et quelques trucs simples à appliquer,
réussite garantie!
Règle
n°1 - Ne pas dire oui tout
de suite
Dites: "je réfléchi à
ce que tu viens de me proposer et je te
rappelle avant ... (donner une heure précise).
Si ce n'est pas urgent, vous pouvez même
dire "rappelle moi ce soir, je te donnerai
ma réponse (du coup, vous n'avez
pas la responsabilité de rappeler).
Il y a fort à parier que l'on ne
vous rappellera pas, car quelqu'un d'autre
se sera proposé à votre place
;)
Règle
n°2 - Prendre le temps
de ressentir ce que déclenche en
nous cette demande d'aide
Est-ce que cela me réjouit? Suis-je
agacé, énervé, stressé,
en colère? Est-ce que je me sens
d'un seul coup abattu et fatigué...
et que dit mon corps? J'en attrape peut-être
des crampes d'estomac; soudain j'ai mal
à la tête... Sans honte et
sans gène, simplement reconnaître
si j'ai envie d'aider ou non.
Règle
n°3 - Dites:
"j'en parle à mon mari (ma femme)
tout d'abord, et je te rappelle"
En disant cela, vous montrez par la même
que l'avis de votre conjoint vous importe,
que vous voulez en tenir compte et que la
réponse sera peut être négative.
Règle
n°4 - Ne prenez en charge
qu'une partie des responsabilités
Choisissez quelle responsabilité
vous voulez bien prendre et définissez
votre aide dans le temps.
Ainsi, vous n'accepterez pas de faire tous
les gâteaux de la kermesse ou de monter
seul l'échafaudage. Vous proposerez
plutôt de faire les cookies que vous
avez l'habitude de réussir, et de
vous occuper uniquement d'acheminer
le matériel nécessaire à
l'échafaudage sur place par exemple.
Règle
n°5 - Soyez précis
N'oubliez pas de posez toutes les questions
avant même de commencer (où
seront les clefs du hangar, pour combien
de personnes faut-il cuisiner, à
quelle heure la salle des fêtes sera-t-elle
ouverte, qui aura les clefs, etc... Informez
clairement à quel moment s'arrête
votre aide. Dites "je t'apporte les
cookies vers 16 h comme convenu, je les
disposerais sur les tables, puis je t'aiderai
à servir jusqu'à 18h 00 au
plus tard".
Ces 5 règles, témoignent d'une
personne organisée et prévoyante.
C'est en limitant votre aide que vous pourrez
continuer à aider les autres dans
la joie. Se laisser dépasser, c'est
s'engager dans un sentiment de frustration,
voir de colère: tout le contraire
de ce que vous voulez!

Ce que ressent parfois
celui qui aide et les difficultés
de bien aider
J'ai un peu peur de lui, de pénétrer
ses pensées comme j'ai un peu peur
des profondeurs qui sont en moi. Je devine
combien son univers lui paraît terrifiant,
quelle tension il met à essayer de
le contrôler. Je voudrais sentir ses
impressions, qu'il sache que je le comprends.
Je voudrais être capable de regarder
cet univers sans trop de frayeur et le lui
rendre moins dangereux.
Je voudrais entreprendre avec lui cet effrayant
voyage en lui-même (...) imprévisible
pour moi, aussi bien que pour lui (...)
Je sais que celaimposera des limites dans
ma capacité à l'aider.
Et surtout, je veux qu'il rencontre en moi
une personne réelle (...) ne pas
me demander avec gêne si mes propres
sentiments sont "thérapeutiques":
ce que je suis et ce que je sens peut parfaitement
servir de base à une thérapie,
si je sais "être" ce que
je suis et ce que je sens, dans mes rapports
avec lui de façon limpide.
Alors il arrivera peut-être à
être ce qu'il est, ouvertement et
sans crainte.
(Extraits d'un texte de Carl Rogers)
Comment puis-je établir une Relation
d'aide?
"On becoming a
person" - Houghton Mifflin Company,
Boston.
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